kg. 24.035 kg. 79 kg
On voit quelle marge considérable est ouverte à la production de la soie dans celles de nos colonies où les
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conditions de l'élevage, favorisées par la main-d'œuvre, sont propices.
Ces conditions comprennent la possibilité de la culture de la nourriture du ver à soie : la feuille du mûrier.
Culture du mOrier. — Le mûrier est un arbre de la famille des Urlicacées, dont les botanistes distin^cuent trois espèces principales et un grand nombre de variétés. Les trois espèces sont les Ifortuafba Linné, nigra Linné et ru6ra Linné, ainsi nommées d'après la couleur de leur fruit; ce fruit est une fausse baie succulente, charnue et comestible. La feuille est ovale, cordiforme ou trilobée (fig. 186). L'arbre atteint la taille de nos ormes et ses fruits donnent lieu, en certains pays, comme la Perse et l'Asie c traie, à une récolte de rapport appréciable dans l'alimentation.
Le mûrier fut cultivé en Chine, parait-il, 2.700 ans avant J.-C, mais connu seulement en Europe (Sicile) an xii" siècle et introduit en France, d'après la tradition, en 1494, par un pied planté à Allan, près de Montélimar, d'où descendraient tous les mûriers de Provence.
Le mûrier rouge (M. ruftra) est d'origine américaine. Le mûrier noir {M. nigra) est originaire de Perse et d'Arménie et cultivé plutôt pour ses fruits que pour ses feuilles, qui sont plus rudes et peu propres à l'alimentation des vers â soie. Le mûrier blanc (M. aiba), généralement employé en sériciculture, est originaire de l'Inde septentrionale d'où il a été introduit en Chine, probablement par les oiseaux migrateurs, ainsi que le croit De Candolle.
A côté de celte facilité de naturalisation par semis direct ou indirect, beaucoup de variétés de mûriers reprennent de boutures, d'autant plus facilement que le
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climat est plus chaud et humide, et ce sont des variétés du Morus alba, telles que les M. indiea Linné, If. Lhou, M. muUicaulùy etc., qui sont employées dans la culture en Extrême-Orient.
Les plantations de mûriers, ou mûraieSy peuvent être en arbre ou en taillis, c'est-à-dire permanentes ou à renouvellement plus ou moins fréquent.
La plantation en taillis, à mi-tige, maintenant les pieds à une faible hauteur (de 2 à 3 mètres), présente de nombreux avantages dans les pays chauds. La feuille est d'abord plus succulente, moins siliceuse et coriace, d'où une nourriture mieux acceptée par le ver à soie et une meilleure qualité de cocon ; la cueillette des feuilles est plus facile; la plantation est plus indépendante des conditions locales et, enfîn, le rapport mieux adapté au polyvoltinisme des races indigènes ou acclimatées.
Les mûriers arbres ne donneront une récolte appréciable qu'à la troisième ou la quatrième année, alors que les mûriers taillis en fournissent au troisième ou quatrième mois; de plus, les cueillettes mensuelles et bi-mensuelles sur taillis seraient, aussi fréquentes, ruineuses pour la végétation de l'arbre.
A titre d'exemple, voici comment se pratique, d'après M. Vieil, la culture du mûrier nain au Tonkin. Les terrains choisis sont de deux sortes. Les premiers sont les terres basses alluvionnaires du fleuve ou des rivières à inondations périodiques. On trace à la charrue des sillons à la distance de 0™,50 à0"*,60dans lesquels sont couchées, très rapprochées sur ligne, des boutures coupées à 0™,30 de longueur et recouvertes d'une faible épaisseur de terre.
Les bourgeons poussent presque immédiatement et lorsque, environ deux mois après, ils ont développé des pousses de 20 à 40 centimètres, la cueillette des feuilles commence, par les plus basses, et devient de mois en mois plus abondante, jusqu'à ce que les pousses aient atteint de 1*",20 à 1"»,50 de hauteur. C'est alors — la plantation ayant été faite au commencement de février — l'époque
des tnondalions d'août cl de septembre ; les eaux recouvrent le terrain, mais, àcondition qu'elles ne submergent pas entièrement les pieda de mûrier pendant une dizaine de jours, la récolte continue et se fait même en pirogue ou I' panier n naviguant au milieu des plantations. Fin janvier, ta végétation se ralentit, les Teuilles sont enlevées
Fig. 187. — Pu:<T*TioN DE mOdibhs {Tonkin).
sur toute la tige et le pied est coupé à ras du sol. Après un labour avec ou, généralement, sans fumure, la repousse se fait quelques semaines plus lard, et la cueillette recommence (fig. 187).
Dans les terrains plus élevés, berges des fleuves ou jardins, la culture est un peu différente, en vue d'une durée plus longue de la plantation. Les sillons sont tracés à la dislanccde f.SOà S mètres elles boutures sont placées. 3 ou 3 ensemble, horizontalement uu légèrement inclinées, à 0">,80 ou 1 mètre de distance des groupes les uns des
autres. On supprime les boutures qui ont donné les bourgeons les moins vigoureux et, sur la seule conservée, on enlève les rejets les moins bien développés. Les jeunes plants sont buttés légèrement. La plantation reçoit souvent des cultures intercalaires de maïs, haricots ou autres plantes à croissance rapide. La première cueillette se fait un peu plus tard, au troisième ou quatrième mois, mais la récolte ne commence à être abondante qu^n juillet et août, aux sixième et septième mois. Vers le douzième mois, les mûriers sont taiUés, non plus au ras du soi, mais à la hauteur de Qo'fSO à 1 mètre, et le cuiCivateur garde un certain nombre de pieds pour les éducations d'hiver du ver à soie. Tous les trois ou quatre ans, ces plantations sont rajeunies par une coupe générale au ras de terre. La durée très productive d'une plantation est de dix à douze ans ; au bout de ce temps, il y a intérêt à la renouveler.
Le commerce des feuilles de mûrier peut rapporter au cultivateur de jolis bénéfices.