VIII AVANT-PROPOS
Je me suis proposé, en effet, dès l'abord, de résoudre la question suivante : étant donné un fait d'expérience courante, la puissance et la vitalité du peuple anglais, déterminer la part qu'y a eue l'éducation. Et dans l'éducation je comprenais tous les agents qui contribuent à modifier les qualités physiques, morales ou intellectuelles de l'individu : non seulement l'école, mais avant elle la famille, et après elle la vie.
Voulant mettre en lumière les causes du succès anglais, l'on concevra que je les aie cherchées de préférence dans les conditions favorables, et que, glissant sur les côtés faibles, j'aie insisté sur les points forts. En France, le mot d'anglophilie est presque une condamnation. Mais si, en effet, j'ai éprouvé une large sympathie pour mon sujet, ce n'était point là vraisemblablement une mauvaise disposition pour le bien pénétrer. Etant du reste averti des défauts du caractère anglais, je n'ai pas voulu exalter une nation aux dépens d'une autre, mais redémontrer quelques vérités universelles qui me semblaient oubliées.