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CHAPITRE Vlï

APICULTURE. — OSTRÉICULTURE

Apiculture. — Nous ne dirons qu'un mol de la production du miel et de la cire dans nos colonies. Les abeilles inellifères existent dans toutes, mais l'apiculture rationnelle, si développée en Algérie et en Tunisie, n'est guère pratiquée qu'à la Réunion et à Tahiti. Partout, ou presque partout ailleurs, la cueillette se fait sur les ruches des abeilles sauvages indigènes dont le nombre d'espèces, différentes par pays, est assez considérable. 1/étude scientifique de beaucoup d'entre elles reste à faire.

On sait, par plusieurs expériences, que les deux espèces d'abeilles d'Kurope {Apis mcllifica et A. ligtislica) ne se refusent pas à racclimatement dans des régions exotiques dont le climat et les possibilités d'alimentation de la ruche ne sont pas trop excessivement différentes des conditions d'Europe. C'est ainsi, par exemple, que M. Faraut a pu introduire des ruches de France en Annam. Quant aux espèces sauvages de la faune locale, les tentatives de domestication de certaines d'entre elles, par les indigènes, ne seront faites que lorsque lapiculteur expérimenté d'Europe leur en aura montré les moyens et la possibilité. Ces espèces varient de coloration, de taille, de productivité et de rusticité, suivant leur habitat. D'aucunes sont redoutables par leur taille, leur tempérament agressif et la force de leur aiguillon, comme VApis dorsata de Malaisie ; d'autres, comme l'abeille de l'Inde, Apis indica, sont de petite taille, moins redoutables, et certaines espèces sont dépourvues d'aiguillon, comme les Mélipones d'Amérique.

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L'exploitation des ruches sauvages est faite par les indigènes généralement en vue de la récolte du miel, à l'usage alimentaire local; mais la valeur commerciale de la cire leur est bien connue, et certaines de nos colonies comme le Soudan, la Guinée, Madagascar en exportent des quantités appréciables.

La qualité du miel, on le sait, dépend principalement du goût que lui communiquent les plantes sur lesquelles l'abeille butine de préférence, ou par nécessité. Le miel gris de Chamonix, par exemple, doit sa supériorité aux plantes alpestres fréquentées par les butineuses. Le miel vert de la Réunion est renommé à cause de la présence d'une plante à nectar parfumé, le « bois de tan » et la visite par les abeilles des fleurs du vanillier peut communiquer au miel Tarome de la vanille, etc.

Les procédés et les méthodes d'apiculture pratiqués par les indigènes sont généralement grossiers encore. La capture des ruches ou des essaims sauvages se fait le plus souvent en allumant un feu sous l'arbre, ou en les enfumant avec des torches. On se garantit des piqûres en se coiffant d'un sac. Dans l'Inde, l'odeur du basilic {(kimiim BasUicum) parait produire le même effet.

Les ruches sont des troncs d'arbre creux, ou des cylindres en paille tressée comme les aménagent, en Haute-Guinée, les indigènes, en les pendant aux branches du nété (Parkia af ricana) autour des villages. Les apiculteurs indigènes du Tonkin ont des ruches déjà plus perfectionnées, en forme de caisse rectangulaire, à parois et à planchettes intérieures mobiles, bien ombragées et garanties contre la pluie. L'enfumage se fait au moyen de josS'Sticks ou bâtonnets d'encens. Ces ruches sont amé- Jiagées surtout pour la production du miel. Au Cambodge, on récolte annuellement, d'après M. Guesde, une grande quantité de cire dans les forêts marécageuses de la côte méridionale et dans les rochers du Pnom-Tra-Ting.

Parnii les exportations de nos colonies, signalons celles du Sénégal dont le chiffre a atteint, en 1908, la valeur de 144.139 francs.

Le commerce le plus notable de la cire appartient à Madagascar. Elle provient exclusivement de ruches sauvages, abondantes dans toutes les forêts. Le chiffre d'exportation, qui fut de 191 tonnes en 1896, était de 400 tonnes en 1906, d'une valeur de 1.158.000 francs, en augmentation depuis cette date.

Certains miels, en pays tropical, ont été soupçonnés de contenir des principes vénéneux, puisés dans le nectar de plantes de la flore locale. Le fait parait rare en présence de la diversité de la source d'approvisionnement des butineuses.

C'est avec le miel qu'on fabrique Thydromcl qui est la plus ancienne liqueur fermentée connue. Son usage dans les colonies pourrait être plus répandu, parce que l'hydromel remplacerait, avantageusement bon nombre de spiritueux moins inoffensifs et agréables.

Ostréiculture. — Rappelons finalement que certaines colonies se prêteraient à {'ostréiculture rationnelle. Le l)"" Bounhiol la préconise vivement dans certaines régions côtières d'Algérie et l'Indochine, entre autres, trouverait en baie d'Along des conditions propices à rétablissement de cette industrie.

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