C. — Les Combustibles
Faut-il rappeler les caractéristiques élémentaires des combustibles géologiques?
La houille, ou charbon de terre, appartenant surtout aux terrains géologiques anciens (terrain houillerou carbonifère), mais se trouvant également dans des terrains plus récents, est le produit de la carbonisation lente et séculaire d'énormes masses végétales, englouties par les eaux. Sa combustion développe plus de chaleur, plus de calories que celles du bois (la calorie est la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 0<* C. à 1^ C. un kilogramme d'eau). On différencie les houilles grasses, à fusion plus ou moins pâteuse, des houilles sèches qui ne fondent pas et ne s'agglutinent pas. Les unes et les autres peuvent être à longue flamme ou à flamme réduite.
L'anthracite s'en distingue par une forte compacité, sécheresse et dureté, un éclat plus brillant et une plus grande difficulté de Tallumage. Klle développe plus de calories et de chaleur locale, sous l'action d'une forte ventilation. 11 convient donc de choisir, pour les diverses industries, tel ou tel combustible auquel doit correspondre, un outillage adapté : forme de la grille, ventilation, répartition de la surface de chauffe, etc.
Dans les charbonnages, la houille et l'anthracite donnent du gros, du menu, du criblé, du lavé, du tout venant et du poussier dont on fait des boulets et des briquettes, à l'aide d'un agglutinant, le brai.
La lignite, de même origine que la houille et l'anthracite, est de formation moins ancienne. D'aspect terreirx et grisâtre, elle brûle avec une flamme fuligineuse en
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développant plus de fumée et moins de chaleur. Elle est parfois associée à la houille, ou à Tanthracite, dans les foyers.
La tourbe est le produit relativement moderne de végétaux, les sphaignes. dont les générations successives se superposent dans des cuvettes de terrain remplies d*eau en circulation : elle continue à se former de nos jours. La tourbe brûle lentement et développe peu de chaleur; desséchée et comprimée, elle peut fournir un combustible médiocre.
Le pétrole et le bitume sont des hydrocarbures qui forment, dans des terrains anciens ou plus récents, des dépôts liquides ou semi-solides à l'intérieur de poches irrégulières parfois énormes, quelquefois disposées en nappes.
Le pétrole brut, ou naphte, laisse, après le raffinage, une substance liquide épaisse appelée mazout, qui sert beaucoup comme combustible dans les paj's pétrolifères, où les machines à vapeur l'utilisent avec un outillage spécial.
Ajoutons à cette rapide énumération deux substances appartenant au groupe du carbone, mais qui ne sont pas des combustibles.
Le graphite est un minéral de couleur grise, de consistance molle et onctueuse au toucher. Il est employé dans la fabrication des crayons, de la poterie et des creusets réfractaires, et comme lubrifiant.
Le jais ou jayet est une lignite très compacte, de couleur noir intense, susceptible d'acquérir un poli brillant d'où son emploi dans la fabrication d'objets d'ornement et de parure.
L'amôre, enfin, est une résine fossile ou semi-fossile, conservée dans les schistes charbonneux ; ses nodules irréguliers, plus ou moins volumineux, de couleur jaune ou brunâtre plus ou moins limpide, montrant parfois des inclusions d'insectes, sont le produit de Texsudation résineuse des conifères de l'époque.
Notons la présence et l'exploitation du jais dans Tile de
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Phu-Quoc en Cochiachine, et celle du graphite à Madagascar et en Indochine.
Le graphite de Madagascar semble pou voir ri valiser avec celui de Geylan et, d'après M. Levât, les exportations de graphite lavé y ont atteint, en 1910, le chiffre mensuel de 300 tonnes.
C'est également Madagascar qui promet, sur la foi de sondages encourageants, des exploitations de naphte dans des terrains pétrolifères récemment explorés. On trouve au Laos des indices de la présence de gisements pétroliers. Le bitume est signalé depuis longtemps en Algérie, à la Côte d*lvoire et au Congo.
Nos colonies sont très inégalement riches en combustibles minéraux.
En ce qui concerne le groupe des charbons de terre, elles sont mal partagées, sauf Tlndochinc et la Nouvelle-Calédonie.
L'Algérie ne possède que des gisements de lignite de médiocre qualité. Madagascar accuse des afTIeurements de charbon et de lignite peu importants jusquïi présent, et l'Afrique occidentale en parait très pauvre. Signalé depuis longtemps en Nouvelle-Calédonie, près de Nouméa etdans le bassin du Moindou, le charbon de terre y parait de bonne qualité et présente des affleurements nombreux. Mais l'exploitation n'y est pas organisée encore industriellement. Des études récentes auraient fait reconnaître l'existence d'un véritable bassin houiller de Tépoque triasique, dans la région de Nouméa.
Les gisements houillers de l'Indochine sont nombreux et importants. Ils donnent un anthracite d'excellente qualité, contenant de 5 à 10 p. 100 de substances volatiles et dégageant en moyenne 7.500 calories.
On exploite aussi au Tonkin une lignite tertiaire bitumineuse donnant 6.000 calories.
Parmi les gisements de charbon de terre depuis longtemps reconnus, il faut citer ceux de Nongson, près de Tourane, en Annam; de Hongay et du Dong-Trieu près de Haiphong, et de Kébao, au Tonkin. D'autres affleurements.
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non exploités encore, sont connus en Annam, au Tonkin et au Laos. Les mines de Kébao, après de nombreuses vicissitudes, ont abandonné presque entièrement leur exploitation ; celles de Nong-son développent lentement leur production, ainsi que celles du Dong-Trieu. A Hongay, les exploitations se font à ciel ouvert et la production comprend l'extraction de l'anthracite cru et la fabrication des briquettes. Cette production qui était, en 1892, de 92.000 tonnes, s'est élevée en 1910 auchifTre d'exportation de256.368tonne8de charbon cru etde 16.964 tonnesde charbon en briquettes, d'une valeur totale de 5.800.000 francs. Les charbons étrangers entrent dans la fabrication des briquettes, avec le brai, et la quantité de ces charbons à l'importation a été, en 1910, de 11.279 tonnes.
Les charbons du Tonkin sont de plus en plus employés par la marine marchande.
L'existence de gisements houillers dans une colonie constitue un appel permanent à l'initiative industrielle, par les conditions favorables qu'elle crée à. la production de la force mécanique. Les disponibilités de charbon, opportunément réparties sur les grandes routes mondiales, sont une des forces économiques et politiques des puissances coloniales.
INDEX ALPHABÉTIQUE