LES PHOSPHATES DE CHAUX
la teneur en acide phosphorique des phosphates bruts par le lavajçe.
Parmi les pays producteurs de phosphates naturels, l'Algérie et la Tunisie tiennent le second rang, après les États-Unis d'Amérique et avant le département de la Somme, en France, et la Belgique.
Le grand centre de production, en Algérie, est la région de Tébessa et, en Tunisie, la région de Gafsa. Les phosphates y appartiennent aux couches éocèiies inférieures et se présentent sous Taspect d*une roche grenue, assez friable, gris jaunAlre ou brun verdâtre, contenant des dents de squales et des matières organiques, restes d'animaux fossiles. On y trouve aussi des nodules.
L'exploitation de ces gisements est de date relativement récente. Leur découverte et leur mise à profit implicite sont dues à l'activité d'un ancien vétérinaire de Tarmée, Philippe Thomas qui, après avoir reconnu, dès 1878, des gisements dans le Sud de la province d'Alger, découvrit en 1885 ceux de la région de Gafsa. Les gisements de Gafsa donnent lieu à des exploitations remarquables par leur étendue sur un développement affleurant d'environ 60 kilomètres, et l'épaisseur des couches qui atteignent une puissance utile de 20 mètres en moyenne, pouvant aller jusqu'à 100 mètres. L'exploitation se fait à ciel ouvert, à Tentame des tables ou collines, ou encore en galerie. Les réserves minérales de l'ensemble de ces gisements sont estimées à près de 300 millions de tonnes. Ces richesses du sol sont devenues la fortune du port de Sfax et l'origine de la création de plusieurs lignes de chemin de fer. Il en est de même des gisements de la province de Constantine, en Algérie, dont ceux de Tébessa sont les plus exploités.
La production mondiale des phosphates dépasse annuellement 3 millions de tonnes. Les centres de Gafsa et de Tébessa fournissent environ 40 p. 100 des phosphates consommés par l'Europe.
En 1907, la Tunisie en a exporté 1 million de tonnes et l'Algérie, par ses cinq exploitations de la province de
Gonslaniine, 363.000 tonnes. Ces quantités représentent 386.000 tonnes d'acide phosphoricfue assimilable, correspondant aux besoins d'engrais phosphaté de près de 4 millions d'hectares de terrains en culture. La consommation mondiale des phosphates sous ses diverses formes (phosphates, superphosphates, scories) est évaluée à plus de 6 millions de tonnes par an.
L'Ile de Tahiti, d'après des prospections récentes, parait avoir des gisements de phosphates dignes d'attention et on vient d'en signaler également auTonkin, dont l'importance reste à déterminer. Des calcaires phosphatés à phosphate tricalcique, d'une teneur de 50 p. 100, ont été trouvés près de Thiès, au Sénégal.
Le sel, ou chlorure de sodiiitriy peut être exploité dans les gisements compacts de sel gemme ou dans les salines ou marais salants des côtes et des baies maritimes. L'industrie des salines est des plus importantes dans quelques-unes de nos colonies, comme l'Indochine, où les pêcheries sont florissantes. Les salines y produisent environ 170.000 tonnes par an, sur lesquelles 12 à 15.000 seulement sont exportées sur Singapour.
Nous ne saurions nous arrêter à l'exploitation, dans nos colonies, d'espèces minérales secondaires tels que le mica^ Vamîante^ le jade^ etc., ni examiner le travail des carrières de pierre calcaire, d'argile, etc., dont certaines alimentent cependant des industries importantes comme celle de la fabrication du ciment, au Tonkin ; mais il nous faut jeter un coup d'œil sur la production des combustibles minéraux : leur rôle est considérable et leur présence précieuse dans la vie économique d'une colonie.