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LA RAMIE

Botanique. — Cullure. — Kécolle. — Préparalion. -- Rendement.

Production. — Commerce.

Il y a une trentaine d'années, on pouvait voir encore, souvent installés sous les portes cochères à Paris, des camelots vendeurs de tissus, bas et chaussettes en fil de ramie, appelée aussi ortie de Chine. C'était une tentative de popularisation d'un produit qui a fait son chemin depuis, dans l'industrie des tissus moins vulgaires.

Le nom de ramie est malais; dans l'Inde, la plante s'appelle rhea, et tchou-ma en Chine qui est sa patrie d'.origine. Les Anglais l'appellent improprement chiim-grass,

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pflrcc que ce n'rel paa une herbe qui fournil le produit commercial, mais une plante, de 1 A 3 mètres de hauteur, vivacc par un rhizome soulerrain, qui pousse annuellement des tiges vertes fournissant le textile.

Botanique. — La raniie appartient à la famille des Vrlkacées; elle esl parente de notre Ortie {Urliea urens} mais, comme elle n"a pas de poils urticants et qu'elle possède quelque»

autres caractères différents, on eu a fail le genre Boettmeria. La fibre (le ramie est produite par deux espèces de ce genre : le B. tiivea Hooker et Aniolt, et le fi. tenaCissinia Gaudichaud. Le 6. nivea est la plante chinoise, pouvant être cultivée dans la zone subtropicale FiR, 133. - R*«iE. (Amérique du Nord, AI-

ger, Egypte, etc.) (fîg.

(32). Elle est facile à distinguer par le duvet de poils blanehâtreu, a neigeux », qui revêt la face inférieure de la feuille. On l'appelle plu» particulièrement ortw blmichc et elle est le véritable china-grass des Anglais.

Le fi. Icnaeissana uu fi. utiiis Uecaisne, esl la plante malaise, répandue danslarchipel Malais et cultivée seulement sous les tropiques. Ses feuilles ne sont pas duvetées, mais vertes ou grisâtres à la face inférieure, d'où le nom de ramie verte.

Toutes deuxunt des feuilles opposf'cs, ovales ubiongues. acuminées, dentées, à pétiole velu ; les fleurs sont axillairea. Nous négligeons les autres espèces.

Culture. — La plante est vivaee, et une plantation de ramie est établie pour plusit

Les qualités de finesse de la fibre dépendent du climat, du sol et de la culture. Le sol doit être meuble, très riche, car la culture est épuisante, et drainé. Les engrais, si possible fumier de ferme et cendres, sont nécessaires.

La plantation peut être faite par serais, éclats de rhizomes, ou bouturage. La meilleure méthode, et la plus répandue, est la multiplication par éclats de rhizomes. On les coupe, chacun muni de bourgeons, sur les rhizomes, à la longueur de 10 à i2 centimètres, et on les plante comme des pommes de terre, en ligne, à environ I mètre de distance d'entreligne et à 20 ou 25 centimètres l'un de l'autre sur ligne. On plante au début de la période des pluies, sous les tropiques. Lorsque les plants ont quelque hauteur (30 centimètres), on butte comme pour la pomme de terre. L'engrais liquide, très employé en Chine, donne de très bons résultats.

Récolte. — Dans les meilleures conditions, la première coupe peut être faite trois mois après la plantation, mais le plus souvent elle a lieu au quatrième ou cinquième mois. Cette première coupe est généralement de mauvaise qualité et négligée.

Dans les bonnes terres tropicales, on arrive à fajre 4 et même 5 coupes annuelles, 3 et 2 dans les autres répons plus ou moins tempérées. Ce n'est qu'à la troisième année qu'on peut avoir le plein du" rendement.

La tige est mûre pour la coupe vers la fin de la floraison, lorsque le bas du pied commence à rougir ou à brunir.

On coupe à quelques centimètres seulement du sol. Les tiges doivent être droites et, dans une bonne culture, serrées, sans beaucoup de ramifications. Les feuilles sont enlevées avec les branches: l'extrémité est coupée et les tiges, en bottelées de 200 à 300, sont remisées à l'abri de la pluie.

Préparation. — Contrairement au jute, la ramie n'est pas soumise au rouissage, mais elle est décortiquée, c'est-àdire qu'on sépare tout d'abord l'éeorce de son cylindre

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de bois. Le procédé le plus simple, à cet effet, est celui employé en Chine, Annam« Java, et qui consiste à casser la tige à la main et à en tirer la lanière d'écorce sur toute la longueur. A l'aide d'un couteau obtus, l'ouvrier racle ensuite la surface supérieure de l'écorce pour enlever les pellicules sèches de l'extérieur, et la surface interne, pour en enlever le plus possible d'une substance gonimeuse qui agglutine les fibres. C'est la préparation de la ramie en vert; elle n'est possible que sur les plantations où la main-d'œuvre est abondante et bon marché. C'est elle qui donne le ckina-grass brut des Chinois.

On a donc cherché à remplacer la main lente de l'ouvrier par des machines décortiqueuses et trouvé plusieurs modèles parmi lesquels les plus connus et les plus appréciés sont les décortiqueuses françaises Faure, de Limoges, la o Gauloise » Estienne de Paris et la Michotte. Elles ne sont pas encore parfaites. Il reste, de plus, à trouver une bonne machine degommeuse. En effet, après la libération mécanique de la fibre, celle-ci demeure entourée d'une gaine de matière gommeuse (pectose) dont on la débarrasse aujourd'hui par des procédés chimiques (acide chlorhydrique, soude, etc.). Sa fibre est ensuite passée au peigne, blanchie cl livrée au tissage.

Le commerce demande de plus en plus, aux pays de grande production, des fibres brutes simplement dépelliculées (china-grass), le dégommage se faisant ensuite dans les usines, en Europe.

Rendement. — Les rendements à l'hectare, comme il faut s'y attendre d'après ce que nous savons des conditions de culture, de la richesse du sol et de la mise d'engrais, du nombre de coupes, etc., sont très variables. On évalue, en moyenne, dans les cultures tropicales, le rendement en poids à 1.600 ou 2.000 kilogrammes de tiges dépelliculées, dont on obtient, après dégommage, environ 60 p. 100 de fibres textiles, soit 960 à 1.200 kilogrammes.

La durée d'une plafiiatîon est variable, de cinq à plus de vingt ans, suivant les soins qu'on lui donne et Ja reconstitution de la richesse du sol, au fur et à mesure qu'elle s'épuise.

Emplois. — La fibre de ramie, plus longue que celles du chanvre, du lin et du jute, est souple, résistante et soyeuse, mais plus chère. Son brillant lui donne les apparences d'une forte soie. On en fait de beaux tissu.s « soie de Canton » {grass-cloth des Anglais), des batistes, et de fort jolies dentelles,, sans compter les multiples usages indigènes.

Production. Commerce. — La Chine et les Iles de la Sonde sont les deux centres de grande production. L'Algérie a essayé de l'introduire, mais on ne saurait compter sur un succès. On n'y obtient des résultats suffisants que dans les terres riches et irrigables. Madagascar et la Réunion ont fait des essais sans conviction. L'Indochine est certainement la colonie où la ramie blanche dans le Nord, au Tonkin, et la ramlo verte dans le Sud, en Cochinchine, ont le plus d'avenir. Elles y sont d'ailleurs cultivées par les indigènes, mais nous voudrions y voir les plantations se développer.

Il y a trois ans, des expériences intéressantes, dans ce sens, ont été faites à Baria. Le cercle vicieux est toujours celui de la pénurie de la matière première pour l'industrialisation et de l'utilisation du produit des cultures en grand par une usine à créer, l'une attendant l'autre.

En 1900, la France a importé 674 tonnes de ramie de Chine, d'une valeur de 404.000 francs, destinée à ses quatre filatures qui travaillaient alors avec un ensemble de 15.000 broches. L'importation en Europe ne dépasse guère 4.000 tonnes, envoyées surtout par Hongkong et Shanghai. L'Inde anglaise fait des efforts pour développer cette culture.

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