‹ Les progrès de la photographie: résumé comprenant les perfectionnements apportés aux diversChapitre 6 sur 22 · ÉPREUVES NÉGATIVES. — • GOLLODION HUMIDE · texte numérisé non relu

ÉPREUVES NÉGATIVES. — • GOLLODION HUMIDE

pas reçu alors foute Tatteiition qu'ils méritaient, étaient donc parfaitement logiques et s'appuyaient sur cette théorie ; par un simple lavage et en laissant les glaces dans Teau distillée, M. Mongin les conservait pendant un temps indéterminé et il obtenait, même après dix jours de préparation, une sensibilité au moins égale, sinon supérieure, à celle des préparations au collodion humide ordinaire; dans ce procédé, les glaces ooavertes d'un collodion iodobromuré, sensibilisées avec soin et bien lavées, sont mises dans une auge de gutta-percha disposée avec des rainures comme une boîte à glaces ; cette auge est renfermée elle-même dans un seau de même substance hermétiquement fermé. L'auge et le seau remplis d'eau distillée communiquent par quelques ouvertures, de manière à permettre aux mouvements de l'eau de se faire doucement sans déchirer les couches sensibles.

Sutton fit un pas de plus dans cette même voie, et, dans une brochure publiée à Londres en 1873, il a résumé, sous le titre de Nouveau procédé au collodion humide^ l'ensemble des essais faits par lui depuis 1868.

n reconnaît que, pour accroître considérablement la sensibilité du collodion humide , il ne suffit pas d'éliminer le nitrate d'argent ; car, si on enlève un liquide rebelle à Faction lumineuse, on enlève également le corps capable d'accélérer la réaction par son affinité pour l'iode et le brome ; il faut donc après le lavage ajouter une substance organique possédant cette même affinité ou même accroître cette affinité en donnant à cette matière une réaction alcaline. En i863, M. Bartholomew avait déjà conseillé l'emploi d'un préservateur alcalin, mais seulement

pour les préparations sèches ; il donnait la formule :

Gélatine a^^

Eau aSo*'*

Carbonate de soude 1 à 5«'

C'est en suivant ces principes que Sutton publia une série de conseils et de formules qui ne sont pas encore entrés dans la pratique courante du laboratoire et qui pourtant méritent de sérieux essais.

Formules. — Faire un bon collodion normal avec la quantité de coton convenable, de l'éther anhydre et de l'alcool très-concentré, y ajouter 2»',3o de bromure de cadmium desséché; il est nécessaire que la

couche soit très-opaque pour avoir toute sa sensibilité. Le bain d'argent doit être fait avec du nitrate très-pur et neutre à la dose de i6 grammes pour loo centimètres cubes d'eau au moins; on y ajoute une ou deux gouttes d'acide nitrique par loo centimètres cubes du bain pour neutraliser l'oxyde d'argent libre qu'il pourrait contenir ; la glace plongée dans ce bain y reste le temps nécessaire pour que la double décomposition puisse s'opérer : on ne doit pas craindre de la laisser trop longtemps, l'essai ayant démontré qu'elle était encore très-bonne après vingt-quatre heures d'immersion.

Après la sensibilisation, on lave la glace avec soin dans l'eau de pluie ou dans l'eau distillée et on la place dans une grande cuvette ou une auge à rainures où elle demeure jusqu'au moment de l'emploi.

Lorsqu'on veut utiliser la glace, on la retire de la cuvette, on la rince sous un filet d'eau de pluie ou d'eau distillée, on égoutte et l'on choisit la solution organique de recouvrement suivant la sensibilité que l'on veut obtenir.

Si l'on ne cherche pas une extrême rapidité, on fait le recouvrement avec I partie d'albumine additionnée de 3 à 6 parties d'eau; si l'on veut le plus haut degré de sensibilité, on prend o^^Go de bonne gélatine (gélatine de Nelson), que l'on fait dissoudre dans loo centimètres cubes d'eau distillée ; on y ajoute o*'",2o de carbonate de soude. Ces solutions doivent être employées fraîches ; elles ne se conservent ni l'une ni l'autre.

Si l'on ne doit pas employer la glace immédiatement, si on veut la conserver quelques heures, soit avant, soit après l'exposition, il suffit de remplacer par de la glycérine pure la moitié de la quantité d'eau indiquée ; la glace se conserve en très-bon état pendant vingt-quatre heures au moins ; avec ces préparations, on obtient une sensibilité bien supérieure à celle du collodion humide.

Pour le développement, on prépare les solutions suivantes :

1° Bromure de potassium i*""

Eau distillée loo"

a" Ammoniaque liquide concentrée i^

Eau distillée iP

fiPRBUTBS NÉ6ATITES. ^ — COLLODIOK HUMIDE. 25

Mettez dans un verre gradué 3o centimètres cubes d'eau pure, deux gouttes de la solution de bromure de potassium n® 1 et o*'",io d'acide pyrogallique (environ) . Lavez la glace à l'eau distillée, ajoutez au mélange ci-dessus une goutte ou deux de la solution ammoniacale n° â, versez doucement sur la glace et promenez une minute ou deux sur toute la surface: l'image apparaîtra avec une légère teinte rougeâtre. Ajoutez dans le verre une goutte de bromure de potassium, une goutte d'ammoniaque, mélangez avec le révélateur, versez de nouveau sur la glace et répétez cette opération jusqu'à ce que l'image soit suffisamment intense. N'ajoutez l'ammoniaque que par gouttes avec beaucoup de précaution pour ne pas voiler l'image d'une manière irréparable. En doublant les doses, on peut diminuer de moitié le temps nécessaire au développement, mais on augmente proportionnellement les tendances de l'image à se couvrir d'un voile général.

On lave, on fixe, on lave bien de nouveau et l'on remonte l'épreuve avec les procédés usuels s'il est nécessaire.

Quelque nombreuses et ingénieuses qu'aient été et que soient encore les diverses inventions pour opérer au collodion humide en pleine campagne, il est peu d'opérateurs, à part les photographes de profession, qui ne préfèrent les procédés secs.

Mais ces procédés ont aussi leurs inconvénients et l'on est encore à la recherche d'un coUodionr sec réunissant la facilité des manipulations et la rapidité du collodion humide^

Les défauts du collodion sec, à moins qu'il ne soit employé par des mains très-expérimentées, sont en général plus de lenteur dans l'impression, un peu de sécheresse dans l'ensemble, une opposition trop accentuée entre les clairs et les ombres, souvent le manque partiel ou total d'ad" hérence de la couche sensible sur la glace, l'impossibilité de connaître immédiatement le succès ou l'insuccès; enfin les préparations et le développement demanden& plus de soin et plus de temps que pour le collodion humide.

* Nous pouvons dire, d'une manière générale, qu'actuellement on remédie â la plupart de ces défauts ; mais cependant il n'a pas encore été possible de s'arrêter à un procédé fixe, uniquej qui puisse, comme le collodion humide, réunir tous les avantages ; de là un nombre considérable de procédés très-différents les uns des autres, parmi lesquels nous choisirons les principaux ; pour l'étude des autres, nous renvoyons aux diverses publications périodiques, comme le Bulletin de la Société française

fiPREUYES NÉGATIVES SUR PRËPÀRATIOMS SÈCHES. 27

de Photographie^ le Moniteur de la Photographie , le bulletin belge, etc., dans lesquels nos lecteurs trouveront tous les renseignements et une abondance de formules souvent semblables, dont la multiplicité nuirait à la clarté désirable de notre Ouvrage.

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