‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 81 sur 112 · Carlyle, Past and Présent, chap. ni et chap. v, passim · texte numérisé non relu

Carlyle, Past and Présent, chap. ni et chap. v, passim

être à ses paysans et cherche à les relever. Elle les traite d'abord comme de grands enfants. Lisez VAvis que Sydney Smith adresse à ses paroissiens ruraux de Foston : ce Ne restez pas assis dans des habits mouillés. Vite, enlevez-les! Pas de santé qui résiste aux habits mouillés... Otez votre chapeau quand vous croisez un gentleman ! Les gentlemen remarquent ces choses-là. Ils sont mécontents si la politesse n'est pas faite, et quelle peine vous coûte-t-elle ?. , Je ne veux pas qu'on jure. Il y a du plaisir à boire une pinte d'ale, mais quel plaisir y a t-il à jurer? » Dans une lettre écrite il y a environ vingt ans sir T. A., grand propriétaire whig du Devonshire, fait part « aux paroissiens de B... et à leurs femmes » des mesures qu'il compte prendre pour améliorer leur sort, et tout de suite il les met à l'aise : on sent bien qu'il ne parle pas à des égaux, mais il ne les traite pas en inférieurs. Il sait, en accordant ses bienfaits, respecter la liberté et la dignité des hommes. « Mes voisins et amis, j'ai plus d'une fois exprimé dans mon langage public mon désir de faire quelque chose pour encourager les habitudes de prévoyance parmi les travailleurs de cette paroisse, hommes, femmes et enfants. Cette fois, je veux m'expliquer complètement et être clairement compris; et je voudrais vous voir aussi examiner et discuter ce que j'ai à dire. Si vous pensez que mon plan n'est pas bien combiné et que vous pouvez l'améliorer, j'espère que vous me direz ce que vous croyez devoir répondre mieux aux besoins de la communauté... » Et il passe en revue les moyens de procurer aux travailleurs une habitation saine, de l'eau pure, des aliments, des vêtements

et du combustible; de faire l'éducation des enfants et de les placer ensuite; d'assurer les soins médicaux aux malades, les secours en cas de maladie ou de mort des chefs de famille ; il parle enfin du bien-être à procurer aux vieillards : tout cela clairement exposé en langage simple sur le ton de la causerie familière dans quatorze petites pages, sans fausse sensiblerie, sans un mot inutile. — Grâce au dévouement intelligent, à la charité active de la gentry rurale, des progrès nombreux ont été réalisés dans les campagnes; les gentlemen ont « construit des fermes modèles, introduit de nouvelles races de bétail, de nouveaux engrais, de nouvelles machines, bâti des cottages confortables, parfois une école ou une église, drainé et assaini le pays, ouvert leur parc aux fêtes des villageois, aménagé des lieux de récréation pour faire concurrence aux cabarets, fondé des associations locales de jeu ou de travail *. »

Les fermiers, conservant des préjugés de classe longtemps après que la gentry les a perdus, affectent de mépriser leurs ouvriers et se refusent à envoyer leurs enfants à l'école paroissiale avec les enfants des paysans; mais, faute de mieux, ils finissent par se résigner, et l'école primaire est en train de rapprocher les classes.

Le vote des Factory Acis, charte des ouvriers de l'industrie, fut enlevé par les grands seigneurs whigs: propriétaires terriens, désintéressés dans la question, ils étaient poussés par une compassion naturelle pour le peuple et peut-être aussi par un reste de rancune

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