CHAPITRE VIII
liaticifëros et lalex. — Historique. — Bolanique.
Laticifères et latex. — Lorsque Ton déchire une tige ou une feuille de laitue, d*euphorbe, de grande éclaire, de pavot, ou qu'on entame l'écorce d'un figuier ou d'un « gommier » d'appartement, il s'en écoule un suc laiteux généralement blanc, parfois jaune : le latex. Dans le corps de ces plantes, ce suc est contenu dans de longues cellules spéciales ramifiées, appelées vaisseaux laticifères (fîg. 145). La longueur de ces tubes peut atteindre, comme dans le tronc de ces énormes et vieux « banians » de l'Inde, plusieurs dizaines de kilomètres. Ils i^e trouvent généralement dans l'épaisseur de l'écorce, à une profondeur et en quantités variables.
Au microscope, on voit dans la masse liquide de ce lait ou latex, un grand nombre de petits globules généralement ronds, parfois allongés, et si, par un moyen approprié, évaporation du liquide, chaleur ou produit chimique, ou môme par l'action centrifuge d'une turbine, on réunit ces globules en les collant les uns aux autres, on obtient, suivant les plantes, soit un magma poisseux ou grumeleux, soit une substance élastique : le caoutchouc.
Ainsi naît, dans la graine déjà, se forme et s'obtient cette substance si recherchée et si répandue de nos jours. Nous ne tenons pas au surplus à savoir si le. latex est, ou non, un aliment de réserve de la plante, question de physiologie débattue encore. Notons que ce lait est parfois comestible.
416 PnODCITS DU RÉI3NE VEGETAL
Historique. — Le caoutchouc n'est cunnu en Europe que depuis 1736, alors que La Condaminc, en mission astronomique à Quito, en envoya un échantillon à l'Académie des Sciences, en signalant les usages qu'en faisaient les Indiens aous ce nom. Les missionnaires avaient déjà signalé la gumana, sorte de résine élastique qu'Us avaient observée en Amérique. Encore aujourd'hui, le nom de caucho est donné au produit élastique du Ctw-
Fig. .I4i, — COI'PE LO^GITLUINALE U'UNE l'LAN'
(O'ipris Voroel.)
(^upc t IniBTi II région libârioune d« l'iSriirco à'Utvta ArojilisiHÙ. —
la, liticitèrta. — m. nyona mMulUirei. — p, fsnazti^tat libériEn. — b, pircn-
tilloa, récolté au Brésil par les cauckeros. Pricsticy, en 1770, appelle l'atLention sur la propriété du caoutchouc d'effacer les traces de crayon sur le papier, et le nom de Tubber, ou « frotteur ». que lui ont donné les Anglais, est resté à la gomme élastique jusqu'à nos jours. Ce fut d'ailleurs son seul usage jusqu'au xix" siècle.
En 1762, un botaniste français, Aublet, décrivit la première plante indiquée comme donnant du caoutchouc : VHetea guyancnsis.
Voici quelques dates critiques :
En 1821, l'Anglais Hancock installe aux environs de Londres la première usine pour le traitement et le
PLANTE» A CAOUTCHOUC BT ;
laminage du caoutchouc. Il produit la n reiiillc anglaise» par un procédé à la Bcie, encore en usage aujourd'hui.
En 1823, Mac Intosh découvre, dans la benzine, un dissolvant du caoutchouc permettant d'imperméabiliser les tissus et popularise son nom par les vêtements et les manteaux qui le portent. En 1828, la première usine de caoutchouc française estinslallée à Saint- Ucnis, près de Paria. ■
En 1836, l'Américain Goodyear invente la « vulcanisation u, en mélan- ' géant dusoufre au caoutchouc. Ce fut une révolution industrielli'.
En 1837. Nickel Irguve le procédé de régénération du eaoutch<iuc. c'est-àdire de purification des caoufchoucs bruts.
En 1851, Morey imagine le durcissement du caoutchouc par le soufre et la chaleur et obtient l'ébont^e.
Puis, les innovations et les applications se suivent,ai nombreuses, qu'en NiJériennëi.' — *' b«is/ '
1857, le nombre des bre-
vcls (d'après Jackson, Commercial botany) délivrés en Anfrielerrc est tel, qu'ils forment, au n Patent office «. un volume de plus de 700 pages in-S".
Nuus pouvons dire que, depuis, le caoutchouc est devenu un des produits les plus indispensables à la vie moderne dans le monde civilisé.
PiR. U5. — COUPB
(D'après C. Spire.)
li^ de liane k caoutchouc de la [amil An» A)iocjniiss [Chontniorpha nWBor,
Botanique. — - Les plantes qui fournissent les caout-
418 PRODUITS DU RÈGNB VÉGBTAL
choucs, aujourd'hui nombreuses, sont, les unes des arbres, les autres des lianes; on y trouve également des herbes.
Elles appartiennent pour la plupart à trois familles botaniques : celles des Euphorbiacées, des Apocynées et des Artocarpées. Quelques-unes se réclament des Asclépiadées et une seule, jusqu'à présent, de la famille des Composées.
Nous avons réuni dans le tableau suivant les principales espèces, en indiquant leur groupement par familles, leur nom botanique, leur patrie et leur nature : arbre, liane ou herbe. Celles qui ont des noms indigènes ou vulgaires connus y sont nommées.
EUPHORBIACÂBS
Heveabrasiliensis Mueller (J.). Grand arbre. Brésil. Caoutchouc Para.
Hevea guyanensis Aublet. Grand arbre. Guyanes.
Manihot GlazioviiMiieUer {J .) . Grand arbre. Brésil. Caoutchouc Céara et Maniçoba.
Sapium biglandulosum Mueller (J.). Petit arbre. Equateur. Caoutchouc Colombie.
Euphorbiaintisy Drake. Arbre. Madagascar. Caoutchouc Intisy ou Pirahazo.
Micrandra dphonioides Bentham. Grand arbre. Brésil. Caoutchouc Tapuru.
Urticacébs- Artocarpées
Ficus elastica Roxburgh. Très grand arbre. Assam. Birmanie. Assam rubber.
Ficus nitida Thunberg (F. prolixa Wieiliaird et Deplanche, non Forster). Arbre. Nouvelle-Calédonie. Caoutchouc de banian ou de Sa.
Ficus Vogelii, Miquel. Arbre. Côte occidentale Afrique. Caoutchouc Dop.
Castilloa elastica Cervantes. Très grand arbre. Amérique centrale. Caoutchouc Caucfu).
Bleehrodea tunkinensis Dubard et Eberhardi. Arbre. Tonkia.
Apogynêes
Landolphia Heudelotii De CandoUe. Liane. Afrique occidentale et centrale. Liatie Gohine,
L. owariensis Pal. de Beauv. Liane. Afrique occidentale et centrale.