‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 106 sur 112 · Hamerton, Français et Anglais, vol. I, p · texte numérisé non relu

Hamerton, Français et Anglais, vol. I, p

apporte dans les choses spirituelles le besoin d'allier l'utilité à la beauté : « L'idéal de la vie consiste pour lui dans la plus grande somme possible d'esprit chrétien unie à la plus grande somme possible d'activité pratique *. » C'est là qu'aboutit la vie intérieure de l'homme d'action et de foi ; c'est là aussi qu'arriva par un autre chemin un homme de pensée qui fit i'expérience personnelle d'une éducation sans Dieu : « Dans la religion de nos pères, disait John Stuart Mill, faisons un triage, de façon à garder ce qu'elle contenait d'excellent et de savoureux, le sentiment religieux lui-même. Soyons sceptiques, mais des sceptiques pieux *. » Dans l'âme anglaise, selon le mot de Taine, l'esprit religieux et lesprit positif vivent côte à côte : qui travaille prie.

Une morale utilitaire, en admettant même qu'on l'ait haussée jusqu'à l'idée du bien public et au culte de l'humanité, finit toujours par se dessécher et s'épuiser : munie de ce seul viatique, l'Angleterre se serait bientôt trouvée paralysée; c'est parce qu'elle a gardé intact le sentiment religieux qu'elle a conservé aussi la volonté et le pouvoir d'agir.

1. Ém. Montégut, Écriv. mod. de l'Angl., p. 229 (en parlant de Ch. Kingsley).

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