‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 69 sur 112 · Interprét. écon. de Vhist., chap. xv · texte numérisé non relu

Interprét. écon. de Vhist., chap. xv

de mer de la fin du xv* siècle, Drake, Frobisher, Hawkins, Ralegh, furent non pas des navigateurs ouvrant des routes commerciales ou fondant des colonies, mais simplement, brutalement « des braconniers ou des pirates en quête de pillage aux dépens des marins et des ports de l'Espagne et du Portugal *. »

L'État n'a aucun plan d'expansion raisonnée. Des colonies naissent au hasard et comme par accident : ici, des forçats qu'on abandonne sur un littoral peu connu pour en débarrasser la mère-patrie; là, des puritains qui fuient les persécutions de Laud et fondent malgré eux la Nouvelle-Angleterre. L'Angleterre a pu devenir la plus grande puissance coloniale, non parce qu'elle a « montré dès le début la vocation ia plus forte pour la colonisation, ni surpassé les autres puissances en audace, en invention ou en énergie, mais parce qu'elle s'est le moins laissé empêtrer dans les complications de l'ancien monde »; parce qu'elle n'a pas eu à maintenir une suprématie en Europe, comme l'Espagne et la France, parce qu'elle n'a pas été forcée, comme la Hollande, le Portugal ou même l'Espagne, de résister à une telle suprématie dans un combat mortel sur son propre territoire ^.

Jusqu'à la fin du xviii* siècle, les hommes d'affaires et les hommes d'État anglais fondaient la prospérité de la métropole sur la création, le maintien et l'extension d'un marché exclusif dans les colonies : acheter à haut prix les produits de la métropole, et

Page 1