‹ Les progrès de la photographie: résumé comprenant les perfectionnements apportés aux diversChapitre 4 sur 22 · MATÉRIEL. - ATELIER · texte numérisé non relu

MATÉRIEL. - ATELIER

La plupart des instruments photographiques sont déjà connus de nos lecteurs, ils n'ont subi que des modifications de détails sans importance, et nous ne nous arrêterons ni sur les chambres plus légères pour les excursions, ni sur les laboratoires portatifs mieux disposés.

Objectifs. — Seuls les objectifs font exception, et l'on peut constater de très-notables progrès dans leur fabrication, surtout pour les objectifs construits en vue d'une application plus particulièrement déterminée : tels sont les objectifs dits rectilinéaires , grand-angulaires y panoramiques, hémisphériques, aplanétiques, etc.

Tant que l'on reste dans les conditions ordinaires et que l'on veut obtenir ou le portrait, ou, les vues artistiques de paysage, ou les petites reproductions, les deux types d'objectifs, en quelque sorte fondamentaux, sont encore l'objectif double et l'objectif simple. Pour le portrait dans l'atelier, le seul objectif à employer est donc toujours l'objectif double, auquel on doit demander la plus grande netteté et la plus grande lumière possibles ; mais nous croyons devoir prémunir les photographes contre la tendance à chercher l'augmentation de la rapidité par l'augmentation du diamètre des lentilles, lorsque ce diamètre doit excéder environ 4 pouces, soit o™, 102; car ces objectifs à large ouverture ont le grave inconvénient, outre leur prix très-élevé, de donner des vues qiji sont d'autant plus fausses pour nos yeux que l'instrument est plus rapproché du modèle. En efifet, nous devons admettre que toute la surface du verre est utilisée et travaille, ou il serait inutile de la prendre aussi grande; alors, comme l'a si bien fait observer Bertsch, cet objectif voit le modèle,

comme nous le verrions nous-mêmes si nous portions alternativement la tète à droite et à gauche, c'est-à-dire qu'il aperçoit une succession de plans autre que celle perçue par nos yeux; ainsi, dans un portrait oii la disposition de la pose ne nous laisserait voir qu'une oreille et à peine le commencement de l'autre, un large objectif nous montrera les deux oreilles, élargira l'image en l'aplatissant, et le résultat choquant sera antiartistique. On corrige, dit-on, cette déformation par les diaphragmes ; mais, si l'on met le diaphragme à l'extérieur, cela correspond à diminuer le diamètre de la lentille antérieure, puisque dans les objectifs doubles ces diaphragmes sont presque appliqués sur le verre ; si on les met à l'intérieur et s'ils laissent passer les rayons reçus par les bords de la lentille, la déformation persistera et l'objection restera la même : ou le grand diamètre donnera une image qui ne sera pas conforme à celle que nous voyons, alors mieux vaut ne pas l'employer ; ou par les diaphragmes co grand diamètre devient inutile, alors mieux vaut ne pas le payer.

Donc le diamètre des lentilles ne devrait pas excéder o™,io2 ou 4 pouces, ce qui est déjà trop pour des poses rapprochées; on doit chercher la rapidité dans l'excellence de la fabrication et dans la bonne préparation des produits. Pour faire de grandes épreuves, on doit se contenter de prendre des foyers plus longs, ou, ce qui vaudra mieux encore, il faut faire une excellente épreuve moyenne non déformée en employant un foyer convenable et agrandir cette épreuve modérément.

Pour le paysage, l'objectif simple a été bien délaissé depuis quelques années, et cependant il est excellent tant qu'on ne veut pas embrasser une vue trop étendue ; convenablement diaphragmé, il donne la netteté, la finesse, la succession des plans et une rapidité suffisante; lorsqu'on emploiera les autres objectifs pour obtenir plus que ne peut donner l'objectif simple, ce sera toujours par quelques compromis où l'une de ces qualités sera sensiblement sacrifiée pour obtenir l'autre. La grande étendue s'obtiendra au détriment de la rapidité et réciproquement.

Le photogmphe paysagiste doit avoir à sa disposition divers objectifs pouvant répondre aux diverses conditions dans lesquelles il se trouve. Voici, à ce sujet, quelques avis que nous croyons pouvoir donner d'après notre propre expérience.

Les conditions normales et artistiques d'une vue doivent être telles que

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Tangie embrassé, c'est-»à-dire formé par les lignes partant des deux points écartés de l'ensemble que l'on veut prendre et venant aboutir à l'objectif, soit de 35 à 45 degrés environ; pour cela l'objectif que l'on emploie doit avoir un foyer qui soit environ moitié plus long que le grand côté de la glace dépolie, soit un foyer de o™,4o pour une épreuve de o",27 de côté. Ces rapports ne sont pas absolus et peuvent varier en plus ou en moins; nous donnons une moyenne. Si la vue est trèsétendue, si elle embrasse un cinquième ou même un quart de l'horizon, il faut, soit un objectif spécial, soit une chambre panoramique tournante; nous ne saurions conseiller de faire les frais de cette dernière, à moins que ce ne soit à un photographe de profession ; ajoutons que les épreuves prises dans ces conditions sont toujours déformées, les lignes horizontales sont courbées sur la reproduction, et nous préférons beaucoup la chambre ordinaire avec un de ces objectifs dits panoramiques^ grand-cmgU" laires, hémisphériques , etc. Ces objectifs, lorsqu'ils ont été construits par de bons opticiens, ont de grandes qualités comme finesse, rectitude de lignes, amplitude de l'angle embrassé, mais il faut les employer avec discernement. Lorsqu'on demande à un objectif de couvrir une surface telle que l'angle embrassé soit de 75 à 80 degrés ou môme plus, la perspective est généralement faussée, les derniers plans sont trop petits relativement aux premiers ; mais, en coupant cette vue sous la forme longue de panorama, le résultat est meilleur que celui qu'on obtient avec les chambres spéciales.

L'objectif panoramique doit avoir un foyer qui soit égal à peu près à la moitié du côté de la glace dépolie (moitié de la largeur de l'image) : ainsi, pour une épreuve de 0^,27, il faut environ o", 14 de foyer. Ce très-court foyer rend encore des services lorsque, n'ayant pas le recul convenable, on veut obtenir un point de vue malgré les défauts qui résulteront de ce manque d'espace ; il est également précieux pour les vues d'intérieur, que le plus souvent on ne pourrait obtenir autrement. Ces objectifs peuvent aussi être employés comme l'objectif simple, pour des vues embrassant 35 à 40 degrés; ils sont très^bons, mais ils donnent alors à grands frais ce que l'on obtient avec un objectif de prix beaucoup moins élevé.

Il est bon d'avoir un troisième objectif pour les circonstances où, ne pouvant se rapprocher suffisamment de l'objet à reproduire, les précé-

dents donneraient des épreuves trop petites. Il faut le choisir d'une longueur focale qui représente 2 fois ou 2 1 fois le côté de l'image cherchée, soit un foyer de o"',6o environ pour la vue de o",a7 de côté : un objectif simple remplit très-bien ce but, et, le plus souvent, une seule des lentilles de l'objectif combiné à court foyer pourra être utilisée dans ces circonstances.

Le voyageur photographe doit donc avoir au moins trois objectifs de foyers très-différents, et choisis proportionnellement à la dimension des épreuves qu'il veut faire. La proportion doit se calculer sur la longueur focale comparée au côté de l'épreuve; cette longueur focale doit être environ i pour les panoramas, i { pour les vues ordinaires, 2 à 2 1 pour les cas exceptionnels d'éloignement.

n est possible qu'un seul objectif combiné réunisse deux de ces conditions, sinon les trois. Nous citerons comme exemple celui des objectifs grand-angulaires rectilinéaires de M. Dallmeyer, qui est formé par la combinaison de deux lentilles, l'une ayant 0,40 de longueur focale, qui servira employée seule pour les vues ordinaires et couvrira très-bien une glacer de o,3o et même o,35 de côté; l'autre ayant o,3o et pouvant être utilisée pour eftibrasser un angle de 5o degrés; les deux combinées ont 17% 5 de foyer et constituent un objectif panoramique , qui, pour les intérieurs de monuments , les galeries, etc., peut embrasser jusqu'à 90 degrés; mais alors le diaphragme doit être d'autant plus petit et la pose d'autant plus longue que l'on cherche à couvrir une plus grande étendue.

Nous citerons également comme objectifs très-commodes pour le paysage la trousse universelle de M. Darlot ( ' ), comprenant une série d'objectifs simpies, de courbure spéciale et pouvant se visser sur une même monture, de telle manière qu'on peut les eipployer tantôt simples, tantôt combinés les uns avec les autres, et réaliser très-approximativement le foyer nécessaire. Lorsqu'on emploie ces objectifs, se combinant les uns avec les au-

(*) Nous devons encore mentionner en France les objectifs de M. Derojy, de M. Fleury-Hermagis, de MM. Gasc et Charconnet, etc. Nos opticiens français fabriquent bien, à des prix très-abordables; les objectifs anglais de M. Dallmeyer et de M. Ross (triplets, grand-angulaires, rapides, etc.), les aplanétiques allemands de M. Steinheil sont de fabrication très-soignée, mais de prix trèaéleTés.

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très, on connaît approximativement la longueur focale résultant de la combinaison en additionnant le foyer des deux objectifs et en prenant le quart du total : ainsi, en combinant une lentille deo™,4o avec une de o",3o, on a une somme de o"*,7o; le foyer serait à peu près le quart, soit 0,176.

Lorsque le but principal du travail photographique est la reproduction architecturale ou celle des cartes et plans, qui demande la parfaite rectitude des lignes et la rigoureuse proportion de Tensemble, on devra employer de préférence les objectifs aplanétiques, les triplets ou les objectifs rectilinéaires. Ces instruments choisis, d'un foyer convenable, sont aussi très-bons pour faire le paysage; mais, si l'on ne peut les dédoubler comme nous l'avons indiqué ci-dessus, leur prix élevé en limite d'autant plus l'emploi que nous venons de voir la nécessité, pour le paysagiste, d'avoir plusieurs instruments pour répondre aux diverses conditions dans lesquelles il peut se trouver.

Gherchenr focimétriqne. — Il est nécessaire que le photographe voyageur puisse de suite déterminer l'ensemble de la vue à prendre, la place où il doit installer son appareil et qu'il connaisse sans hésitation l'objectif ou mieux la longueur focale nécessaire pour obtenir approximativement l'ensemble et l'effet cherché. Nous avons fait construire, à cet effet, un petit appareil, dit chercheur focimetrique^^nxiQ grande simplicité, bien qu'il ait été peu compris jusqu'à ce jour.

Comme tous les autres chercheurs, cet appareil sert d'abord à trouver le point de vue, à composer, en quelque sorte, le tableau ; il est formé de deux platines, dont l'une, percée d'une fente par laquelle on regarde, reste fixe, tandis que l'autre se meut sur une tige en encadrant une portion de l'espace d'autant moins grande qu'elle s'écarte davantage; en éloignant plus ou moins ces deux platines, on isole, on encadre la partie que l'on veut reproduire, on examine la place qui semble la plus favorable, on recule, on se rapproche suivant l'importance que l'on veut donner à telle ou telle partie, et, une fois le tableau composé sur nature, l'objectif doit en donner une image complète, et pour cela il doit être de foyer convenable, assez court pour embrasser complètement l'ensemble, assez long pour ne pas prendre plus que cet ensemble, et perdre ainsi inutilement sur la dimension.

Le chercheur focimétrique a justement pour but de déterminer quelle

8 LU PKOGltS PE U rROTOfiltraiB.

■toit être la longnear focale de l'objectif par rai^rt à la grandeur de l'épreoreqae l'on veut obtenir; il saffit, pour connaître cette longueur, de regarder sur l'inslrament à quel chifte s'arrête le petit indicateur qui nurcbe avec la platine mobile qui sert de cadre au sujet à reproduire. Ce chiffre représente le rapport entre la longueurfocale nécessaire et le grand côté de l'épreuve pris comme unité. Supposons que l'indicateur s'arrCle sur le chiffre i ; : cela veut dire que l'objectif k emfJoyer doit avoir un foyer se rapprochant de i \ fois le c6lé de la glace dépolie ou mieux de l'épreuve que l'on veut obtenir; si la glace a o,ao de cdté, l'objectif devra

avoir o,3o. Si elle a o,i j, il devra se rapprocher de o,ai ; si l'indicatenr s'est arrêté sur le chiffre {, pour une glace de o,io il faudra un objectif deo,i5; pour une glace de 0,14 il faudra environ o'',iiS, et ainsi de suite. Atelier. — Les autres parties du matériel ne nous présentent aucune modification importanlfi. On a proposé divers modèles de construction pour rate]ier,et les avis sont très-partages; selon nous, cette question peut se résumer d'une manière bien simple : un grand atelier de hauteur moyenne, largement éclairé du haut et des côtés latéraux, fermé au nord et au sud, nous paraît réunir les meilleures conditions : longueur pour ne pas être forcé d'exagérer les courts foyers, largeur pour permettre de disposer le modèle et la chambre noire dans les sens les plus divers, excès de lumière parce qu'il est toujours facile d'en retirer et qu'un opérateur

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de goût saura, au moyen de quelques rideaux et de divers systèmes d'écrans et de fonds, disposer son éclairage dans tel sens qui lui conviendra le mieux. L'étude de l'éclairage et de la pose est une question d'art fort difficile sur laquelle nous nous déclarons incompétent ; l'opérateur doit en faire sa préoccupation constante. On peut consulter, à ce sujet, les Ouvrages de MM. van Monckhoven, Liebert, la brochure spéciale de M. Klary, mais surtout faire de nombreux essais par soi-même et bien connaître le jour ou les jours divers de son propre atelier; des règles absolues sur ce sujet tendraient à jeter tous les portraits dans le même moule, tandis qu'un opérateur véritablement artiste doit varier ses poses et son éclairage.

De l'avis d'un grand nombre de photographes, la rapidité obtenue d'abord dans un atelier nouvellement construit va diminuant avec le temps ; il y a deux causes à ce ralentissement : la première, qu'il est facile de combattre par des nettoyages énergiques et fréquents, est due au dépôt des matières étrangères, de bistre, etc., amenées par l'atmosphère; la seconde provient de l'altération même de la matière vitreuse, altération étudiée et mise en évidence par M. Gaffield.

Le verre à vitre blanc et surtout celui qui est très-légèrement teinté de vert dans la masse, comme ils le sont presque tous si on les regarde sur la tranche, ne tardent pas à prendre une faible teinte jaune par l'action de la lumière, teinte inappréciable à l'œil, mais qui suffit cependant pour ralentir sensiblement la rapidité des opérations photographiques; cette teinte jaune est transitoire : après quelques années, la transformation est complète et la coloration jaune disparaît. Les verres très-légèrement violacés, par suite de l'introduction dans la pâte d'une faible quantité d'oxyde de manganèse, ne présentent pas les mêmes inconvénients; il s'en trouve accidentellement parmi les verres du commerce : ils devraient être spécialement recherchés toutes les fois qu'on n'emploie pas les vitrages bleus.

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