English traits, chap. viii
rie ^ » Il a élevé l'effort au rang d'un acte religieux : travailler, c'est prier *.
L'Anglais pousse son amour de l'effort jusqu'à un excès, l'horreur de l'épargne : la petite et lente épargne sans autre objet que dassurer le lendemain, l'épargne-assurance, il la dédaigne et presque la méprise. Il dépense tout ou presque tout son salaire à mesure qu'il le gagne ; il le transforme en force active pour augmenter sa puissance productrice. Il craint le repos prolongé, définitif: la retraite du petit rentier, loin de le séduire, l'éloignerait. Il ne se décide à épargner que du jour où son petit capital a un emploi actif; il ne veut pas que son argent dorme dans quelque immense caisse publique ^. Mais le plus souvent il est tout entier à la lutte contre le climat, les intempéries, les circonstances adverses, la maladie et la misère qui guettent le vaincu : a d'exister est déjà un problème si difficile pour un Anglais qu'il ne s'arrête jamais à considérer quelle serait la vie la plus agréable *. »
Pour être propre, décent et nourri il faut une dépense déjà considérable. Le pauvre ne peut se soutenir au milieu de cette foule brutale qui s'écrase dans les rues des villes enfumées; fatalement il roule dans la boue. Pour être fort, pour maintenir sa dignité et conserver l'estime des autres, il faut de l'argent, plus que partout ailleurs. D'où il s'ensuit
i. Carlyle, Past and Présent, chap. v.