VIII PRÉFACE
prédécesseurs ne l'ont fait, et que ce travail d'analyse minutieuse ait parfois produit des résultats utiles; d'ailleurs, en écoutant plus souvent le chaleureux et complaisant sentiment (père des illusions), que la froide et fatale raison (ennemie des illusions), on a quelquefois découvert des points de vue qui méritaient d'être signalés; d'aulres fois sans doute on a propagé de dangereuses erreurs. En nous donnant la tâche de résumer et de faire ressortir les progrès réalisés depuis Adam Smith, et surtout dans ces cinquante dernières années où nous avons suivi le mouvement jour par jour, où nous l'avons vécu avec nos contemporains des divers pays, nous avons eu garde d'oublier ce qui s'est t'ait chez nos rivaux et nos émules.
Nous ne sommes pas de ceux qui croient devoir s'humilier dans leur préface et se déclarer indignes de paraître devant le public. Nous pensons honorer davantage ce toutj)uissant juge en lui montrant que nous sommes convenablement préparé à entreprendre une Revision des doctrines économiques émises depuis Adam Smith. Voilà près de cinquante ans que nous les étudions sans relâche, nous avons consulté tous les bons ouvrages écrits dans les principales langues de l'Europe, nous avons suivi la littérature périodique qui a recueilli des travaux remarquables, des monographies bien étudiées, nous avons cultivé les sciences accessoires et leurs applications pratiques, et surtout, nous avons observé les faits, qui n'ont pas manqué dans notre époque agitée. C'est ainsi armé, ne cherchant que la vérité et sans parti pris de doctrine — ce qui veut dire, très disposé à accepter toute nouveauté qui aura fait ses preuves — que nous avons entrepris, il y a quelques années, le travail que nous soumettons aujourd'hui au lecteur.
Nous ajouterons quelques explications sur la méthode que nous avons suivie dans la rédaction de ce travail, dont le plan a été médité. Nous avons divisé chaque chapitre en deux parties, qui se distinguent typographiquement. La première partie, qui est imprimée en caractères un peu plus gros que le reste, représente l'état actuel