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Pour mettre les obélisques sur pied, c'est encore le plan incliné que l’on utilisait ; mais, il faut dire qu’alors on connaissait aussi le centre üe gravité ; au lieu de procéder comme on l’a fait depuis à Rome et en France, pour remettre sur leurs bases des monolithes importés d'Egypte, on construisait des échafaudiges de pleine hauteur pour y fixer les appareils de hissage ; on eut dû construire dans chaque cas, si l’on y eut pensé un plan incliné ayant à peu près le tiers de la hauteur du monument, o’1 un peu plus du tiers, (car le tiers inférieur de l’obélisque avait autant de noids que les deux autres tiers de la colonne), rouler le monolithe le gros bout le premier sur ce plan incliné jusqu’à son centre de gravité ; le 1nonolithe se seraittrouvé en équilibre au sommet du plan incliné; avec une légère poussée, la base emportant le reste du monolithe, celui-ci, avec certaines mesures de direction, aurait alors glissé sur le piédestal qui lui était destiné.
L’obélisque une fois en position, on détruisait les échafaudages. Les anciens utilisaient-ils le plan incliné, comme je viens de la décrire. C'est possible. Quoiqu'il er puisse être, on reste étonné devant leurs constructions, et l’on se demande encore quels étaient leurs modes d’opération.
Ces travaux des anciens se caractérisent plutôt par la force physique qu’on a dû y déployer que par l’ingéniosité des leviers et des engins modernes : la pompe hdraulique, par exemple, au moyen de laquelle on fait mouvoir, on élève des poids dix fois, cent fois plus lourds que ne le faisaient les anciens. A Menai, en Angleterre, par ce moyen, on a pu hisser à une hauteur de cent pieds, quatre tubes de fer, de 464 pieds de longueur, du poids d’environ cinq mille tonnes chacun, c’est-à-dire le poids d’une des frégates anglaises de l’époque, avec tout son équipage et centvingt canons.
Au point de vue des lourdes masses à manier, nous avons donc aujourd’hui des moyens surérieurs à ceux de l'antiquité.
Mais là où les anciens sont nos maîtres et le seront toujours, c’est en architecture, en sculpture, et en pein-
ture. Grecs et Romains nous ont laissé d’iñnimitables chefs d’oeuvres à ce triple chapitre. On n'’'inventera rien de plus beau que le chapiteau corinthien.
Le ciseau de Phidias, et les pinceaux de Raphaël et de Michel-Ange, n’ont pas encore eu de rivaux.
C'est encore au siècle qui vient de finir que nous devons la pile de Volta, matrice originale de l’énergie électrique, la machine à fabriquer le papier, un cylindre, véritable dévidoir sans solution ff: continuité ; avant cela, le papier se fabriquait à la feuille.
En 1801, parut le premier automobile à vapeur, celui de Trevetick. Intrigué par cette invention, en 1844, alors que j'avais dix-sept ans, et que j'étais élève du séminaire de Québec, ja confectionnai moi-même, un automobile à deux cylindres, en collaboration avec un compagnon de mon âge, le jeune Molt, fils de Théodore Molt, alors organiste de la cathédrale de Québec. Nous fîmes dans le temps maintes excursions dans les rues assez mauvaises de Québec. Que dis-je, nous fîmes des promenades au Cap Rouge, au Sault Montmorency et en bien d’autres endroits autour de Québec. Mais, hélas ! il y aura toujours des gens pour vous empêcher de danser en rond. La police d’alors, ou plutôt la magistrature aussi impitoyable qu’elle l’est aujourd’hui, intervint au nom de l’ordre public.Notre véhicule était devenu le sujet de nombreuses plaintes. La fumée qui s’échappait de la cheminée de l’automobile faisait peur aux chevaux.
On fit tant et si bien qu’il me fallut vendre l’automobile à un individu qui n’eut rien de plus pressé que de le démonter et de transporter bouilloire et cylindres à bord d’une ‘“haloupe qu’il utilisa plus tard comme remorqueur. ‘“Sic transit gloria mundi.” Mon véhicule était devenu amphibie ; de la terre il était passé à la plaine liquide.
En 1802, en Angleterre, il xistait déjà des petits remorqueurs à Vapeur sur la Clyde.
Cette année là vit l'invention de la machine à planer ou la varlope de Bramah.
En 1883, arrivent les expérisnces
pue dans l'application thérae de l'électricité.
nt ces premières années du le, dans la chimie, découvertes veaux métaux. On augmente des corps simples. In 1389, l’aluminium ; ce metalloide tait d’abord de $6.00 à 48.00 coûte aujourd’hui à peine quelus la livre. On l’emploie par- il faut une combinaison de t de légèreté.
12, Londres était pour la preois éclairé au gaz de houille, Jtats-Unis nous apportaient la pie.
14, le ‘“ Times,” de Londres, se imprimer sur la presse à ent rotatoire de Konig—nous apparaître la locomotive de enson, l’héliographie de Viekaléidoscope de Brewster, en bicycle de Dragine, ja matricoter circulaire de Brunel, L8, l’électro-magnétisme de
21,Farada y applique le courant ue au mouvement mécanique, ad le problème de la liquéfacs gaz et de leur solidification. 25, le premier convoi de voya- Jar voie ferrée entre Stock- Darlington, en Angleterre.Etufonctionnement de l'estomac la digestion par De Beaumont, sujet complaisant, Alex. San qui avait une fissure latérale De Beaumont pouvait ‘aire ses tions et traiter son patient.
la même année, d’autres méiennent grossir la liste de i sont déjà connus.
1818, production artificielle oule de composés organiques.
829, l’invention de Daguerre, ion de l’image sur le papier intermédiaire de la lumière.
on, ne bougeons plus, disait it, le précurseur de la photo- Découverte par Faraday de ion magnétique.
31, l'aube de l’ère télégraphivisible entre les mains de ainsi que celle du moteur élec- —Découverte du chloroformaé thrie, et Dieu sait, quel sermense il a rendu à l’humanité.
de cela on voit apparaître heuse de McCormick.
En 1833, le premier bateau à vapeur qui traverse l’Atlantique est le “Royal William ”. 11 part de Québec ; quoique les Américains prétendent que c’est un de Jeurs bateaux, le ‘ Savannah-”, qui a inauguré la nabvigation océanique en 1819. L'histoire a jusqu'ici donné la palme au Canada.— La même année, Laennec se livre à des expériences d’oscultation médicale, qui nous valent le stéthescope.
Depuis 1831 jusqu’à 1837, les décou-
vertes dans le domairis chimique, physique, etc. se continuent. Elles sont la conséquence des autres. ÎImpossible de les énumérer, il y en a trop. Rs
Mais en tout et partout, c’est la chimie et surtout l'électricité qui marchent de progrès en progrès.
Nous voilà en 1837. Steinheil se sert de la terre comme courant ie retour du circuit électrique—Jacobi découvre la galvanoplastie, Wheatstonoe le stéréoscope.
1839 nous apporte les premières épreuves photographiques, et la première lampe à lumière incandescente de Grove. On creuse à Grenelle, en France, les premiers puits artésiens jusqu’à quinze cents pieds de vrofondeur. Le gaz à l’eau fait son apparition.
L'année 1843 voit l'inauguration du tunnel sous la Tamise à Londres.
Morse envoie le premier. message télégraphique de Washington à Baltimore en 1844, et Wells signale à la thérapeutique l’oxide nitreux comme anesthétique ; c’est le deuxième depuis la découverte du chloroforme en 1831. Le célèbre Hoe paraît avec sa machine à imprimer à cylindre.
Deux ans après,en 1846,nous voyons surgir la machine à coudre de Howe.
On commence à creuser l’isthme de Suez pour y faire un canal dont la construction durera quatorze ans.— Découverte d’un troisième anesthésique : l’éther ou gaz hilariant.—Découverte à peu près simultanée de la grande planète Neptune par Adam et Leverrier, le premier par observations et recherches, le second par!
simple calcul : il ne s’est pas même dérangé de son bureau pour aller assister au passage de la planète,
Le chloroforme devient d'usage régulier en médecine. En même temps
voici que l’on découvre les datellites de Saturne.
En 1850, nous voyons le célèbre engin Corliss, l’électro-moteur de Page; en 1852, la machine Rhumkof, le télégraphe d’alarme pour les incendies, le forêt à diamants Ge Hermann dont l'application depuis s’est généralisée avec tant de succès pour le forage des rocs les plus durs.
Bessemer se présente en 1855 avec l’acie. qui porte son nom, découverte qui a diminué de plus de moitié le coût de la production de l'acier. Le procédé autrefois consistait dans la cémentation du fer dans une fournaise ardente, ce qui durait bien des heures, tandis qu'aujourd'hui, 1l consiste dans l’insufflation à travers la masse fondue du fer, d. l’air atmosphérique ; l’acier alors se produit en quelques minutes.
La même année on inaugurait le pont suspendu de la Niagara, l'engin à air d’Ericsson, les poutres ou soliveaux de fer dans la construction des édifices et des résidences privées, puis l'imprimerie télégraphique de Phelps.
En 1858, on jetait le »remier câble télégraphique à travers l'Atlantique ; Voeller fabriquait la première pulpe de bois ; on utilisait la lumière électrique au phare de Foreland-Sud ; Giffard produisait ses injecteurs à vapeur.
En 1859, on faisait aux Mtats-Unis l'expérience de l’huile de pétrole comme agent d'éclairage ; on éclairait pour la première fois les maisons à l'électricité après avoir trouvé le moyen de distribuer le courant à volonté.—Lancement du ‘Great Easern”’ qui en 1860 venait mouiller en rade de Québec.—Perfectionnement du procédé photolithographique.
Etude et analyse du spectre solaire par Kivchoff et Bunsen en 1860.— Inauguration du pont Victoria à Montréal la même année par S. A. R.
le Prince de Galles, aujourd’hui Edouard VII, roi d'Angleterre.
En 1861, la gent cordonnière voit McKay avec ses machines à coudre les chaussures. Le fait est que cette machine a été le signal de la destruction du métier. On trouverait difficilement aujourd’hui parmi tous les employés des cordonneries mécani-
ques un seul individu en état non pas de confectionner, mais seulement. de réparer convenablement une vieille botte.—La même année, Mohler pre duit le carbure de calcium, Otis inaugure l'ère des ascenseurs, et l’on voit s'installer aux Etats-Unis la première clôture de fer barbelé.
En 1862, voici que paraît le navire blindé d’Ericsson, qui a amené plus tard ia ruine de la construction des navires, à Québec. ku même temps, on invente pour les vaisseaux de
guerre la tourelle à mouvement rotatoir pour le tir ;on construit lJ’aqueduc de Wash-
ington dont l'arche en maçonnerie est la plus considérable qui existe ; quelqu'un nous fait cadeau du forêt à air comprimé ; nous voyons la torpille Whitehead, la machine dynamoélectrique Siemens, l'affût de canon Moncrieff, à bascule, pour les fins de chargement et de tir à l’abri.
En 1869, on inaugurait le canal de Suez, et l’on terminait le premier chemin de fer allant aboutir à la côte du Pacifique,
En 1870, pendant le siège de Paris, on découvre et l’on utilise la microphotographie pour communiquer avec l'extérieur.
En 1871, à New-York, dans les ateliers de la “ Trivune ”, on installe la première presse Hoe. En Italie on ouvre au trafic le tunnel du Mont Cenis.—On inaugure l'application du frein automatique à air, ou frein pneumatique de Westinghouse aujourd’hui d'usage géréral sur toutes les voies ferrées,
En 1874, Edison expose au publie sou télégraphe quadruple—A Saint Louis, sur le Mississipi, on compléte un pont assis sur des caissons pneu mutiques sans échafaudages, mesu rant cinq cents pieds de longueur. Le public est témoin du procédé Fictet pour fabriquer de la glace, chose uti le pour les pays de soleil et dont le Canada et les pays arctiques peu vent à la rigueur se dispenser.—Installations dans les grands mAazasins d'un appareil expéditeur du produit des ventes à la caisse, qu'on pourrait désigner sous le nom Ge “transmet teur où compteur.” En 1876, nous voyons apparaître le téléphone avec Graham Bell comme parrain. Si je
place ici Grahsm Bell comme rar raiu, C’est parce que la paternité de l'invention est réclamée par Iteiz.
Seurement, Graham «a eu le mérite, et un mérite incontestable, celui d'avoir introduit l'inveution dans le domaine utilitaire quotidien.--Puis se présen te le système de locomotion, par voi tLres ou omnibus, à courroie, le ‘ ca ble car” d'Hallidie, Suit la nhono graphie que nos devons a Edison-- Dans notre ciel, Hall découvre les Satellites de la planète Mars, et Schiapareïii émet la supposition que cette planète est coupée par des ca naux qui. entrevus à cette distance où nous somme*, doivent être simple ment de gigantesques tranchées.—Pic tet ét (ailietet découvrent le procédé de la leguéfaction de l'oxygène, du uitrogène et de l'air.
En 1878, nous arrivons à l'écriture mécanique, au clavigraphe. Edison trouve Île filament ou la tige de car bone pour les lampes électriques. Le Dr Siemens installe le premier con voi de chemin de fer électrique à Berlin. Nous voyons surgir les gran des jetées de Eads, sur le Mississipi.
En 1880, Eberth et Koch dénichent le baccille de la fièvre typhoïde, Stern berg celui de la pneumonie,
L'année 18S1 voit la télégraphie par induction.
Eu 1882, découverte de nouveaux parasites : le baccille de la tubercu lose par Koch, et celui de l'hydro phobie, par Pasteur, A cûté de cela, ovveriure du tummiel di Mont Saint Gotlard au trafic.
L'année 1883 est témoin d'une ner veille de génie civil: le parachève ment du pont suspendu de New York ét Brooklyn, avec une ouverture de 1608 pieds et à une hauteur de 120 niods au dessus de la rivière. Les foudations de cette construction exé cutées par force pneumatiqne, s’enfon cent à compter du niveau de l’eau à une profondeur de quatre vingts pieds, dont quarante pieds dars l'eau et quarante pieds dans le lit de la ri vière.
Une fois le premier parasite d’une maladie mis à mu, on devait en ex humer d'autres. J'en ai déjà signalé quelques uns. Ft voïci que Koch, en 1884, morte celui du choléra. Toef fer, celui du tétanos. L’ennemi, une
fois découvert, il est toujours assez facile d'en avoir raïson.
En 1885, l'année des troubles sus cités par Riel et les Mftis, dans le Nord Ouest Canadien, on inaugure entre Baltimore et Hampden, le pre er chemin de fer électrique en Ame rique. On voit poindre le graphophone, le système des courants électri ques polyphases de Tesla, la soudure exécutés à l'électricité.
En 1888, exceution à New York d'un condamné à mort par l'électri cité: c'est la j “emière du genre, D'un outre côté, Dechardonnet produit la soie artificielle.
En 1889, premier échantillon d'a cier mickel, poudre À canon sans fu née, -
En 1890, solution d’un problème de puis longtemps étudié, la photogra paie des couleurs.
Jin Ecosse, on met la dernière main au grand pont sur la Firth. Ce pont présente deux baies mesurant dix sept cents pieds chacune. Il est construit d’après le système dit ‘“ can tilever,” sams échafaudage, c'est à dire À arcs boutants. Je me permet trai de faire remarquer ici que cette coustruction est vraïlment merveilleuse La tour Eiffel est sans contredit une oeuvre bien grande et bien hardie ; mais il est relativement plus facile d'ériger une construction dans le sens vertical, que d'en exécuter une dans le sens horizontal comme le pont de la Firth, de la prolonger d'un côté comme de l’autre jusqu'à S:9 pieds en.
dehors des piliers, sans aucun écla faudage comme appui temporaire et d'amener les deux moïtiés de la cons truction à se rencontrer pour 8e prê ter mutuellement secours, faire sou dure et établir le point de résistance absolu.
En 1891, apparition de la turbine à vapenr de Parsons. On a pu voir que des bateaux munis de cet appareil füent jusqu'à trente sept noeuds ou 5 willes à l'heure ; apparition aussi du Kiinétoscope d'EFfison.
A propos de la tour Eiffel, je prends ici, de rappeler un fait non par vani té personnelle, mais à seule fin de dé monirer que de par la terre il n’est ni Jays, ni groupes nationaux, ni de catégories de gens qui peuvent pré tendre à un monopole quelconque au point de vue du progrès matériel et
intellectuel, que ‘tous nous pouvons entrer en lice à un moment donné, suivant l’armature dont on peut dispo ser, En 1889, on eut l'idée de cons truire à Londres, une nouvelle tour Liffel d'au moins douze cents pieds de hauteur, On ouvrit tout naturelle ment un concours, Sur soixante huit plans, qui furent envoyés par des in génieurs et des architectes &e toutes les parties du monde, ce fut le plan No. 5 qui fut admis comme réalisa ble et conforme à toutes les condi tions du concours, et de la construc tion. En effet, dans ce plan, l'anteur pourvoyait à l'érection A’une tour pouvant se décomposer en “ections de hauteurs variant de vingt, qua rante, soixante piedis, etc, L'idée des promoteurs de l’entreprise étañt celle ci, et l'on y trouvera bien le sens des Auglais en affaires : si Ta tour n'a vait pas de succès pécuniaire, alors on avraït essayé de se refaire aumoins partiellement de la dépense, en en veudant les diverses sections comine pavillons d'expositions ou pour au tres fins, dans un pays ou un autre.
Suivant le plan No. 5, la tour eût eu seize cents pieds de hauteur avee une base de deux cent quatre vingts pieds. A la dernière minute, on aban donna le projet, et le plan No. 5 est resté dans mis cartons. En effet, ce plan était le mien. I1 n'y a pas de bonheur parfait en ce monde,
Expérience du carbure de calcium de Wilson, de ‘Toron Ito, dans une fournaise électrique; découverte d’un mouveau constituant de l’air, l’argon, par Raleigh et Ramsay.
En 1895, découverte des rayons X par Roentjen applications du gaz acétylène, par Wilson, appareil pour la liquéfaction de l’aïr par Linde.
En 1896, le monde reste étonné de vant la découverte de la télégraphie saus fil conducteur, par Marconi.
En 1899, Île même Marconi expéri mente son système de télégraphie sans fil ; il envollk avec succès un message de Trance en Amgleterre, sur une distance de trente six milles.
Ia même anmée, lancement de “10 ceanic,” le plus grand steamer qui ait jamaïs traversé l'Atlantique.
En 1900, äernière amnée du 19e siè cle, on admire à la grande exposition de Paris un immense télescope de
cent cinquante pieds de longueur, Ce télescope réduit fait voir la lune com ue (si elle n'était qu'à trente milles de la terre, la distance qui sépare le Cap Diamant, à Québec, et le Cap lourmente, On sait que la distance de la terre À la lune est de 240,000 milles,
Durant le 19e siècle, les engins de guerre omt été grandement perfec tionnés. Le fait est peut étre fintéres sant au point de vue des sciences ap pliquées, maïs Je le regrette au point de vue de la civilisation. Vraiment, le temps des rixes, deg bataïlles san glantes, des conquêtes sous tous les prétextes devrait ôtre fini, et l’ére des pourparlers se terminaut À l’amia ble commencer. Tout de même, pour s'entre tuer, ou démolir des proprié tés crigées à grands frais. on a fn venté des pièces d'artilleire qui peu veut lancer des projectiles du poids de plus de mille livres. En ce mo ment, aux Etats Unis, on est À fa briquer un canon monstre, mesurant pius de soixante pieds de longueur et qui, suivant.les calculs, pourra lan cer à sept lieues ou vingt et um mil ies de distance run projectile pesant plus de deux mille livres à troig lieues.
La marine de guerre est allée aussi se développant dans la même mesure, On a donné une cuirasse aux vais seaux, et quand quelqu'un à réussi à inventer um camon, une poudre, un projectile assez puissant pour faire uu trou dans la cuirasse, alors on a doublé les plaques du vaisseau, et leur force die résistance.
Avjourd'hui il y a des blindages qui défient tous les boulets du mon de. On arme de plus en plus les vais seaux de guerre de tourelles à dort bles étages ; ce qui permet aux combattanits d’embrasser un plus vaste horizon et de tirer avec plus de précision. De plus, on arme plus que jamais la mâture.
Quant à 18 marine marchande, elle a changé du tout au tout. Du voilier simple, on est passé au navire blin dé, et du blindé on est arrivé au stea mer. Et celui ci est en train de pren dre des proportions colossales, La .
précurseur ide ce mouvement dans la navigation à vapeur a été le “ Grent Eastern,” em 1859. I1 avait six cents pieds de longueur. Ce fut pendant bien des années l’objet de la curio
sité générale de par le monde. Qua rate ans après, paraît “l'Oceanic,” que l’on manoeuvre avec beaucoup plus de facilité que le ‘“ Great Eas tern,” malgré ses sept cents pieds de longueur, son tonnage de 27,000 ton nes, et son tirant d'eau de trente trois pieds.
Les steamerk océaniques, aujour d'hui, prennent une envergure telle, qu'en prévision d'une anuzmenfation notable de leurs dimensions, tonna ge et ‘tirant d’eau, l’on est à creuser dans le havre de New York, le che ral sur une étendue de plusiieuns lieues jusqu’à une profondeur de quarante pieds, pour les vaisseaux pouvant tirer jusqu'à trente sept pieds d'eau et aussi l'on construit des docks pouvant accomoder des vaisseaux pouvant mesurer jusqu'à mille pieds de longueur ; mais tous ces travaux s’exérutent aux dépens de New York et non de la république.
Puisque j'en suis au chapitre des progrès accomplis dans la marine, je me permettrai de rappeler ici qu’en décembre 1900 je publiats dans le “Canadian Engineer” de Toronto, (Biggar & Samuel, éditeurs), page 199 un article dans lequel j'attribue à la cloison longitudinale du navire (bulk head) le désastre de la frégate “Victoria-” qui sombra avec quatre cents personnes, dans une collision avec le ‘Camperdown”, lors d’une revue navale en Angleterre à l’occasion d’une visite de Guillaume Ill, empereur d'Allemagne. Il en a été de même lors du sinistre de la ‘ Bourgogne ”, de la Gompagnie Transatlantique, le 4 juillet 1898, alors que, dans une collision avec un voilier, le ‘“ Cromartyshire ” ce steamer est allé en quelques minutes au fond avec environ deux cents personnes. La cloison longitudinale dont ces grands navires sont pourvus, utile qu’elle est pour empêcher l’eau de faire irruption par un côté du navire, et d'éteindre en même temps les feux du côté opposé, devrait être pourvue de tuyaux qui permettraient à l’eau d’envahir le côté opposé du navire, soit en avant, soit en arrière du compartiment des bouilloires ; cette distribution d’eau contribuerait à meintenir le navire à plomb; ïil est facile de comprendre que l’amoncellement
d'eau d’un seul côté de la ligne médiane est de nature à désiquilibrer le navire et à le faire chavirer.
Un fait qui mérite d'être signalé ici est le sauvetage du steamer le ‘‘ Scottish King”, l’an dernier (1900) par le capitaine I. E. Bernier, le célèbre promoteur d’une expédition canadienne au pôle rord. Le ‘“ Scottish King ” avait fait naufrage sur les côtes de Terreneuve ; des experts avaient tenté, mais en vain de le renflouer. On l’abandonna tout à fait. Il était déjà depuis dix-neuf mois dans l’eau, ballotté sur un fond de roc par tous les vents, lorsque l’on s’adressa au capitaine Bernier en le mettant au courant de la situation. Le vaillant capitaine, qui n’est jamais à bout de ressources, se décida à aller examiner le steamer sur place, sans jamais perdre de vue cependant le grand projet de sa vie, l’exploration du pôle nord; car, entre temps, il mit les citoyens de Saint-Jean au courant de ses plans. Le capitaine Bernier 8e mit à la besogne, et c’est en étayant et fermant le pont du steamer audessus de la cale, puis en refoulant l'air dans celle-ci, qu’il «en chassa l’eau et remit le vaisesau à flot. Il le ramena de cette façon à Québec vers la fin de l'été dernier. Je tiens à signaler cet expluit aux gens de marine, afin que, le cas échéant, ils utilisent le procédé dont le capitaine Bernier s’est servi avec tant de succès. Le steamer ‘ Scottish King ” est un vaisseau de 354 pieds de lougueur et jauge 3,400 tonnes. Il est en ce moment en Angleterre ; c’est le capitaine Bernier lui-même qui l’y a conduit.
En 1894, je prenais la liberté de dire dans les gazettes que le ‘“ Chicago Drainage Canal”, ainsi dénommé pour ne pas attirer l’aticicion des gens intéressés dans la navigation du Saint-Laurent, que ce canal n'’était pas simplement un canal d’égouttement, mais une véritable artère maritime, destinée au trafic de l’ouest et du sud des Etats-Unis. Naturellement, on n’y a pas fait la moindre attention et l’on a mis mes avertissements tout probablement sur le compte de lubies. Aujourd’hui cependant, mes prévisions se sont réalisées ; le canal de Chicago est ouvert au tra-
fic, et maintenant que c'est un fait accompli, les yankees ne se gênent nullement de le dire, Pendant que les Canadiens, surtout ceux de la province de Québec, politiquassent, et 8e croient énormément futés comme hommes publics, voilà que les Américains se taillent un canal maritime et l'alimentent au moyen d’une énorme prise d’eau dans un lac partie canadien, partie américain, sans même demander au Canada si ça va le déranger.
Nous avons à peu près en commun avec les Etats-Unis le système des grands lacs de l’ouest, le lac Supérieur, le lac Hron, le lac Michigan, le lac Erié, le lac Ontario et le lac Champlain. Le canal de Chicago prend au lac Michigan six cent mille pieds cubes d’eau par minute : un trentième des dix-huit millions de pieds cubes d'eau que débite la Niagara en alimentant le Saint-Laurent.
Cette prise d’eau veut dire tout bonnement un pied d’eau de moins dans le lac Saint-Pierre que les habitants de Montréal s'évertuent à vouloir faire creuser, au coût de plusieurs millions dé la caisse publique, pour l'avantage exclusif de leur viile, et par dessus le marché, pour un résultat très problématique.
Plusieurs ruptures de réservoirs et d'écluses durant la dernière partie du dix neuvième siècle sont venues äGmontrer la faïblesse des conistruc tions de ce genre. Malheureusement ces accidents ont 6t6 la cause de la mentables sinistres. Ainsi à Bourges, en France, la rupture d’une fcluse a causé la mort de trais cents person nes : à Johnston, aux Etats Unis, il en est péri cinq mille. Catastrophe non moins grande en 1900, à Austin, dans le Texas. Aujourd'hui om s'oc cupe de donner à ces constructions une épaisseur suffisante pour empê cher le retour de pareils désasitres.
Au Canada, l'écluse de Chamblr a cédé sous la pression de l’eau, par rapport au mombre dispraporitionné d'ouvertures qu'on y avait Inissées,ce qui avait diminué no.vblement la for ve de résistance de la constructiom.
Un progrès Kcientifique, mod}»stée il est vrai, mais un progrès tout de même, et de la paternité duquel je m'honore au point de vue national, est celui ci: I1 m'est arrivé de ré
sondre nn prohlêôme, connu chez nos voisins d'Amérique sous le mom de “ball nozzle mystery.” Ou voulut un jour donrer plus de surfacs au jet d'eau d'une pompe à inemd'e, faire en sorte qu'il prit la forme d'une sorte d'éventail, On imagina d'armor le museau de la pipe d'un entonnoir, d'y introduire une boule retenue par
une cottemhille ‘qui, elle, poussée par le jet d'eau devait deviser celui ci à sa cortie sur toute la circonférence de la boule et lui imprimer la forme voulue, Au grand £tonnememnt des ex l'érimentateurs, la borile resta au fond de l'entonnoïr, et l'in ne put s'expliquer le phénomène, L'occasion me fut donnée de démontrer aux 1:
téressés que la. raison du phénomène était tout simplement la pression atmosphérique mise en jeu par le vide créé du côté opposé par dla fric tion du jet d’eau, sur celle emprison née derrière la boule. De même que j'ai eu la satisfaction d'expliquer à uos amis les ingénieurs d'outre mer, lu raison de la différeice jusqu'alors inexplicalble entire les indications ‘le l'unémomètre et les résultats réels obtenus dans des expériences faites pour constater la pression, du veut sur un plan quelconque, par excmple sur le pont de la Firth of Forth, en Ecosse, et sur un pont de la Tamise, Dans Île premier cas la différence se trouva être de 20 pour cent, et, dans le second, de 40 pour cent.
Autre phénomène aussi facilement expliqué. 11 y quelques années, sur gissait nm procès eptire le propriétai re du restaurant connu sous le nom de “ Vendôme,” à Québec, et le pro riétaire de la müañïson, au sujet de certains vitraux de la devanture, qui s'étaient fendus. Il y avait foule de témoins parmi lesquels des architec tes, des ouvriers et d'autres person nus. Tous étaient absolument d'avis qe le propriéiaire le la maison de vait être tenu responsable de l'acci dent, ou bien encore son architecte, ou encore son entrepreneur. On expliquait laccident par le travail ‘t l'affaïlssemient des étages supé vieurs.
Pour mii, qui avaït été appelé com me témoin, je n'ava's constaté aucun affaïssementt, ni la moindre déviation dans la structure, et par conséquent,
dans mon opinion, il n'y avait person me en faute, excepté un seul ouvrier, et cet ouvrier n'était ni plus mi moins que le peintre. En peinturant la moi tié inférieure du vitrage pour mas quer l'intérieur du restaurant À l'oeil des curieux, il avait offert au soleil un plan non conducteur de la chaleur; tandis que celui, ci restant froid, Ja partie supémleure non peinturée dm vitrage absorbaïit toute la chaleur solaire ; résultat, dislocation des n:olé cules du verre, et détérioration du vi trage, Mon témoignage fut entière ment corroboré par Mgr Laflamme, et le tribunal porta jugement en consé quence.
Si je mentionne ces faits, là, c'est parce que, amoureux de science ecin me je le suis, j'éprouve une satistac tion bien naturelle, un orgueil hien
légitime d'avoir pu, à l’occas ,, met tre le doigt sur la cause d'u: phéno
mène physique dont on n'avait pas encore trouvé le se'’:at,
Un sujet dont je gcrais heureux de parler au long est la découverte de la trempe du cuivre par Allard, de Lévis. Je pourrais plutôt l'appeler une rédécouverte, car les anciens connaissaient la trempe du cuivre, comme ils avaient le secret du feu grégeois. Allard aurait retrouvé le premier. Malheureusement, c’est tout ce que l’on en a jamais pu savoir. Et le secret de trempe du cuivre, qui aurait déjà dû apporter gloire et fortune au découvreur, et rendre un service immense à l’industrie, est menacé d’aller s’ensevelir avec lui.
A part la photographie de l’image, nous avons celle du son et du mouvement. Ce sont vraiment des découvertes merveilleuses, surtout celles du son et du mouvement. Je ne désespère pas voir un jour le mariage parfait du phonographe et du kinématographe, entendre des concerts donnés par des artistes, des harangues prononcées par des orateurs célèbres, qui apparaîtront pour ainsi dire vivants devant les foules étonnées, alors qu'il y aura bien des années que ces orateurs et ces artistes seront descendus dans la tombe.
Notre Canada, notre province, notre ville de Québec sont loin d’être restés en arrière de cette ère de progrès gigantesque. Ils se sont déve-
loppés de surp.enante façon depuis, disons, un demi-siècle,
En 1867, à l'inauguration de la confédération, nous n'avions dans le pays que le Grand-Tronc comme voie ferrée, et encore le Grand-Tronc ne dépassait guère la Rivière-du-Loup.
L'Intercolonfal fut construit, puis parurent successivement le Quebec Central, ancien Lévis et Kennebec, sur la rive sud. A .Québec, pas une seule gare de chemin de fer, L'ère des voies ferrées du côté de Québec fut ouverte en 1869 par le chemin à rails de bois de Gosford, qui allait aboutir à Saint- Raymond, dans le comté de Portneuf.
Puis vinrent le chemin de fer du Nord, celui du lac Saint-Jean, et celui du Québec, Montmorency et Charlevoix. Le dernier venu et non le moindre est le Grand-Nord.
Et que dire de la grande artère de l'Atlantique au Pacifique, le chemin de fer Canadien du Pacifique, qui offre le trajet le plus court qui existe entre l’Europe et l’Aste! On le terminait en 1885. Il mesure plus de mille lieues de longueur. 11 va cependant être dépassé par le Trans-Sibérien qui, lui, depuis Saint-Pétersbourg jusqu'à Vladivostok mesurera bien deux mille lieues.
En 1865, nous voyions pour la première fois à Québec le tramway à AU qui dura jusqu’en juillet
Le 20 juillet de cette année-là nous
- inaugurions le tramway électrique.
La ville était déjà éclairée à l’électricité depuis 1887, c’est-à-dire dix ans auparavant.
Notre électrique est toute une curiosité. Il n’était pas facile d’installer un pareil mode de locomotion avec des courbes de quarante pieds de rayon seulement, et des rampes très raides mesurant de 1214 à 15 pour cent, alors qu’en Angleterre on n’avait pas encore pu franch'r des rampes de 7 à 8 pour cent.
Que dirait donc aujourd’hui un citoyen de Québec mort il y a cinquante ans, si on le ressuscitait. Il y a mille à parier qu’il y perdrait la tête :
le télégraphe, les locomotives, le téléphone, la lumière électrique, l’aqueduc, le chauffage à colorifères, tout cela lui donnerait simplement le vertige. Alors on s’abreuvait à même la rivière Saint-Charles. C'était au bon
temps des ‘“charrieurs d’eau”, et Dieu sait, quelle eau nous buvions.
Ce fut sous Baldwin que fut posé le premier conduit de l’aqueduc de Québec en 1851. Le deuxième conduit fut installé par M. Beemer, en 1883, alors que l’hon. François Langelier était maire, Les deux conduits se rencontrent à la rivière Saint-Charles dans un même tube en fer. Malheureusement, pour économiser une somme de $45,000, ce qu’aurait coûté un conduit de l'épaisseur voulue, d’après la soumission de Carrier et Lainé, de Lévis, on a pourvu la ville d’un conduit qui, depuis son installation, se crève fréquemment. On a déjà payé en réparations plusieurs fois la somme qu'on a voulu économiser, sans compter les dangers auxquels on expôse la ville dans l'éventualité simultanée d’un incendie et de la rupture du conduit, et les ennuis que l’on inflige aux contribuables.
Dans ce temps-là aussi on s’éclairait à la chandelle de suif de mouton, ou à la bougie de cire. On circulait dans les rues, le soir, un fanal à la main. C'était l’époque des martinets, mouchettes, porte-mouchettes et éteignoirs. Le gaz de houille parut, et la première expérience d'éclairage au gaz fut faite dans les vitrines de l’ancien bijoutier Levy, auquel succéda M. Cyrille Duquet ; ce magasin a disparu lors de l'élargissement de la rue Saint-Jean ; Levy a quitté Québec, mais Duquet occupe toujours le même poste dans un vaste magasin neuf. L'expérience de l’éclairage au gaz produisit alors grande sensation à Québec (1847). On accourut de tous les coins de la ville pour la voir.
Avec le gaz survint le pétrole, et la pauvre chandelle dut entièrement abandonner la place qu’elle occupait.
Du gaz et du pétrole nous sommes passés à l'éclairage électrique. Celuici détrônera-t-il complètement l’éclairage au gaz ? Voilà qui n’est pas facil: à dire, dans le moment.
Quoi qu’il en puisse être, si l’on se sert un peu moins du gaz pour l’éclairage, on l'utilise davantage pour les fins de la cuisine. En effet, voici ce qui arrive aujourd'hui : le chauffage des édifices et des résidences privées qui se faisait autrefois avec force poêles à bois, se fait aujourd’hui au moyen d’une fournaise centrale
et de calorifères distributives dans toutes les chambres. Avec ce mode de chauffage, la cuisine se fait avec un poêle à gaz qu’on alimente et éteint au besoin. Ce système tend à se généraliser. Il est supérieur à l’ancien.
Je mentionnais incidemment plus haut l'élargissement de la rue St- Jean et de ia rue de la Fabrique. Le promoteur principal de cette améiioration importante fut, dans le temps, l'échevin L. J. Demers. N'aurait-il que ce fait là à son crédit qu’il suffirait à itlustrer son trop court lJiassage au conseil-de-ville. Grâce à cet élargissement, le trafic se trouve infiniment plus à l’aise, et la propriété dans les susdites rues a notablement augmenté de valeur.
Il n’y a pas à dire : depuis l’agrandissement de la Grande Allée, de la rue St-Jean, l'installation du parlement au beau milieu d’un faubourg qui jouissait d’une assez mauvaise 1éputation qu'il n'avait certes pas volée, Québec a fait des progrès sans précédents. Depuis l’avènement à la mairie de l’hon. $S. N. Parent en i894, alors député d’une des divisions électorales de la ville, la ville de Québec a pris un nouvel aspect <t d’autres allures. Nos rues sont mieux alignées ; les nouvelles sont plus larges, et la plupart sont pavées en asphaite.
Le quartier de St-Sauveur aui, autrefois, n’avait pas meilleure mine, ni meilleure réputation que le quartier Montcalm, s’est remplumé. Il est peu de quartiers aujourd’hui où ron ait de plus jolies rues. Et cet arrondissement a aussi son parc, le parc Victoria qui forme un des uttraits de la ville non seulement l'été, mais aussi durant la saison d'hiver, gräce au pavillon très hospitalier de l’endroit construit sous la direction de M. Geo. Emile Tanguay, urchitecte, auteur de plusieurs constructions remarquables én ville et dans la province, entre autres de l’hôtel-de-ville de Québec, sur l'emplacement des anciennes casernes des Jésuites.
De nouvelles portes, grâce à Lord Dufferin, ancien gouverneur du Üa-
da, et le plus populaire que le pays ait encore eu, ont remplacé les anciennes, Si celles-ci avaient les attraits de véritables curiosités, elles étaient certes loin de présenter i'é-
légance et la dignité de celles qui, aujourd’hui, rappellent le souvent” de l'emplacement qu’elles occupaient.
Grâce à Lord Dufferin, nous ayons vu la terrasse qui porte aujourd'hui son nom se développer de magistrale facon jusqu’à 1800 pieds de iongueur autour de la base de la citadelle et à 330 pieds au-dessus du St-Laurent.
Il n'existe pas dans le monde entier de plus belle promenade,
Parlerai-je des grands trayaux du havre de Québec, des grands bassins qu'ou a créés aux dépens de l’embouchure de la St-Charles, et qui ne it que les préliminaires d’un vaste S»:tème de quais et de docks qui s’‘chelonneront d'ici à un demi-siècle du côté de Beauport et du côté des Foulons ? ‘
Mentionnerai-je le pont de Québec en voie de construction au Cap Rouge qui présentera l'arche, la paie, ou l'ouverture la plus considérable que l’on ait jamais tenté de réaliser de par le monde, et qui permettra à un convoi de chemin de fer de laisser Québec et de se rendre directement à Key West, en Floride ou même aux dernières limites de l'Amérique uéridiopale ?
Rappelerai-je tous les grands travaux d’endiguement que nous &vons exécutés à la Chaudière, à Chambly, à Montmorency, à Lachine, à Schawinigan, à Chicoutimi et à Grand-Mère pour des fins industrielles.
Metterai-je en ligne de compte la fameuse île Anticasti, déserte, inconnue, jouissant de la plus désobligante des réputations, grâce aux écuneurs de mer de Fox Bay, île qu'aucun gouvernement n'aurait songé et n’aurait eu les moyens d'exploiter, mais qu’un
Æærand capitaliste et industriel d'outre,
! mer est en train de mettre sn aleur
avec ses capitaux inépuisables et sa haute intelligence des choses industrielles,
Je voudrais pouvoir en les décrivant rendre justice à tous les édifices ayant un caractère religieux ou civique,
comme l’Université Laval, i «1tel- Dieu, l'hôpital Jeffery Hale, le muonastère du Bon Fasteur, l’église de Beauport, la chapelle des Franciscaines, l’église St-Jean-Baptiste, la crapelle de l’oeuvre du Patronage, l’hitel du gouvernement,wl’hôtel-de-ville, le Château Frontenac, l’ancienne salle
de musique, Ia maison de douane.
l'église St-Mathieu, la chapelle du Séminaire de Québec, les bâtiments des Soeurs Grises, l’hospice du Sacré- Coeur, le palais épiscopal, le bureau de poste, maintes résidences privées de la Grande Allée, mainte grande boutique de commerce du côté ‘le la rue St-Joseph, la fabrique de coton de Montmorency, la fabrique de pelleteries de la Pointe-aux-Lièvres, l’on trouve comme inspirateurs et directeurs des travaux, les Stavely, les Peachy, les Tanguay, les Baillargé, les Berlinguet, les Ouellet, les Raymond, les LeMay, les Bussière, les Talbot, les Dussault ‘et tutti quanti.” Il n’y a qu’une seule chose que je regrette de ne pas trouver dans tous ces édifices, c’est mon système d’évasion en cas d'incendie. Il est ‘lonc vrai de dire que l’humanité se corrige difficilement. Combien de temps va-til falloir encore pour faire entrer dans l'esprit des gens que le feu dans une bâtisse, c’est l’ennemi, et qu'il faut prendre tous les moyens possibles de se soustraire à ses atteintes meurtrières ? On a beau le dire sur tous les tons, les catastrophes par le feu ont beau se multiplier, rien n’y fait, on persiste à croupir dans son aveuglement. Lorsque tout dernièrement arrivait le terrible incendie du couvent de Rochester, dans l’état de New-York, prenant mon courage à deux mains, et courant le risque d’être enfin accusé d’avoir une toquade, j'ai de suite adressé au gouverné ment américain, à Washington, et au gouvernement canadien, à Ottawa, une lettre dans laquelle j’exposais pour la millième fois mon plan de sauvetage en cas d'incendie. Je leur ai demandé avec instances de l’étudier et d'en faire l'application afin de prévenir le retour d’holocaustes comme celle de Rochester. J'ai insisté auprès d’eux, afin qu’ils fassent une législation qui décrète, après épreuve parfaite, l’application obligatoire de mon système aux collèges, aux couvents, aux hôtels, aux églises, aux asiles de bienfaisance, aux hospices, aux asiles d’aliénés. J'ai maintes et maintes fois décrit mon système.
Je ne me sens pas le courage de recommencer le même travail.
Je termine ; car s’il me fallait épuiser le sujet, j'aurais À écrire plus d’un
énorme in-folio. Je dois beaucoup à l'ouvrage de Ryan ‘“ Progress of invention of the 19th Century,” au ‘Scientific Amgrican,” aux ‘‘archives du bureau des brevets des Etats- Unis, ” à Washington, d'avoir pu faire une sorte de nomenclature très succincte du reste, des inventions du siècle dernier, décédé, il y a à peine huit semaines.
Que nous réserve maintenant, je ne dis pas le vingtième siècle, mais sa première moitié seulement. L'un des premiers problèmes que l’on va résoudre va être assurément la navigation d'hiver du St-Laurent ; presqu'en même temps aura-t-on placé dans le domaine des choses utilitaires la navigation aérienne, et la navigation régulière soud-marine.
La solution du problème de la navigation aérienne est déjà très avancée, M. Henri de la Vaux a accompli deux voyages heureux entre Paris et la Russie, l’un de vingt-cinq heures de durée, et d’une étendue de 390 lieues, le 30 septembre 1900, l'autre de trente-cinq heures de durée, et d’une étendue de plus de 400 lieues, le 30 octobre 1900.
Nous verrons la télégraphie sans fil prendre place dans la série des découvertes pratiques, c’est-à-dire, d’utilité journalière. De ce phénomène physique, peut-être aurons-rous aussi l'explication des échanges de vibrations psychiques auxquelles on a donné le nom de télépathie, et l’on découvrira qu'après tout. il y a moins de surnaturel dans le fait, que de conditions à remplir pour le mettre merveilleusement en jeu.
Dans le domaine industriel. nous verrons tout probablement le chemin de fer du lac St-Jean se prolonger jusqu’à la baie James et du coup ouvrir à la colonisation et à l’erntreprise industrielle tout un immense pays baigné par une mer de 600 milles de largeur sur plus de 800 mil- ‘les de longueur, et qui se trouvera de la sorte relié directement à l’Atlantique par la voie la plus courte et la plus avantageuse qui se puisse trouver ailleurs dans toute l'étendue de la Confédération. Le degré d’altitude au-dessus du niveau de la mer du territoire à franchir jusqu'à la baie d'Hudson n’est que de 7910 pieds, à peine deux pieds au mille en moy-
enne, et la distance à parcourir entre Québec et la baie James dépasse à peine 600 milles, une journée de chemin de fer tout au plus.
Sur les bords de la vaste baie, grâce aux communications avec l’intérieur du pays et avec le littoral océanique, nous verrons deux industries se développer sans retard. lo. la pêche qui engendrerait forcément plusieurs autres industries ; 2. l'agriculture, pour au moins la suffisance de la population. On y construirait les bateaux nécessaires pour l'exploitation des pêcheries de haute mer, et l’on ferait d'autre part payer fortes licences aux pêcheurs américains, qui viennent, surtout des côtes de la Nouvelle-Angleterre, exploiter sans merci, gratuitement et avec forts bénéfices des ressources qui nous appartiennent.
En été, le port d'arrivée du territoire de la baie d'Hudson serait Québec, et en hiver, ce serait celui d'Halifax viâ ie pont de Québec.
Car le pont de Québec dont on a tant parlé depuis un demi-siècle,sera inauguré d'ici à trois ans. Il présentera alors une ouverture ou baie de dix-huit cents pieds, c’est-à-dire cent pieds de plus de celui de la Firth, en Ecosse ; et deux cents de plus que celui de Brooklyn. L’entrepreneur Davis pousse activement les travaux. La maçonnerie de la construction est faite avec de la pierre provenant des carrières Voyer, à la Rivière-à-Pierre. Déjà une des culées avec ses ancrages en acier, est fort avancée sous la direction de l’ingénieur Hoare et de l'ingénieur consultant Cooper, de New-York. Il est possible que avec l'inauguration du pont coïncidera aussi, un congrès général des ingénieurs civils du Canade.
Ce congrès qui devait avoir lieu à Québec dans deux ans, en 1902, sera certainement remis à 1903, au moment où l’on mettra le dernier rivet
à la construction. Les ingénieurs auront l’occasion de voir et d’étudier l’un des grands ponts de l'univers, du moins celui qui présentera la plus grande baie qui existe.
Nous assiterons d'ici à vingt-cinq ans à un développement considérable de l’industrie pulpière qui va contribuer si puissamment au défrichement du pays, ou modifier les conditions
climatériques, et aussi tout nrobable-
ment l’hydrographie du territoire.
Il importera bien alors de traiter sérieusement la question du reboisement de certaines zônes. Je crois même que les gouvernants devraient s’en occuper dès maintenant, et arrêter un système de rehboisement régulier, comme autrefois le recommandait si justement, Sir H. G.
Joly, aujourd’hui lieutenant-gouverneur de la Colombie Anglaise.
Nous aurons certainement la solution du problème de la navigation d'hiver sur le St-Laurent, dans le premier quart de siècle. La navigation hibernale du fleuve uura demandé, comme bien d’autres projets d'intérêt public, au Canada une période d'incubation de plus d’un demisiècle, c’est-à-dire infiniment plus de temps qu’il faut à Toussaint pour faire éclore une oie par incub:tion artificielle. Autrefois, quand on eut la témérité de proposer qu'un beteau à vapeur traversât de Québec à Lévis ‘“ et vice versa,” à la place des anciens canots, qui d’ailleurs sont demeurés célèbres, on se donna de suite un brevet de maturité pour l'asile de Beauport. Il était impossible de prendre fait et cause pour l’idée, sans vraiment se faire passer d’emblée pour halluciné. Ce que voyant, un nommé Tibbitts, propriétaire de bateaux à vapeur, prit sur lui de risquer la tentative, à ses frais et périls. Il traversa et retraversa le fleuve, puis recommenca régulièrement son expérience avec succès, à la grande stupéfaction des gens, et, aujourd'hui, nous en sommes tout simplement au ‘ Polaris ” et autres bateaux qui , beau temps, mauvais temes, transportent régulièrement d’une rive à l'autre et voyageurs et marchandises. Et ça n'a l'air malin pour personne. Autrefois on soupirait après un pont de glace devant la ville: aujourd’hui,avec les commodités de transport que nous avons, on n’en veut plus.
On ne tient tout simplement qu’au pont de glace à la Chaudière,car dès l'avènement de celui-ci le fleuve devant, au-dessus et au-dessous de la ville, est parfaitement libre comme en été. Il ne charrie plus les Luttures qui, sur 180 milles de distance entre Québec et Montréal, 8e cassent, et
font le plongeon dans le fleuve et l’emplissent à coeur d'hiver,
La. navigation äu St-Laurent en hiver est facile jusqu’à Québec, pourvu qu’un pont de glace se forme au Cap Rouge dès le commencement de la saison.
Que les soucis des législateurs et des économistes du pays Se concentrent sur ce point et, après cela, s’il est possible d'étendre la navigation du fleuve jusqu'à Montréal, par un chenal coupé dans la glace, fort bien, on pourra y voir. Aujourd’hui comie chaque fois que la glace s'arrête au Cap Rouge, le fleuve est absolument libre jusqu’au golfe, c'est-à-dire jusqu’à Anticosti où, d’après des dépêches récentes, (22 janvier 1901), tous les havres sont entièrement libres et faciles d'accès.
Les steamers peuvent arriver dans le port de Québec avec autant de facilité et sûreté que dans le port de New-York. Seulement, ce qui paralyse un peu l’entreprise de notre côté, c’est que Québec n'offre pas le même bilan de spéculations et d’affaires que la métropole. Mais que l'on inaugure le mouvement, et il y a milie à parier que les affaires surgiront d’elles-mimes, et que les compagnies d'assurance maritime baisseront raisonnablement pavillon, en se voyant pas plus exposées qu'ailleurs à des risques plus imaginaires que réeus.
Pour moi, il n’existe pas de par le monde une seule impossibilité. Tout est réalisable, physiquement ;' il n'y a qu'une chose à faire, c’est de découvrir le moyen de contourner une difficulté, et ce moyen existe infailliblement pourvu qu’on se donne la peine de le trouver.
La navigation d'hiver, ou, pour le moins, la navigation du St-Laurent prolongée de deux ou trois mois, 8ignifie des millions d’affaires pour le pays et surtout pour Québec, le district et la province du même nom.
Je regrette ne pouvoir, en terminant, mettre à l’acquit du 1i9ième siècle, c’est-à-dire de la fin de ce siècle, la suppression des hostilités entre les peuples du monde. J'aurais été surtout content d'enregistrer la fin de cette guerre in'que qui se poursuit encore dans le Sud Africain.
Elle a été entreprise trop dans
le but d'y sauver les intérêts de quelques-uns des grands de la terre. Les sympathies de l’univers sont ailées aux habitants de ce pays, enfants du
sol et notre pauvre Reine bienaimée en est morte à la peine, de 5 à 10 ans avant
le temps. Le Royaume-Uni était déjà assez vaste, Celui qui écrit ces mots est fils d’une mère anglaise, né à l'Ile de Wight, tout à côté de l’endroit où la reine avait son pied à terre d'été, son cottage sous la feuillée. Le sang de cette mère lui vaut ses tendances plutôt anglaises qu'anti-anglaises, on le comprend facilement et il serait le dernier à déserter son allégeance à l'Angleterre pour la donner à un gouvernement instable comme celui d’outre-manche.
On nous demande de nouveaux contingents—j'en déplore la nécessité tout en admettant que pour le Canada, ces voyages d'outre-mer, ces incursions en pays étranger ne peuvent qu'aguerrir au métier des armes nos braves Canadiens dont on a dit en Afrique
“ es Boers s'abritent derrière les kopijes, les Anglais derrière les Irlandais et les Canadiens.”
CHS. 3AILLAIRGE.
Québec, 22 Février 1901.
MM. les Rédacteurs,
J'ai a relever une erreur que "me fait faire mon traducteur au dernier paragraphe de cette partie de mon mémoire sur ‘“ les progrès du 19ième siècle ”” qui a paru dans votre numéro de mardi dernier. C'est au sujet du bris de vitreaux par l’action du soleil à l’ancien Vendôme de Ia rue St- Joseph.
On y dit que le bas de la glace y restait froide pendant que la chaleur s’accumulait dans la partie supérieure non peinturée. C’est comme disait le français à ses soldats : ‘“ Messieurs un demi tour à gauche est exactement la même chose qu’un demi tour à droite, excepté que c’est exactement le contraire.”