Ph. Daryl, p
brables révolutions sud-américaines, ou bien encore la conquête pacifique de l'Asie par l'ennemi héréditaire, qui déroule un fantastique ruban de fer, de la Caspienne au Pacifique, en effleurant l'Inde K
i. M. James Darmsteler a tracé, dans le Journal des Débats (9 juin 1892), le portrait d'un des plus remuants représentants de ce journalisme vagabond :
« Élevé tour à tour dans les écoles d'Angleterre, de France et d'Allemagne, M. Henry Norman acheva ses études à l'université américaine de Harvard , y monta la première pièce grecque qui ait été jouée en Amérique dans l'original, se prépara au ministère du Saint-Evangile dans l'église unitarienne, et prêcha. 11 s'en lassa vite et quitta la chaire pour la presse, tribune plus bruyante et plus puissante. Son début dans la presse lui sera compté au ciel : il sauva la chute du Niagara, menacée par une bande de capitalistes, qui voulaient l'acca-' parer et l'entourer d'une ceinture d'hôtels géants avec ascenseurs; grâce à une campagne énergique de Norman, le Niagara fut converti en parc national, quelque chose comme une déclaration de monument historique; le Niagara était sauvé : il ne sera pas mis en actions. De retour en Angleterre, il entra à la Pall Mail Gazette, au temps fameux de M. Stead, vint interviewer ce pauvre Boulanger et, je regrette d'avoir à le dire, le prit au sérieux. Il se releva par une série d'articles, qui firent sensation, sur les évictions de Bodyke et les horreurs de la crise agraire en Irlande et partit en 188" pour le tour du monde. Les lecteurs de ce journal se rappellent, peut-être, une lettre remarquable sur le Tonkin, qu'il envoya aux Débats, il y a quelques années, et où toute la folie malfaisante de la bureaucratie coloniale était notée avec une sagacité décourageante. Il chassa le tigre au Tonkin, découvrit une mine d'or à Siam, rentra à Londres pour publier uu livre sur le Japon, former une compagnie pour exploiter sa mine, et épouser une de ses collaboratrices de la Pall Mail Gazette, l'auteur du dernier succès de la saison, A girl in the Karpathians. Cela fait, il retourna à sa mine d'or siamoise, où il est encore. J'oubliais de dire que, comme tout jeune Anglais lettré qui se respecte, il a écrit un mémoire sur les Quatrains d'Omar Khayyam. »