DE POTASSE
d'ammoniaque.
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Exposition. — L'exposition se £aiit sous un cliché, mais, suivant le mode de développement que l'on adoptera, il faut employer à l'exposition, soit un cliché retourné, soit un cliché ordinaire ; nous en donnons l'explication à l'article Développement.
On doit avoir la précaution de préparer le cliché à l'avance, en le couvrant d'un découpé fait avec du papier noir ou rouge ou du papier d'étain : on fixe ainsi la forme et la grandeur de l'image ; il faut éviter également que le pajHer bichromate soit plus grand que le négatif, ou du moins le protéger contre l'action directe de la lumière ; en effet, dans les parties qui seraient soumises à cette action, sans aucune protection, la gélatine passe à un état si complètement insoluble qu'elle perd toute force adhéaive et devient très-difficile à contre-coller pour le développement.
Le temps d'exposition est cinq ou six fois moins long qu'avec le procédé au chlorure d'argent, mais il y a une grande difficulté pour apprécier convenablement le temps de pose, car le papier est coloré en plein. Après
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resposîtjon, rimage n'est nullanent visible, c*esi aa développement seal que Ton peut voir si le temps d'exposition a été convenable ; lorsqu'on vent opérer d'une manière a peu près certaine, il faut employer un photomètre.
M. L. Vidal s'est occupé très-sérieusement de cette question, et il paraît l'avoir résolue d*une manière simple et pratique. Son photomètre est basé sur les colorations successives que prend un papier au chlorure d'argent sous l'influence de la lumière ; pour amener une même coloration, il faut une même somme de lumière, somme qui sera obtenue dans un temps plus ou moins long, suivant l'intensité lumineuse. Étant admise une échelle de teintas lithographiées, graduées depuis le brun clair jusqu'au brun foncé, on compare avec ces teintes celles que prend sous l'influence de la lumière un papier sensible au chlorure d*arç:ent, et, par un ou deux essais préalables, on sait que l'exposition précise d'un cliché correspond à telle teinte pour donner une bonne épreuve avec le papier mixtîonné ; on prend note sur le cliché lui-même du numéro correspondant à cette teinte, et l'on peut ensuite opérer presque à coup sûr, quelles que soient les modifications de la lumière, puisque, en opérant avec le photomètre, il faudra la même somme de lumière pour amener la teinte numérotée du chlorure d'argent et l'impression nécessaire du papier sensible.
DéTeloppement. — C'est la partie la plus délicate du procédé, celle qui a donné lieu au plus grand nombre de modifications ; en effet, l'image que forme la lumière sur une couche sensible, colorée en plein, est invisible; pour la développer, il faut éliminer tout l'excédant de couleur. Pour cela, il suffit théoriquement de mettre la feuille impressionnée dans un bassin d'eau tiède ; la gélatine bichromatée non impressionnée se dissout entraînant en même temps la matière colorante qui y est incorporée, tandis que là où la lumière a agi plus ou moins profondément la gélatine insolubilisée retient des quantités proportionnelles de la matière colorante, ce qui donne le dessin. Mais en pratique, si l'on agit directement, ainsi que le conseillait M. Poitevin, il est impossible d'obtenir les demiteintes ; car, si nous supposons que la teinte foncée nécessite l'insolubilisation de la couche de gélatine, dans toute son épaisseur, celle-ci peut rester adhérente au papier; mais, dans ce cas, la demi-teinte sera formée par Finsolubilisation de la couche gélatinéedansla moitié seulement de son épais-
PPOGÉDfi DIT AU GHABBON. 121
senr et m^e beaucoup moins pour les teintes légères ; la couche du dessous reste donc soluble et l'eau chaude la pénètre, la dissout et la partie supérieure, n'ayant plus aucune attache sur le papier, disparaît dans le lavage en détruisant toutes les demi-teintes. L'image n'existe donc complète qu'à la surface extérieure de la feuille gélatinée : c'est là qu'il faut la saisir. Cette explication des premiers insuccès du procédé au charbon, donnée d'abord par M. l'abbé Laborde, en i858, et par M. Fargier, en novembre 1859, amena toute une série de modifications pour tourner la difficulté, modifications qui peuvent se résumer ainsi :
La coucIie de gélatine bichromatée a deux faces ^ Pune extérieure, l'autre touchant au support; il faut trouver le moyen de développer l'épreupepar la face qui n^apas reçu directement V impression lumineuse.
De là un grand nombre de procédés divers qui tous découlent du même principe et s'enchevêtrent si bien les uns dans les autres qu'ils ne sont souvent que des variantes à peine sensibles.
Dans les uns on prépare pour la gélatine bichromatée un support transparent comme un papier mince ciré au vernis, une feuille de papier dioptrique, une feuille mince de mica ou de collodion cuir, ou le collodion normal versé sur la glace gélatinée, etc., etc.; l'impression se fait à travers ce support transparent, et l'image y reste adhérente après le développement.
D'autres procédés consistent à mettre la mixtion colorée sur un support quelconque, papier, glace ou tissu, à impressionner l'image en mettant la couche sensible directement en contact avec le négatif, et pour le développem^t on commence par coller la face impressionnée sur un subjectile provisoire ou définitif qui saisit l'image faite sur cette face et permet le développement par l'autre face.
Pour plus de facilité, nous avons classé ces procédés en trois groupîfes, suivant le mode d'opérer (•) :
i"* Les procédés sans transfert dans lesquels on reçoit l'image à travers le support ou subjectile de la couche sensible bichromatée; le plus souveot, dans ce cas, on doit employer un négatif retourné ;
(*) Voir à ce sujet notre Rapport sur l'eiposition de 1869, dans le Bulletin de la Société française de Photographie^ où, dans un historique des procédés de la gélatine bichromatée, nous avons admis cette classification en procédés Mûs transfert, à transfert simple, à transfert double.
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2* Les procédés avec transfert simple, dans lesquels Fimpression de l'image est reçue directement sur la couche sensible chromatée et transportée pour le développement sur un autre subjectiie, auquel elle reste adhérente; dans ce cas il faut un négatif retourné, sauf les transferts simples sur glace ou autres matières de parfaite transparence que Ton peut examiner à Tenvers comme à l*endroit;
3*^ Les procédés à transfert provisoire ou double transfert, dans lesquels l'image, reçue directement sur la couche sensible, est transportée pour le développement sur un subjectile provisoire qui est ensuite remplacé par un support déQnitif. Avec ces procédés à double transfert, on peut employer les négatif^ ordinaires.
Nous avons donné, pages 76 et 80, dans un paragraphe spécial, les moyens d'obtenir à volonté les négatifs retournés :
i^ Procédés sans transfert. —Nous rangerons dans ce groupe les modes d'opérer de M. Fargier, M. Blair, M. Schouwaloff, consistant dans Textension de la couche bichromatée sur un papier simple ou ciré, ou verni, ou rendu transparent par une huile essentielle , ceux de M. Despaquis, qui emploie comme subjectile le papier dioptrique, le mica, le collodion cuir transparent ou d'aspect dépoli, pour faire à volonté des épreuves claires et opalines ; celui de M. Soulier, qui prépare son subjectile au moyen d'une couche de collodion, unie à une couche de gélatine insolubilisée. Quels que soient les subjectiles employés, les manipulations restent les mêmes, surtout pour le développement.
On commence par pr^arer la solution de gélatine, ainsi qu'il est indiqué page III, on y ajoute immédiatement la quantité de bichromate soluble, soit de 3 à 4 parties de bichromate de potasse ou d'ammoniaque pour 100 parties de liquide gélatineux; on étend cette préparation sur un quelconque des supports transparents ci-dessus nommés et on laisse sécher dans une complète obscurité. On impressionne en appliquant le cliché sur le subjectile transparent et non sur la préparation sensible, et suivant que le montage de l'épreuve sur bristol sera fait sur le revers ou sur la face, on emploiera un négatif ordinaire ou un négatif retourné, afin que l'image reste dans son vrai sens.
Après un temps d'exposition convenable, qu'une grande habitude peut seulç faire apprécier à défaut du photomètre, l'épreuve est plongée dans