GÉNÉRALITÉS
Vie végétale et TÏe aaimale. — Influence de la lumière sur les piaules. — Chaleur. — Répartition de la chaleur sur le globe. — Électricité. — Les vents. — Vents constants, périodiques, irréguliers. — Typhons et tornades. — Les pluies. — Les climats. — Le sol et la plante. — Assolements et engrais. — Opérations culturales.
Vie végétale et vie animale. — Peut-être n'est-il pas superflu de rappeler sommairement, à rentrée de ce volume, les principaux facteurs d'ordre géophysique et géochimique qui déterminent les destinées de la vie végétale et de la vie animale dans les diverses stations conditionnant leur existence.
Tout d*abord, Tindividu-plante et la société végétale sont beaucoup plus esclaves du milieu dans lequel ils vivent, que l'individu-animal et ses groupements sociaux.
La motilité permet à Tanimal — d'une façon générale — de pratiquer la locomotion spéculative afin de se soustraire éventuellement aux influences d'un milieu ennemi. Libre d'attaches au sol, directement ou indirectement par la symbiose et le parasitisme, il peut, par le déplacement, aller à la recherche de meilleures conditions d'existence et de lutte contre le climat, la faim, l'insécurité, etc. Le rayon dans lequel s'exerce cette motilité est très variable sans doute, mais on peut considérer que si la forme adulte de l'individu se fixe quelquefois définitivemenfà un support (Anthozoaires, p. ex.),
PlIODUnS COLORUUX. 1
la forwîe larvaîre" :e^: îiomade, comme inversement (Insectes, p. ex.) la formè'l^irvaire est prisonnière et la forrfi^ kà.ult^ifbpê^: : : / . ^
lie plus,' la' fâcuflè "de locomotion de la progéniture à sa naissance, lorsqu'elle devient libre de ses entraves protectrices, diminue vers le haut de l'échelle du perfectionnement organique.
Parmi les facteurs qui interviennent dans la répartition géographique des sociétés animales, celui de l'alimentation joue le rôle le plus déterminant. Les êtres organisés vivent les uns au détriment des autres. La lutte pour la conservation de Tindividu sollicite chez l'animal supérieurement organisé à la fois un effort offensif à l'effet de s'assurer un minimum de nourriture, et un effort défensif afin de se soustraire à la même offensive du voisin; et c*est ainsi que les groupements de sociétés peuvent se localiser régionalement par l'abondance relative des ressources alimentaires et la sécurité de s'en servir impunément.
De tout temps, mais de plufr en plus activement avec les progrès de la civilisation et son emprise sur les régions fermées aux incursions de l'homme — et, par là, réserves des sociétés animales — le chasseur, le pêcheur, le pasteur et l'agriculteur ont restreint et modifié l'aire de; i'épartition et l'abondance de leur gibier ou de leur ennemi, et l'action destructive du chasseur est devenue telle, en certaines régions, que des ententes et des réglementations restrictives interviennent pour sauver d'une disparition totale des victimes qui constituent une véritable richesse économique.
Très différentes sont les conditions d'existence de rindividu-plante et de la société végétale.
Fixée au sol, impuissante à se soustraire par le déplacement défensif aux influences délétères, passagères ou permanentes qui la menacent, la plante vit entre les limites minima et maxima de variations locales climatériques et géologiques dont les différences conditionnent la répartition des espèces végétales à la surface du globe.
Au delà de ces limites, la tribu végétale ne peulespcrrr. comme ressource de durée, que la survivance de quelques représentants particulièrement robustes avec la possibilité de l'adaptation, après d'abondants déchets, de générations futures par voie de sélection naturelle.
L'émigration fortuite, abandonnée d'ailleurs aux hasarda des vents ou des courants d'eau, parfois au transport par des animaux migrateurs, ne peut donner
P\g. i. — PhUITS adaptes ad THANai-ORT ADRIEN.
A. Fnûtile Diptcrocvpiu. — B. Cnim de ParabKrivm IApiK)iiéc). ~
quelque espoir de survivance qu'aux descendantg d< espèces dont les fruits ou les graines sont organisés < telle façon qu'ils puissent flotter plus ou moins à l'air ou à l'eau (lig. 1), ou affronter les Ticissitudes dangereuses d'un voyage, d'une période d'attente, dans des milieux physiquement ou chimiquement hostiles : froid, chaleui eau de mer, sucs intestinaux des oiseaux, etc.
La répartition des plantes à la surface du globe est ainsi déterminée par des optima de conditions de bonne venue, et l'on conçoit tout l'intérêt que comporte la naissance de ces conditions puisque dans telle région,
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reconnue très favorable à l'ensemencement, en quelque sorte, avec des plantes utiles importées de leur patrie d'origine, ces plantes ont toutes chances de prospérer et de développer leurs colonies dans leur patrie nouvelle. Mieux ces conditions d'existence seront étudiées et connues dans l'une et l'autre de ces patries, et moins sera problématique, dispendieux ou décourageant, le résultat d'un essai de colonisation végétale.
La Géographie botanique devient de la sorte l'étude raisonnée des flores, déterminées dans leurs groupements par les lois de la Géographie physique. Examinons rapidement le rôle des principaux facteurs dont l'intervention, soit séparément, soit conjointe, crée, favorise ou modifie les possibilités vitales de la planta.
Trois groupes d'influences — nous négligeons des influences secondaires — entrent en ligne de compte; elles réagissent d'ailleurs incessamment les unes sur les autres dans le concours utile ou l'antagonisme déprimant de leur intervention. Le premier groupe : lumièrcy chaleur^ électricité, comprend les agents moteurs des combinaisons chimiques desquelles s'édifie le corps de la plante. Le second groupe réunit les influences que la plante reçoit de Vatmospfière (ou du milieu aquatique) dans laquelle elle baigne, et le troisième groupe est formé des possibilités d'existence que lui fournit la nature physique ou chimique du sol.
Influence de la lumière sur les plantes. — Le rôle de la lumière, dans celte microscopique usine d'amidon qu'est le grain de chlorophylle des plantes vertes, esl trop connu pour qu'il faille y insister théoriquement. Dans la pratique des cultures, il est utile de ne jamais oublier ce fait que les feuilles et les parties vertes sont les organes où s'élaborent les matières utiles, telles que l'amidon et le sucre, et que, de ces usines, ces matières émigrent vers des magasins de réserve qui sont les fruits, ou d'autres organes de reproduction comme les bulbes, rhizomes, tubercules, tiges.
Toutes les plantes ne sont pas héliophiles ; un grand nombre, au contraire, fuient la trop vive lumière et recherchent Tombre plus ou moins profonde des couverts sous bois, après avoir été forcées, jadis, de s'en accommoder. Le planteur doit connaître ces préférences et donner à ses cultures le degré d'insolation qui leur convient, en aménageant, s'il le faut, par dos arbres d'ombrage , la protection nécessaire contre l'excès de lumière. Ailleurs, dans la forêt, c'est de plus en plus une lutte des arbres vers le ciel dispensateur de lumière : les fûts, grêles d'abord, rivalisent de vitesse de croissance avec leurs voisins pour épanouir au soleil leurs frondaisons de verdure qui sont leurs racines dans la lumière. Les lianes s'appuient sur les épaules de leurs voisins; elles deviennent volontiers buissonnantes lorsque la lumière leur est dispensée en abondance, avec la pleine liberté.
Nous ne connaissons pas bien encore l'action du prisme entier et Tinfluence particulière sur les plantes de toutes ses parties, car il faut considérer que la définition de la luminosité n'est que relative par rapport à la sensibilité de notre rétine. Nous ne « voyons » plus la lumière au delà d'un certain nombre de vibrations, et nous sommes inférieurs sans doute, sous ce rapport, à beaucoup d'animaux et aux plantes. Lumière et chaleur sont deux vocables qui ne font que traduire la réaction différente de leur effet mécanique sur un terme de comparaison arbitraire, vulgairement le système nerveux de l'homme. Aussi les appellations de chaleur rayonnante ou lumineuse, de lumière chaude ou froide, ne marquent-elles aucune distinction absolue.
La nébulosité, les variations hygrométriques de l'atmosphère, l'incidence des rayons du soleil, dans la plaine ou à flanc de coteau, la couleur du sol, sont également parmi les facteurs qui peuvent modifier l'action de la lumière sur la plante : ils ne sont pas négligeables dans le choix de l'emplacement des plantations.
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Chaleur. — L'influence de la chaleur détermine non seulement le développement des plantes, mais également la répartition des espèces en latitude et en altitude. La limite la plus basse à laquelle les plantes cessent de croître n'est que dans des cas très rares, inférieure au point de congélation de l'eau. Telles plantes, dans les régions arctiques ou alpines, se développent et s'épanouissent à des températures basses qui, même audessus de zéro, seraient mortelles à des espèces de climat chaud. Chaque espèce accuse de la sorte un zéro personnel du thermomètre végétal au-dessous duquel il y a engourdissement, puis la morl. II en est de même en haut de l'échelle thermique et si telles espèces vivent par 35 et 40® C. de chaleur, accusés au thermomètre à l'ombre, il semble que dans les régions tropicales le maximum de température (accusée à l'ombre) compatible avec le maintien de la végétation ne dépasse guère 50<* C. en supposant ces maxima quelque peu soutenus. On cite, dans les parages sud des côtes de la Mer Houge, des régions accusant des températures jusqu'à 55 et60'*C. et rependant pourvues de quelque végétation: mais il faut ajouter que les plantes y ont soin de se dépouiller de leurs feuilles pour passer dans un état de suspension de leur vie organique, des périodes de chaleur aussi extrême.
Dans les régions à climat tempéré, l'activité organique de la plante est interrohipue par une période de chute thermique, l'hiver, et, dans les régions tropicales à pluies et sécheresses périodiques, par la période de sécheresse. Dans le premier cas, la plante profite de la durée des températures utiles, durée variable suivant la latitude, l'altitude, l'exposition, etc., de telle sorte que, la durée étant courte, il se peut que la quantité de chaleur reçue soit, au total, équivalente à celle dont bénéficie la même plante profitant de quantités réparties sur une période plus longue.
On a pu estimer qu'il fallait ainsi à chaque espèce un total ou somme thermique minimum pour parfaire son cycle
de développement (plantes annuelles). La connaissance de cette somme thermique minimale conduit, on le conçoit, à des applications pratiques. Sachant, par exemple, que le coton a besoin de telle somme thermique pour sa bonne venue, il deviendrait hasardeux d'essayer sa culture dans une région où les observations météorologiques ont accusé un déficit de chaleur normale nécessaire. C'est dire implicitement la portée des observations météorologiques
Répartition de la chaleur sur le globe. — La distribution de la chaleur à la surface du globe est irrégulière. La latitude du lieu, son altitude, son exposition, le voisinage de la mer interviennent principalement pour modifier la température accusée au thermomètre et à la sensibilité des êtres organisés — deux instruments de comparaison parfoisdiscordants — et on a cherché à donner unecaractérisl ique thermique à chaque lieu ou région, en les plaçant sous le chiffre d'une moyenne de température annuelle. En rejoignant par un trait tous les points qui donnent un même chiffre pour cette température moyenne, on obtient les lignes isothermes de Humboldt [fig. 2), sinueuses autour du globe et faisant ressortir, dans une certaine mesure, la cause des sinuosités de la ligne par les influences citées plus haut. Mais, comme ces moyennes peuvent être fournies égales par des maxima et des minima aussi bien très rapprochés que très éloignés les uns des autres, elles sont moins instructives au point de vue cultural que les extrêmes de température qui les fournissent. Les lignes isothères^ c'est-à-dire d'égale température moyenne estivale, ainsi que les lignes isochimènes, c'est-à-dire d'égale température moyenne hivernale, nous renseignent davantage, bien qu'incomplètement encore, sur les possibilités vitales des plantes utiles à exigences thermiques connues. Il faudrait posséder au moins, pour chaque région intéressant la culture, les isothermes mensuels pour les mois critiques de l'année.
Ces lignes d'égale température ne sont pas parallèles aux cercles de latitude. Les isothères ne sont pas non plus symétriques au N. et au S. de l'équateur : la ligne boréale, de 25® C, est au voisinage du tropique du Cancer et 1 australe, de 2Q9 C. seulement, dans le voisinage du tropique du Capricorne alors que, pour les isochimènes. la différence est inverse. De plus, le pôle du froid n'est pas au pôle du globe, mais bien dans le voisinage de Verkhoiansk, en plein continent sibérien, et le pôle de- la chaleur en plein continent africain, du côté de Mourzouk, sous le tropique du Cancer, et non sous Téquateur.
Les causes de ces irrégularités résident, à latitude égale, dans un ensemble de conditions topographiques et météorologiques qui concourent à déterminer le climat du lieu.
Les températures s'abaissent en allant de l'équateur vers les pôles et en remontant du niveau de la mer vers le sommet des montagnes. Ainsi s'établissent, pour la végétation, des zones d'altitude caractérisées par des espèces typiques et qui s'étagent, sous les noms de zone subalpine, zone alpine, jusqu'à la rencontre des neiges éternelles dont la limite inférieure est elle-même très variable. On peut donc trouver, sous les tropiques et en s'élevant dans la montagne suffisamment haute, toute la gamme climatérique qu'on trouverait en allant de l'équateur vers le pôle, jusqu'aux neiges éternelles d'un Kilima Ndjaro qui jaillit, presque sous l'équateur, des plaines embrasées des Grands Lacs d'Afrique. Dans les pays tropicaux, ces zones d'altitude à climat de plus en plus tempéré avec la hauteur, permettent de créer des samtaria dont le rôle nous parait si important, que leur création devrait être une des premières préoccupations de la colonie susceptible d'en profiter.
Le voisinage de la mer exerce une action régulatrice sur les écarts de température. La masse liquide énorme des mers, relativement lente à s'échauffer, lento aussi à se refroidir, agit comme source de fraîcheur lorsque les masses continentales, sous les feux du soleil,
s'échauffent, et comme source de chaleur lorsque les terres restituent, par le rayonnement rapide nocturne, les calories reçues le jour. Cette même influence modératrice des écarts d'amplitude se manifeste sur les longues périodes estivales et hivernales, de sorte que le climat des iles et du littoral des mers, climat maritime et uniforme, devient de plus en plus excessif et continental au fur et à mesure qu'on pénètre dans l'intérieur des continents.
La différence de température des eaux des mers sous réquateur et dans des régions polaires établit dans la masse liquide un mouvement comparable à celui du thermosiphon. Ainsi naissent, par le déséquilibre thermique, des courants et des contre-courants marins chauds ou froids qui forment dans la mer comme d'énormes fleuves dont les eaux se ruent contre le littoral des continents et des grandes îles où elles reçoivent des directions nouvelles. Le plus connu de ces grands courants est le Gulfstream dont une des branches apporte aux côtes occidentales de l'Europe un climat plus doux que celui qui correspond à leur latitude. Les courants marins, influencés par le mouvement de rotation de la terre, sont déterminés également par le régime de certains vents soufflant régulièrement et agissant mécaniquement comme propulseurs des masses liquides qu'ils frappent.
Électricité. — L'influence directe de l'électricité sur les plantes n'a pas encore été très nettement mise en évidence bien qu'elle apparaisse comme réelle. Sous les tropiques, les tensions et les décharges électriques de l'atmosphère sont beaucoup plus permanentes et plus fréquentes que dans les régions tempérées. L'étincelle électrique ayant le pouvoir de combiner l'azote et l'oxygène de l'air, les analyses comparées d'eaux de pluie ont fait reconnaître dans les pluies tropicales une proportion d'azote nitrique et d'azote ammoniacal relativement plus forte. Or, ces composés d'azote sont des matières fertilisantes; les pluies d'orages tropicales sont azotées.
L'action thermique du soleil et le constant déséquilibre des températures provoquent, au sein de l'atmosphère, les phénomènes météorologiques des vents, de la formation des nuages et de la pluie.
Les vents. — L'atmosphère est incessamment en déséquilibre de pression. L'air plus chaud se dilate et s'élève, pour être remplacé par un air plus froid qui tombe. Des courants s'établissent comme dans une masse liquide : les vents, qui sont ou constants, périodiques ou irréguliers (fig. 3).
Vents constants. — Les vents constants typiques et de grand trajet sont les vents alizés. L'échauffement des couches d'air à la ceinture équatoriale du globe détermine un courant ascendant qui s'infléchit vers les pôles dans l'un et l'autre hémisphère. Ces masses d'air ascendantes sont remplacées par des apports d'air plus froid, formant des courants qui descendent des hautes latitudes vers les régions équatoriales sous le nom de vents alizés. La rotation de la terre leur imprime une direction, non parallèle, mais angulaire par rapport aux méridiens, c'est-à-dire du N.-Eau S.-O. dans l'hémisphère nord et du S.-E au N.-O. dans l'hémisphère sud. Le courant supérieur, allant en sens inverse, prend le nom de contre-alizé; au fur et à mesure qu'il atteint des latitudes plus rapprochées du pôle, l'air se refroidit et le courant se rapproche de la surface du globe. Dans le voisinage de l'équateur, où l'action des alizés est faible ou neutralisée, il existe une zone de calmes caractérisée par l'absence de vents, une température très élevée et des pluies torrentielles. La connaissance du régime des alizés rendait naguère beaucoup de services à la navigation à voile : on donnait aux alizés le nom de tradetvinds ou « vents de commerce », parce que les voiliers en suivaient le trajet avec la certitude de ne pas rester en panne.
Vents périodiques — Les vents périodiques de grand
parcours soufnent, sous le nom de moussons, sur les mers tropicales situées dans le voisinage de fortes masses continentales ou de groupes d'îles. Ils s'établissent, en effet, sous l'influence de l'inégal échauffement des terres et des mers dont l'action fait dévier, contrarier ou annihiler la direction ou l'intensité des alizés. Le régime des moussons se fait surtout sentir dans l'Océan Indien et dans les mers de Chine. Normalement, la saison estivale, à partir du printemps, y est caractérisée par la mousson du S.-O. et la saison hivernale, à partir de l'automne, par la mousson du N.-E. Le centre d'appel des masses d'air, dans l'un et l'autre cas, est le continent asiatique en déséquilibre thermique avec les régions des basses ou des hautes latitudes. Il en résulte que la disposition des masses continentales peut modifier la direction des vents de moussons et que, dans telle région côtière, la mousson d'été par exemple peut soufQer duS.-E., alors que plus normalement, ailleurs, elle vient du S.-O. Sur les côtes du Brésil, la mousson du printemps souffle du N.-E. et la mousson d'automne du S.-O.
Le régime des moussons, très important au point de vue climatériq^ue, se fait sentir dans un rayon régional très étendu et maintient des vents périodiques constants durant des mois entiers. Plus localement, et dans un rayon plus restreint, la même cause, c'est-à-dire le déséquilibre thermique entre la terre et la mer, entre la plaine et la montagne, donne naissance à ces courants aériens alternatifs appelés brises de terre et brises de mer, ou de plaine et de montagne. Les vents plus froids s'écoulent vers les régions plus chaudes. Dans les régions tempérées, le régime des vents est beaucoup moins régulier que dans les régions intertropicales et il est rare d'y voir la même direction du vent se maintenir, sans sauter en déviations fréquentes, durant des semaines entières.
Les violentes oppositions thermiques régionales déterminées par la nature ou le relief du sol ou la for-
malioii d'un foyer ardent de chaleur comme le désert, donnent naissance à des vents caractéristiques, parfois redoutables. Tel est Vharmattân qui souffle de l'intérieur saharien sur les côtes de l'Afrique occidentale et notamment de la Guinée, pendant les mois de décembre à février : vent très sec et qui élève la température jusqu'à 40*^ G. Le simoun balaie les sables du Sahara, amenant des températures de plus de 45® G. et transporte jusqu'au delà de la Méditerranée, en Italie et en Espagne, des dépôts de fins sables éoliens. Le sirocco souffle en Syrie et jusqu'à la barrière des Alpes. Le cham- «inrègne en Egypte, autour de Téquinoxe de printemps, etc. En Europe, nous avons notre mistral si violent qui descend du plateau central vers les plaines surchauffées de la Grau et de la Gamargue; le foehn parcourt la Suisse et la bora balaie furieusement le couloir maritime de l'Adriatique. Enfln, la Méditerranée a ses vents étésiens qui soufflent du N. au S. en été, en se dirigeant vers les foyers d'appel du Sahara et du désert Lybique.
Vents irréguliers. — Les vents irréguliers, les plus redoutables par leur violence, sont produits par les fluctuations, les déplacements, les remous des vagues atmosphériques lorsqu'elles se précipitent dans les vallées aériennes ou dépressions plus ou moins profondes et larges. Tels sont les bourrasques, les tempêtes et les ouragans qui portent, suivant les régions, les noms de cyclones, typhons, tornades.
Le vent est considéré comme soufflant en tempête lorsque sa vitesse atteint 16 mètres à la seconde. Cette vitesse, dans les forts ouragans, peut dépasser 50 mètres à la seconde. Les régions du globe où les tempêtes sont le plus fréquentes se trouvent, par ordre de croissance, dans l'Océan Indien du Sud, le golfe de Bengale, les Antilles, les mers de Chine.
Typhons et tornades. — Prenons, à titre d'exemple, les typhons (ou taifoun) des mers de Chine. L'origine
cl la marche de ces pcrturbiitions iilniusphérîqucK nul élé étudiéee et sont relativement bien connues depuis que les observatoires de Shang-Hal, Manille, Hong-Kong et Phu-l.ien (Tonkin) leur ont donné une attention justifiée par l'iotérÉt scientifique aussi bien qu'économique que comportent leur genèse et leurs effets. Les centres de formation de ces typhons se trouvent
Fig. 4, — Trajectoire
(Figure oitnit« dt E. d« Mui
au large et à l'Est des Philippines d'où ils se dirigent à l'Ouest vers le continent asiatique en décrivant une courbe parabolique plus ou moins ouverte sur l'Est (fig. 4). Leur mouvement est à la fois giratoire et de translation, les vents tournant, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, autour d'un centre de calme qui se déplace le long d'une trajectoire d'autant plus rapidement que le mouvement giratoire est plus lenl, et inversement.
Leur marche de translation peut atteindre de 12 à 13 milles à l'heure. Les uns se comblent avant d'avoir
approche les côtes ; d'autres se ruent sur les côtes d'Annam ou du Tonkin et vont se combler à l'intérieur des terres après avoir ravagé le pays sur leur passage ; d'autres encore incurvent leur trajectoire vers le Nord, puis le N.-E. et se dirigent sur les côtes de Chine ou le Japon. Les observations journalières centralisées dans les observatoires permettent maintenantde les suivre et de déterminer, souvent douze heures ou vingt-quatre heures à l'avance, le moment et l'endroit de leur arrivée sur le continent, permettant ainsi de prendre les mesures de défense indispensables.
Telle est également la marche, sur une trajectoire parabolique s'incurvant vers le Nord, des cyclones traversant l'Atlantique et qui peuvent, dès leur origine dans les parages des Antilles, atteindre une grande violence.
Dans l'hémisphère austral, les cyclones décrivent également une parabole ouverte sur TEst, mais leur marche se dirige vers le Sud et le mouvement giratoire se fait dans le sens des aiguilles d'une montre.
Les effets du passage de ces terribles météores sont trop souvent désastreux. Des milliers d'habitants perdent la vie et les cultures sont ruinées pour de longues années. Violentes aussi, mais plus soudaines, locales et passagères sont les tornades des côtes d'Afrique ; redoutables encore, en certaines régions, les trombes qui, pareilles aux tourbillons en entonnoir des masses liquides, descendent des hautes régions de l'atmosphère, tournoient vers la mer ou le sol d'où elles arrachent et soulèvent des masses d'un poids souvent énorme.
Les régions exposées aux vents présentent, cela va sans dire, des possibilités culturales différentes de celles qui en sont abritées.
Les anciennes appellations d'îles ou de contrées du vent ou sur leventf par rapport à celles dites sous le vent^ indiquent que les unes sont exposées à l'action des vents dominants, tandis que celles-ci en sont abritées. Les aspects physiques du pays en deviennent très dissem-
IKTHODUCTIOS
Id LES PRODUITS COLONIAUX
blables ainsi qu'on peut l'observer par exemple à la Réunion où dans Tile de Madagascar.
Les pluies. — Les pluies résultent de la condensation de la vapeur d'eau contenue dans l'air atmosphérique, soit par sursaturation à température égale, ou par abaissement de la température et du point de saturation. La pluviosité d'une région dépend avant tout de sa situation géographique, de son relief et de la prédominance des vents chargés, ou non, de vapeurs d'eau. Les causes de la condensation sont d'ordre thermique : rencontre d'un courant froid, d'une chaîne de montagnes, d'une superficie boisée ou simplement de la côte de la mer lorsque les vents souillent du large.
L'évaporation à la surface de la mer, très active sous les tropiques, y rendégalement les pluies très abondantes, mais ces pluies sont très inégalement réparties sur les terres suivant le relief du sol et les vents prédominants (fig. 5). Dans les pays à régime de mousson alternante, les vents du S.-O., chargés de vapeur d'eau, en souiïlant sur le continent, lui amènent des pluies abondantes durant la saison estivale, sur les côtes d'abord et plus abondantes encore dans les régions de l'intérieur situées au pied des barrières montagneuses contre lesquelles les nuages vont se buter, se refroidir et déverser des cataractes torrentielles. Ces barrières montagneuses font oftîce d'écran : leur versant exposé aux vents du large, est largement arrosé et couvert d'une végétation abondante, alors que le versant opposé est aride et asséché. Ce sont des « pots au noir », régions dans lesquelles on peut observer des chutes d'eau atteignant un total annuel de 7 à 8 mètres.
Par contre, dans l'intérieur des continents et sur certaines côtes, les vents, soit dépouillés de leur charge d'eau et ne rencontrant pas de grandes surfaces évaporantes, soit soufflant de contrées continentales arides et chaudes, mellent en mouvement une atmosphère qui n'arrive que rarement à son degré de saturation de
vapeur d'eau et les quantités de pluies annuelles s'abaissent à quelques centimètres ou millimètres; elles peuvent même faire défaut complètement pendant une série d*années.
L'influence de Tétat boisé d'une région sur la pluviosité locale semble réelle et elle apparaît nettement dans les régions tropicales en dehors du cercle vicieux dans lequel les pluies favorisent la végétation forestière, et les forêts la chute des pluies. L*évaporation de l'eau par de grandes masses de feuilles provoque un abaissement de la température. Dans nos régions tempérées, les aviateurs sont secoués par des remous au-dessus des massifs forestiers et ces mouvements de l'atmosphère sont dus à des déséquilibres thermiques.
Les climats. — Chaleur, humidité, vents, insolation, en constantes action et réaction les uns sur les autres, déterminent de la sorte la gamme si variée des climats suivant rintervention variable de chacun de ces fadeurs. Aussi, la classification des climats par zones latitudinales est-elle purement théorique, ce qui résulte déjà de la simple observation des lignes isothermiques qui peuvent s'écarter de plus de iO^G. vers le Nord ou le Sud, du cercle tropique, considéré théoriquement comme limite climatique. 11 y a donc des régions à climat tempéré dans la zone inlertropicale, dite torride, comme il va des régions à climat torride dans les zones dites tempérées.
Les qualifîcatifsde tropical, en opposition avec tempéré, et de maritime, en opposition Rvec continental cl désertique, sont plus indicateurs des caractères généraux des climats.
Le' climat tropical est caractérisé grosso modo par une température élevée, assez constante ; des amplitudes diurnes-nocturnes et saisonnières assez faibles : une atmosphère chargée de vapeur d*eau déversant des pluies quotidiennes pendant une partie de Tannée (saison des pluies), avec des interruptions plus ou moins
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longues (saison sèche); des vents périodiques (région des moussons) ; des météores violents (typhons, tornades, cyclones) et des manifestations électriques fréquentes.
L'altitude du lieu peut modifier tous ces caractères et donner au climat de montagne, sous les tropiques, une partie de ceux des régions tempérées et même froides avec, toutefois, cette différence que l'incidence plus rapprochée de la verticale des rayons solaires entre les tropiques et la durée moins différenciée du jour et de la nuit y jouent un rôle important au point de vue de la végétation.
Lorsque, au milieu de températures favorables, le sol conserve de l'humidité, la végétation , demeure active pendant toute Tannée; elle n'est suspendue momentanément que durant la période de sécheresse. Le retour de la saison des pluies correspond, en agriculture, au retour du printemps sous des latitudes plus élevées. C'est à ce moment que les semis et les plantations réussissent le mieux sous Taction des alternatives de pluies et d'éclaircies. La saison sèche, correspondant à l'hiver, est la meilleure époque pour les travaux de défrichement et d'assèchement.
Les régions les plus propices à l'agriculture tropicale sont celles où les pluies, abondantes sans être excessives, pendant la saison des pluies, fournissent encore quelques averses pendant la saison sèche, elle-même modérément prolongée. Ces régions offrent un mélange naturel de hautes forêts, de bois-clairières, de brousses* et de savanes qui se prêtent à l'aménagement de toutes les cultures des pays chauds sur des sols généralement faciles à travailler et qui ne s'épuisent pas trop vite.
Les régions très pluvieuses sont peu favorables à ces cultures. Des pluies dont le total annuel atteint et dépasse 3 et 4 mètres lavent le sol et la fertilité s'épuise rapidement. Les parties basses se maintiennent en marécages et les pentes inclinées se creusent de ravins profonds. Les cultures se font difficilement et les pro-
duits se conservent mal. Ce sont, de plus, des pays malsains n'admettant pas un séjour prolongé.
Dans les pays de climat sec, l'activité de la végétation est faible et les espèces arborescentes atteignent des dimensions réduites. Ces pays se prêtent à la culture des plantes annuelles à graine.
L'irrigation doit venir en aide aux cultures entreprises dans les régions très sèches où, d'ailleurs, les forêts et les pâtures font défaut.
Les légumes de nos pays tempérés, nos arbres à fruits, nos céréales et nos plantes fourragères ne prospèrent dans les régions tropicales qu'à de très rares exceptions. Ils sont remplacés dans l'alimentation par des produits comme le riz, le maïs, le sorgho, les millets qui tiennent lieu de céréales ; les patates, ignames, taros, manioc substitués à la pomme de terre; les doliques prenant la place de nos pois, fèves, haricots, etc.
Le sol et la plante. —Le sol agit sur la végétation par sa constitution physique et par ses propriétés chimiques.
La plus ou moins forte compacité et les différences de perméabilité font distinguer les terres légères des terres lourdes.
Le sous-sol joue un rôle des plus importants au point de vue de la retenue de l'humidité et des eaux, et de sa pénétrabilité par les racines et les radicelles des plantes.
Un sous-sol dur, sur un sol insuffisamment épais, arrête les racines pivotantes des plantes et les fait dépérir.
La méthode du labour sec ou dry-farming traite le sous-sol pour lui permettre de retenir les eaux profondes.
Le sol arable est formé des produits de décomposition des roches sur place, ou de ces produits entraînés par les eaux (parfois par les vents) qui forment alors les terrains alluvionnaires. Ces terrains, alluvions anciennes
22 LES PKODUITS COLONIAUX
OU modernes, sont généralement les plus propres aux cultures.
Ils peuvent contenir en proportions diverses de Targile, du sable, de la chaux et, de ce fait, avoir une compacité très variable.
Les terres sont dites argileuses lorsqu'elles contiennent plus de 50 p. 100 d'argile; sablonnemeSy plus de 70 p. 400 de sable; mameuseSy de 5 à 20 p. 400 de marne; calcaireSy plus de 20 p. 100 de chaux.
Les produits de la décomposition des plantes forment sur le sol une matière noirâtre riche en éléments nutritifs, V humus qui, en se mélangeant avec la terre, donne \e terreau. L'humus est produit principalement sur le sol forestier par la chute des feuilles et des débris accumulés se désorganisant lentement.
Les sols fertiles sont formés d'un mélange de calcaire, d'argile, de sable et d'humus. L'insuffisance ou l'absence d'un des éléments minéraux doit être corrigée par Vameiidetnentf c'est-à-dire l'incorporation au sol du calcaire, du sable ou de l'argile qui lui manque, le sable intervenant seulement pour ameublir une terre trop compacte.
Les sols constitués par la désagrégation des roches volcaniques sont généralement très fertiles, parce qu'ils contiennent des éléments minéraux utiles tels que les phosphates. Granités, gneiss, schistes et grès donnent des terres arables de médiocre qualité.
Les calcaires qui fournissent généralement de bons sols arables font souvent défaut dans la zone intertropicale. Une formation particulière s'y rencontre fréquemment : les latérites ou « terres rouges », provenant de la transformation de roches éruptives chargées de sels de fer qui leur donnent une coloration rouge.
Certaines plantes marquent une prédilection spéciale pour les sols calcaires : on les appelle calcicoles et, par opposition, plantes calcifuges celles qui les évitent. Très inégalement sensibles à l'action du sel marin ou chlorure de sodium, un assez grand nombre d'espèces ne prospèrent que lorsque le sol en contient une certaine
proportion : ce sont les plantes halophyUs qui ne craignent pas le sel, les embruns ou l'atmosphère des côles maritimes. Enfin, telles espèces aiment la grande humidité du sol et de l'atmosphère (hygrophilés), telles autres la sécheresse [xérophiles) ; d'aucunes se plaisent « les pieds dans l'eau et la tète au feu », contrairement à celles qui recherchent l'ombre des sous-bois, etc.
De sorte que chaque espèce a, pour ainsi dire, son tempérament propre dont il faut tenir grand compte dans l'aménagement des cultures.
Assolements et engrais. — Les plantes enlèvent au soi les matières minérales dont elles font leur nourriture et, peu à peu, l'épuisent, parce que la reconstitution est plus lente que l'enlèvement.
Les unes cherchent leur nourriture dans la couche superficielle à l'aide de leurs racines traçantes; les autres, plus profondément, par leur racine pivotante.
L'assolement consiste à alterner les cultures sur un même sol, de façon à mettre à contribution les diveirs étages de son épaisseur par des espèces à racines plus ou moins profondes et n'ayant pas non plus les mêmes besoins. Il est utile également d'intercaler la culture d'une plante améliorante comme le sont beaucoup d'espèces de Légumineuses qui ont la propriété de fixer l'azote : or, les combinaisons d'azote sont parmi les meilleurs engrais. Afin de laisser au sol le temps de se reconstituer en partie pendant une période de repos, on l'abandonne sans culture, on le met en jachère.
Le sol arable ne peut conserver sa fertilité qu'à la condition de se voir restituer les éléments enlevés par les plantes. C'est le principe de l'apport des engrais. Ces éléments minéraux ne peuvent profiter à la plante que pour autant qu'ils sont solubles et deviennent, sous cette forme, assimilables.
Les principes les plus importants à restituer au sol sont : l'azote, le phosphore et la potasse.
Le meilleur des engrais est le fumier de ferme. Dans
les régions tropicales, l'élevage du bétail n'étant pas développé au même degré que dans les régions tempérées, il y est plus difficile d'obtenir le fumier en quantités suffisantes. 11 faut donc le remplacer par d'autres matières fertilisantes, soit organiques, soit inorganiques dans les conditions économiques les meilleures. Parmi les premières, les déchets de toute nature provenant des cultures mêmes doivent être restitués au sol, parfois après incinération ; les déchets de poissons, les poudrettes, l'engrais humain (très employé dans les cultures en Chine), les guanos d'oiseaux et de chauves-souris, les résidus industriels, les tourteaux de graines oléagineuses, etc., ont une valeur considérable comme engrais organiques azotés et se font payer à ce titre. Les cendres contiennent surtout des sels de potasse. C'est à l'incinération que les tribus primitives s'adressent de préférence pour fertiliser le sol dans leurs cultures.
Les principaux engrais minéraux ou chimiques sont, pour Télément phosphore : les phosphates de chaux provenant de divers gisements géologiques — ils sont rendus plus assimilables après avoir été transformés en superphosphates — et les scories Thomas ou de déphosphoration, déchets de l'industrie métallurgique.
Vazotc est fourni par le salpêtre du Chili ou nitrate de soude, et le sulfate d'ammoniaque extrait de la poudrette.
Les plantes de la famille des Légumineuses ont la propriété de fixer l'azole par des nodosités qui se développent sur leurs racines et deviennent le siège de colonies bactériennes. Elles constituent de la sorte un véritable engrais vivant ou engrais vert qu'il suffit d'enfouir etdincorporer au sol lorsque la plante-engrais est assez développée.
Enfin, \'A potasse f généralement rare dans les sols calcaires et tourbeux, est fournie sous une forme assimilable par les sels dits deStassfurt: le chlorure et le sulfate de potassium.
L'emploi des engrais doit être choisi judicieusement et devient toujours une affaire de bilan de culture, éclairé
par rexpériencc. Telle culture à rendement moyen el profitable pourrait devenironéreuse avec un rendement maximum, sous rinfluence d'engrais coûteux. L'emploi des engrais suppose, de plus, une connaissance parfaite des conditions et des besoins du sol, obtenue par l'analyse et l'observation.
Opérations culturales. — Nous ne saurions, même sommairement, examiner dans ces considérations préliminaires, les variantes des multiples opérations, que comportent les cultures coloniales.
L'agriculture, sous les tropiques, ne diffère pas essentiellement de ce qu'elle est dans les régions tempérées. Ses principes directeurs, ses besoins, «a conduite autant que les lois générales de la physiologie végétale y sont les mêmes. Ce qui change, ce sont les modalités d'exercice et les moyens d'action. 11 ne suffit pas au futur colon d'avoir de la bonne volonté, de l'énergie, des capitaux, pour réussir : il lui faut des connaissances techniques. Pas plus aux colonies qu'en Europe, et quelle que soit la richesse du sol, on ne s'improvise planteur ou agriculteur alors que le plus misérable des cultivateurs indigènes pourrait en remontrer au plus riche des aspirants planteurs d'Europe.
De là des mécomptes, des insuccès, des déboires dont, très humainement, les causes sont rarement imputées à soi-même par celui qui en pàtit.
De plus, sous le climat tropical, l'Européen ne saurait se livrer aux travaux de culture qui doivent être abandonnés aux bras des indigènes. Partout intervient, de la sorte, la très importante question de la main-d'œuvre -d'où dépend, on peut le dire, la prospérité et l'avenir économique de la colonisation.
Les généralités traitées éfémentairement dans ce chapitre n'ont d'autre but que d'indiquer des points d'interrogation qui se dressent partout devant les entreprises d'exploitation des produits coloniaux, en premier lieu les exploitations culturales.
Le champ des connaissances, ici nécessaires, là indispensables, partout utiles, s'élargit rapidement aux colonies. A bien conduire une culture coloniale à travers toutes ses vicissitudes, le planteur devra se préoccuper de multiples questions qui ont chacune leur degré d'importance directe ou indirecte, mailles et maillons d'une chaîne partant de la reconnaissance du terrain et aboutissant à rindustrialisation du produit de la culture.
On trouvera aux divers chapitres de cet ouvrage des indications spéciales pour les cultures les plus importantes. Les principes essentiels d'agronomie, d'agriculture, d'horticulture, d'arboriculture, etc., sont supposés connus suffisamment pour pouvoir se passer d'un exposé didactique préliminaire.