LES FICUS
Le Ficus elaitica. — Culture. — Marcottage. — Rendement. — Le Ficus reiuaa.
Ce genre de la famille des Artocarpées compte une infinité d'espèces, parmi lesquelles les fameux banians
43S PRODUITS DU IIÈONR VSGGTAL
(F. retigiosa Linné et F. indica Linné] qui est un des plus puissants et des plus curieux arbres du monde. Toutes ces espèces contiennent un latex plus ou inoins fluido, abondant et susceptible de donner de la (;nmme. Mais, dans la plupart, le caoutchouc se trouve mélangé avec des maliércs visqueuses, de la vUcine, qui fait que le
Pig. liiî. — Plaktatio:! db Ficua elattica.
roapuluni est poisseux, gluant et inutiliscible comme )Comme élastique. Nous avons consit^néplus haut trois es- (lêccs donnant lieu à une cxploîlalion industrielle ; k' F, eloilica, de lAsiu méridionale, le F. rclma Linné, de la Niiuvelic-Cnlédonie. et le F. VoQeUi Miquel, de la Cote occidentale d'Afrique.
Ficus elastica. — De ces trois câpëces le F. eloilka Roxbiirgh sutlout nous intéresse ici comme plante de grande culture — c'est d'ailleurs la seule cultivée — et comme important producteur de caoutchouc [fig. 152).
Sa pairie est la région indo-malaise où il vit dans les forêts humides, sur des sols frais, mais non marécageux.
CAOUTCHOUC KT A flUTTA 439
allaiil jusqu'à 6W mètres dans ia montagne. Mais il s'accomniodL' égaletnenl de climats do la zone subtropicale comme celui de notre Tonkin, même de l'Al^jérie, et on saiti{ue su tenue en apparlemenl est facile.
Ses rciiilles, entières, luisantes, parcheminées, ont souvent le pétiole "* i" n^-^--" d'une teinte rougi:
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La multiplication se fait par stmii ou par botUurage iH marcottage. Ln graine, issue de figue, est 1res petite cl, pour les semis, doit être mélangée avec du sable, l^e semis est une opération assez délicate. Il faut semer sur sable humide, très superficiellement. La germination est rapide; on repique en pépinière et on transplante en place définitive lorsfjue ia plante, au bout d'un ou deux ans. a 1 mètre environ de hauteur.
Le marcottage se fait couramment par marcotte aérienne, appelée gootec, dans l'Iade. Sur les branches, à divers niveaux, on pratique une incision annulaire enlevant l'écorce — le mieux au-dessous d'un bourgeon foliaire — et on entoure cette blessure d'une boule de terre pétrie, assujettie en place avec de la bouse de
vache, iin morceau de chiffon, du coir, etc. (fig. 153). En arrosant convenablement ces boules, les racines adventives se développent autour de Tincision, pénétrant dans le manchon de terre et lorsqu'elles percent, la branche ou marcotte sera coupée en amont et plantée comme pied indépendant. Ces marcottes peuvent être établies en grand nombre sur un pied ou un arbre de bonne taille ; et on en obtient de suite de 1 à 2 mètres de longueur, ce qui est une avance de développement considérable sur les plants de semis. On a observé, cependant, qu'au bout d'un certain nombre d'années, ceux-ci rattrapent la différence et deviennent plus robustes que leurs frères de marcottage.
Les Ficus, avec l'âge, envoient de leurs branches des racines aériennes qui les entourent d'une sorte de long chevelu et qui, s'enracinant, forment des contreforts d'une architecture bizarre de colonnes enchevêtrées. Un pied de Ficus peut recouvrir, de la sorte, une superficie de terrain considérable et former, à lui seul, un petit labyrinthe. La surface, développée en écorce entaillable, est ainsi très étendue.
11 faut espacer les pieds en culture d'au moins 8 à 10 mètres. Leurs racines traçantes vont au loin et n'admettent pas d'autres commensaux attablés au même sol. Plus le terrain est riche, bien entendu, et mieux viennent les arbres; mais il est possible d'avoir des Ficus sur un terrain relativement médiocre, ce qui en fait précisémeet une plante fort utile à défaut de culture plus riche à mettre à sa place (Tonkin).
II est bon de ne pas commencer les saignées avant la septième ou la huitième année — sans attendre la vingt-cinquième, comme on le croyait auparavant. Les incisions doivent être faites obliquement à Taxe du pied ou de la branche, à cause de la nature des laticifères et on peut les diriger en arête de poisson, sur une rigole médiane. On dispose au pied de l'arbre, sur le sol nettoyé, des feuilles de bananier sur lesquelles le latex coule et se coagule, comme il se coagule assez
rapidement aussi sur les lèvres des incisions, donnant des filets et du seniamby qu'on enroule en pely)tes.
On ne peut pas saigner indéiiniment tous les ans, comme pour VHevea; le rendement diminue rapidement à la deuxième, et surtout à la troisième année, et l'arbre dépérirait. Après une campagne de saignée, il convient de laisser reposer Tarbre pendant les deux années suivantes. H est possible d'obtenir de cette façon des rendements assez considérables sur des pieds âgés de plus de quinze ans [1 kilogramme et plus), mais qu'on doit escompter relativement faibles au-dessous de cet âge, étant donnée la triennalité de la récolte. Mais, encore une fois, le Ficus ne saurait se mesurer avec VHevea dont la supériorité énorme est évidente, et ne peut prétendre à rendre des services que la où les autres espèces à caoutchouc sont incultivables. Tel est le cas du Tonkin.
La plantation la plus ancienne est celle de Chardwar, en Assam, établie il y a cinquante ans et où les arbres sont devenus énormes (125 à l'hectare). Java s'est attaché résolument à la culture du Fictis, très discutée encore, parce qu'on n'envisage guère que des possibilités.
Le caoutchouc de figuier, ou d'Assam {Assam rubber), est de très bonne qualité, nerveux, clair et peu poissant.
Ficas retusa. — 11 existe en Nouvelle-Calédonie un « banian », ou figuier, dont le port rappelle d'assez près celui du F. elastica, mais à feuilles plus petites : le Sa ou Ficus retusa Linné. C'est le seul arbre producteur de caoutchouc de l'île. Pour préparer le caoutchouc, on étale le latex fraîchement recueilli sur une feuille de tôle; on expose au soleil pendant quelques heures et, la coagulation étant ainsi obtenue, on enroule le produit en boule ou en boudin. Ce caoutchouc est reconnu de bonne qualité.