PROCÉDÉ BIT AU CHARBON
une cuve d'eau que Ton maintient entre 3o et 40 degrés G. ; la gélatine restée soluble est peu à peu enlevée par Teau, entraînant avec elle Texcès de matière colorante, et l'épreuve reste adhérente au support sur lequel elle a été préparée.
Lorsque l'épreuve est complètement dégorgée et arrivée au point voulu, on la met dans une cuve d'eau froide, on la lave avec beaucoup de soin, on peut même la passer dans une solution d'alun à saturation pour assurer l'insolubilité complète de la gélatine, surtout dans le cas où le développement a été fait à basse température, et, après un nouveau rinçage, on la laisse sécher. On monte ensuite cette épreuve sur bristol comme une épreuve ordinaire , mais en ayant soin de ne la mouiller qu'au dos pour ne pas altérer la surface imprimée, qui est beaucoup plus délicate que si l'impression avait été faite aux sels d'argent. Quel que soit le mode employé avec ou sans transfert, les précautions pour le développement sont toujours les mêmes (voir p. 127], où les manipulations usitées sont décrites d'une manière plus minutieuse que ci-dessus.
2" Procédés par transfert simple et définitif, — Nous rangeons dans cette deuxième division tous les procédés qui consistent à recevoir l'impression du négatif sur la face bichromatée même, sans intermédiaire, et à superposer pour le développement un support nouveau sur lequel l'épreuve adhérera, sera développée et restera fixée d'une manière définitive. Ce support, qui est presque toujours un papier, peut être préparé de diverses façons. M. Davies, M. Blair (1864) semblent avoir les premiers utilisé dans ce but la coagulation de l'albumine par l'alcool ; M. Marion a proposé la coagulation du papier albuminé par un jet de vapeur, M. Jeanrenaud a adopté la coagulation par l'alcool, suivie au moment du développement d'une immersion dans l'eau bouillante; M. Despaquis à Paris, M. Vidal, M. Jacquemet à Marseille, ont employé le papier couvert de gélatine rendue insoluble par la double action du bichromate de potasse et de la lumière; il est même possible, mais difficile, de s'abstenir de toute substance adhésive étrangère ; si la solarisation n'a pas été complète, si le développement n'a pas été poussé à une trop haute température, la, gélatine reste assez agglutinative pour adhérer seule aux divers supports sur lesquels on l'applique.
Dans tous les procédés à transfert simple, l'épreuve terminée est ren-
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versée si Ton se sert d'un négatif ordinaire; il est donc nécessaire que le négatif soit préalablement retourné, excepté cependant si cette épreuve est transportée et doit rester sur glace, parce que dans ce cas c'est la glace elle-même que Ton retourne.
Parmi les procédés à transfert simple, nous décrirons seulement ceux de M. Marion et de M. Jeanrenaud, qui n'offrent entra eux que de trèsfaibles différences.
La préparation première est faite comme nous l'avons expliqué dans les précédents paragraphes ; on impressionne directement sur la couche sensible, puis on procède au développement.
Dans le procédé de M. Marion, on commence par laver l'épreuve à plusieurs reprises dans l'eau froide, pour enlever tout le bichromate de potasse; le papier est alors complètement détendu et la gélatine trèsgonflée ; on pose l'épreuve face en dessus sur quelques doubles de buvard placés sur une glace épaisse, on prend d'autre part une feuille de dimension égale de papier albuminé, dont l'albumine a été coagulée par la chaleur (ou par l'alcool], on pose la feuille sur un bain d'eau, l'albumine en dessus, et, quand elle est devenue plane, on l'enlève, et, appliquant un des bords de la feuille albuminée sur le bord de la feuille gélatinée, on étend les deux feuilles l'une sur l'autre en les comprimant, soit avec une raclette de caoutchouc, ou mieux encore avec un rouleau spécial en fonte. On presse en tous sens et l'on obtient une adhérence parfaite. Il faut éviter avec le plus grand soin l'interposition des bulles d'air qui formeraient autant de taches. On comprime légèrement ces feuilles, soit à la presse, soit au rouleau, et on laisse sécher. Les feuilles, ainsi contre-collées et sèches, sont mises dans l'eau tiède à 3o degrés environ ; on attend que la séparation des deux feuilles se fasse pour ainsi dire d'elle-même, l'image reste sur le papier albuminé ; on la termine en modifiant plus ou moins la température de l'eau, suivant la nécessité du dégorgement, on lave ensuite et on laisse sécher.
M. Jeanrenaud nous paraît avoir simplifié ce procédé en opérant de la manière suivante :
L'épreuve insolée étant sortie du châssis, on l'étend face en dessous sur une glace forte et l'on passe sur le dos, à plusieurs reprises, une éponge humide : l'humidité détend le papier et rend la gélatine adhésive,