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Les progrès du XIXe siècle [microforme]

Le dix-neuvième siècle vient d’expirer. Ce siècle l’émporte non-seulement sur chacun de ses prédécesseurs, mais sur leur totalité.

Les progrès accomplis durant cette * seule période de cent ans, sont plus nombreux et plus importants que tous ceux qui, jusqu’en l’an 1801, étaient, soit par tradition, soit par le véhicule de manuscrits et d’imprimés acquis à l’humanité.

Les explorations géographiques, les fouilles historiques et scientifiques de Pompéïi, du Mexique, du Yucatan, d'Egypte, de la Grèce et te l’Italie en général, en font foi.

Il y a déjà trois siècles Copernic devinait le système solaire, Uallilée inventait le télescope ; Toricelli faisait pressentir le phénomène de la pression atmôsphériune dont la découverte conduisit tout naturellement à l'invention des pompes aspirantes et foulantes, du baromètre et du thermomètre. En effet, n'est-ce pas par le vide qui se produit dans un tube fermé à une extrémité, et dont on chasse l'air, que la pression atmosphérique réagit et remplit le tube, de mercure, d’eau, etc.

Guttenberg avait découvert l’imprimerie, Harvey la circulation du

sang, Janner, la vaccine.

Quant à l'antiquité, elle nous” avait déjà démontré la possibilité de détacher d'énormes blocs de pierre, de les transporter à des distances et de les hisser à des hauteurs considérables.

Quant à leurs moyens d'action, les anciens n’en ont laissé «ucunes traces. Cependant on peut en deviner quelque chose. Ils procédaient tout probablement en utilisant le plan incliné dans la proportion disons de dix pour un, et en économisant par là même la main-d'oeuvre à employer pour la traction et l'élévation du poids, c’est-à-dire en réduisant à un.

dixième de lui-même le poids à faire mouvoir. Pour le transport à distance, on employait les moyens d'action d'aujourd'hui : laisses, longrines armées de rails de ‘er, avec sphères en métal pour éliminer le frottement entre les deux corps cylindriques ou surfaces planes. C’est ainsi que le rocher ou cai lou qui sert de piédestal à la statu: de Pierre-le- Grand en Russie, a été transporté il y a un siècle et trois quarts sur une distance de cent milles : ce rocher ou caillou n'avait cependant que quarante pieds carrés, vingt pieds d'épaisseur ou hauteur, et un poids d’un peu plus de deux mille tonneaux.

Les pierres qui, à Karnac, couronnent les colonnes à une hauteur de soixante pieds du sol et qui mesurent quatre-vingts pieds de longueur, plus ou moins, et dix pieds carrés ou huit mille pieds cubes, ont été mises en place au moyen d’un plan incliné de six cents pieds de longueur et soixante pieds de hauteur ; ce qui réduisait à soixante tonnes au lieu de six cents tonnes le poids à élever.

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