PRÉFACE. IX
de la science : non ce que dit tel ou tel auteur, mais les vérités économiques plus ou moins bien constatées et confirmées par l'expérience, auxquelles nous avons naturellement ajouté le résultat de nos propres réflexions et de nos propres observations. C'est d'après ces réflexions et ces observations, fortifiées par nos études antérieures, que la première partie de chaque chapitre a été écrite. Quand ce morceau était rédigé, nous avons relu dans les auteurs, souvent dans cinquante à soixante ouvrages, les passages relatifs à la matière qui venait d'être traitée, d'une part, pour réparer les omissions (assez rares) que notre exposé pouvait présenter ; de l'autre, pour choisir les auteurs dont les travaux paraissaient les plus propres à élucider et à approfondir le point de doctrine en question. Nous nous sommes le plus souvent arrangé de façon à rapprocher les doctrines qui se complètent mutuellement. Beaucoup d'ouvrages ont été consultés et peu ont été cités. Nous ne pouvions pas les introduire tous ; d'abord, parce qu'ils sontbien nombreux; puis, parce que souvent les mêmes propositions avaient été adoptées par plusieurs auteurs, il n'y avait aucun intérêt à multiplier les répétitions, mais nous avons soigneusement reproduit les idées neuves, ou seulement différentes des autres, et surtout celles qui sont soutenues par quelque argument. L'exposé des doctrines des divers auteurs, et la discussion de leurs arguments forme la 2^ partie de chaque chapitre, elle est imprimée en caractères plus petits.
Voici l'ordre dans lequel se suivent les auteurs : Adam Smith (quelquefois précédé des physiocratesou de quelques auteurs antérieurs), et, s'il y a lieu, suivi de Ricardo et Malthus, forme généralement le point de départ de l'histoire des doctrines; puis viennent les Français, les Anglais modernes et les Américains, les Allemands, les Italiens, d'autres s'il y a lieu. Pour les auteurs d'un même pays nous n'avons pas arrêté de classement rigoureux, mais l'ordre n'est pas arbitraire, nous avons tenu compte, eu partie de la chronologie, et en partie des nuances d'opinion.