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les carrières que les écoles et les universités lui ouvrent? et dans quelle mesure l'ont-elles préparé à ces divers métiers? Nous étudierons les différentes professions, et nous verrons pour chacune d'elles quelle part les mœurs ou les règlements attribuent à l'éducation générale, et quelle part est réservée à l'apprentissage technique. Dans tout métier en effet, et dans tout pays, ces deux éléments entrent en ligne de compte; mais, suivant les temps et les pays, le coefficient de chacun varie singulièrement. Le Français porte en tout son culte de l'instruction générale. Pour lui, un bachelier devient, par son diplôme, également apte à toutes les fonctions. L'Ecole polytechnique fournit indifféremment des ingénieurs de toutes sortes, des soldats, des marins, des financiers, des politiques, sans parler des commerçants, industriels et grands agriculteurs. L'opinion publique et les chefs de chaque profession semblent d'accord pour estimer un homme non d'après sa valeur réelle, mais suivant ses diplômes.
D'avance on peut prévoir que l'Anglais n'aura point ce respect de la culture désintéressée ou de t'estampille officielle; il préférera toujours l'expérience technique et l'apprentissage spécial. Au
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sortir de l'école ou de l'université il n'admettra point, comme de plain-pied, le jeune homme aux diverses carrières. Il lui imposera quelques années de stage. Il lui fera gravir parfois les nombreux échelons d'une éducation pratique. Il exigera toujours que l'homme de science devienne aussi, et surtout, un homme de métier. Ce sont ces différents stages qu'il nous faut maintenant considérer : l'éducation d'un Anglais n'est vraiment complète qu'après cette spécialisation.
Autre différence et non moins grande si l'on compare le rôle social de l'éducation dans les deux pays. La culture, le développement et, en fin de compte, le bonheur de l'individu sont les seuls buts de l'éducation française. Les maîtres de notre jeunesse paraissent moins préoccupés de former des hommes utiles que des esprits ornés, ouverts à tout, des dilettantes souvent, presque toujours des hommes de luxe que la société doit nourrir à l'ombre après la course du baccalauréat. Je tâcherai, dans la seconde partie du présent volume , de montrer quel fut le rôle social de l'éducation dans le développement interne comme dans l'expansion extérieure de l'Angleterre.