‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 25 sur 112 · LES JOURNALISTES · texte numérisé non relu

LES JOURNALISTES

La presse périodique fait une consommation énorme d'énergies et d'intelligences. En Angleterre, le métier de journaliste s'apprend, comme celui de médecin ou d'avocat : c'est une profession a respectable » et classée, que le public met sur le même rang que toute autre profession libérale. La plupart des qualités qu'elle exige sont justement celles que l'éducation anglaise développe le plus : et, parmi elles, il faut compter l'instinct irrésistible qui pousse tout Anglais à courir le monde. De l'école et de l'université, l'apprenti journaliste apporte la culture un peu étroite mais forte, la vigueur physique, la ténacité, le sang-froid et le besoin d'activité incessante; aux voyages il doit l'expérience de la vie, une vue universelle des choses et des hommes, une curiosité insatiable. « Parmi les hommes qui composent l'étatmajor des grands journaux, il en est peu qui n'aient pas vieilli sous le harnais, qui ne soient rompus à tous les secrets du métier, et qui ne l'aient appris par principes, comme un art, en commençant par le rudiment. Ils ont approfondi les questions techniques, systématiquement étudié les meilleurs modèles, et n'ont pas cru superflu.

up the éléments of a liUle further knowledge... in mathematics, raeteorology, and the like, in after-life, and owe not a little to the teaching of many people, this maternai installation of my mind in that property of chapters (of the Bible), I count very confidently the most precious and, on the whole, the one essential part of ail my éducation. »

avant d'aborder leur profession, de savoir les langues vivantes, le droit, l'économie politique, l'histoire et même la géographie. Il est rare qu'ils n'aient pas l'habitude d'analyser ou de résumer, avec une grande précision, un discours, une séance judiciaire, une œuvre dramatique, voire même un article dont leur editor leur indique rapidement les grandes lignes. La plupart pratiquent la sténographie, à l'exemple de Dickens, qui débuta dans les lettres en remplissant les modestes fonctions de reporter des tribunaux de police'. »

La presse attire à elle quelques-uns des plus brillants lauréats des universités : M. Brodrick, qui, durant plus de vingt ans, écrivit des articles dô fonds pour le Times, avant de retourner à Oxford^; et M. John Morley qui pendant de longues années fut rédacteur en chef de la Saint-James' s Gazette avant de se lancer dans la politique active.

Parmi les correspondants permanents que les grands journaux entretiennent dans les capitales du continent, on trouve des hommes d'une vaste culture et des écrivains de talent, comme ce Brinsley Richards, mort en 1892 correspondant du Times à Berlin : au sortir d'Eton, il était venu en France, où il fut successivement secrétaire de M. Drouyn de Lhuys et du duc Decazes. Après avoir étudié de très près les hommes d'État et les affaires de France, il alla à Vienne, puis à Berlin, et c'est lui, dit-on, qui écrivit cette remarquable biographie de Moltke,

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