LE CASTILLOA
En botanique : CaslUloa elastica Cervantes, famille des Artocarpées. Appelé Caucho, ou Halé, au Brésil, il y croît en abondance aux sources des rivières et des grands fleuves. Il y a une dizaine d'années, on le supposait surtout répandu dans le Sud mexicain, en Amérique centrale, à l'ouest des Andes.
Arbre de i5 à 20 mètres de haut, il atteint 50 à 90 centimètres de diamètre. Ses feuilles sont caduques, composées, multifoliolées, à folioles penchés; les fleurs sont monoïques. Tous les jeunes organes sont revêtus d'un duvet feutré de poils blancs et rudes. Croissance rapide (fig. iol).
Le Casiilloa croît dans les basses altitudes et dans les sols humides et gras des régions très chaudes. Il donne beaucoup de latex, contenu non seulement dans l'écorco, mais également dans l'aubier du bois, d'où un mode d'exploitation ruineux pour les peuplements sauvages et qui consiste à abattre l'arbre. Ces peuplements sont plus clairsemés que ceux de XHeveaeV il n'y est plus question (le scringaes ou deslradas.
Voici comment, d'après M. Paul Wallo, dans la forêt vierge, de plus en plus lointaine et impénétrée, opère le cauchero qui est, pour le Castllloa^ ce que le, seringueiro est pour VHevca.
Autour des arbres choisis, il nettoie le sol, le bat et le tasse de ses pieds, puis creuse un cert^iin nombre de trous ou pochettes dont chacune est reliée au tronc par une étroite rigole. Au fond des pochettes, il dispose un petit gobelet.
1! entaille ensuite son arbre en incision oblique ou en V
et le latex qui s'écoule, fluide et abondant, va remplir les gobelets. Quand les petits ruisselets sont taris, il coupe l'arbre à 1 mètre du sol et pratique de nouvelles saignées sur la souche restante. La récolte liquide est versée dans une excavation rectangulaire de 1 mètre sur 0™,50, ou dans une cuvette en fer blanc appelée tasa. La coagulation du caoutchouc est provoquée par un mélange d'eau de savon et de potasse, ou un coagulant chimique, en ayant soin de couvrir le réceptacle de feuilles de palmier pour empêcher la pluie de diluer le latex.
On obtient ainsi du caoutchouc en pranchas, c'est-à-dire en plaques du poids de 50 à 60 kilogrammes. Ce caoutchouc est noir foncé à l'extérieur et jaune à Tintérieur, percé de trous comme un fromage de gruyère, d'odeur désagréable, mais estimé pour son élasticité.
Le Castilloa n'est donc pas enfumé et ne peut être obtenu en bolachas ou boules.
Si le cauchero ne trouve pas utile de faire des plaques, il fait du sernamby de caucho. Les incisions étant faites de la même manière, le latex qui en découle est conduit et demeure dans les petites rigoles du sol, où il se coagule en donnant de longs rubans que l'on enroule.
Un arbre adulte peut fournir, d'après M. Paul Walle, 50 à 56 litres de sève donnant 20 kilogrammes de caoutchouc (abattu en praachas). La destruction progressive des vieux pieds diminue d'année en année les peuplements naturels, déjà peu denses.
Les plus importantes cultures de Castilloa se trouvent au Mexique. Les plantations doivent être faites sous bois, élevées de semis et de repiquages au bout d'un an. Les pieds sont distancés de 6 à 8 mètres. On peut commencer les saignées à la sixième année, mais il est préférable d'attendre un âge plus avancé. Le latex est à réaction acide et l'enfumage ne lui est pas applicable. Il faut coaguler avec une substance alcaline, sel de cuisine ou bicarbonate de soude, ou bien centrifuger ou écrémer. Au Nicaragua, on coagule avec le suc d'un liseron (Ipomsea Bona-Nox). Le latex contient de 40 à 44 p. 100 de caout-
chouc. Le « boom » américain, pour le Castilloa en Amérique centrale, semble s'être apaisé ; on est moins enthousiaste à l'heure actuelle à l'égard de cette plante, mise en culture à Java, et introduite aussi dans nos colonies de la côte occidentale d'Afrique et à Madagascar. Nous ne concluons pas à son grand avenir.