I. a5 000 stremmes par an environ
3. Cf. la revue athénienne Arcftimidi5, n*' de janvier, férrier^et mars 1916*
LBS PROGRES ÉCONOMIQUES DB LA OBèCB H
possible la production des céréales, de l'autre en propageant les cul-
t UKSqui conviennent davantage à la nature du sol.
Pour ce qui est du progrès de la cvMviTt des eéràUes, il parait difficile de s'en rendre compte, vu l'absence de statistiques de l'agri^ culture avant 191 1. Cependant, si on se rappelle que, en 1880, la dtme perçue principalement sur les céréales donnait 3 900 000 drachmes et qu'elle était de 7 p. 100, on aboutit à une production d'une valeur totale de 555ooooo en chiffres ronds. Or, les produits jusqu^en 1880 soumis à la dîme dans les provinces où cet impôt était en vigueur* étaient estimés en 1915 à i7ioooooo*. Il faut donc en conclure que la production dans le Péloponèse, la Grèce continentale et les Cyclades a triplé ou, tout au moins, beaucoup plus que doublé'.
Malgré ce gros effort, la Grèce doit en acheter à l'étranger. M. S. Chassiotis, dans une étude spéciale, publiée récemment*, calcule que sur les 5oo millions d'ocques dont a besoin le vieux royaume, i5o millions — près du tiers ^ viennent du dehors. La production, dans les bonnes années, arrive à i45 ocques par habitant, mais en moyenne elle ne dépasse pas 126 ocques^ alors que la consommation moyenne par tête est de 180 ocques.
On calcule que depuis 1916 le blocus et la hausse des prix ont amené une augmentation de la production de ao à 3o p. 100. Mais il i^ait peu sage de tabler sur ce phénomène dû à des circonstances tout A*fait exceptionnelles.
I. Soit tout Tancien royaume, sauf les îles Ioniennes, soumises depuis le protectorat anglais à un régime spécial. V a. En effet, d'une étude attentive des statistiiiues, il résulte que la valeur
des produiU soumis jadis à la dîme, soit principalement les céréales, se mcmlait en 1916 pour :
La Grèce continentale à 8ooo5 3i2 drachmes.
L'Eubée à 12 104687 ~ .
Le Pélopénèse à 719*5 471 ~
Les Cyclades à 7 360690 —
Total 171286160 —
3. On ne peut affirmer qu'il a exactement triplé, parce qu*attx 3900C00 francs tirés de la dîme, chiffre qui sert de base à nos calculs, il faut ajouter les profits du fermier, plus la valeur des produits quels cultivateur a pu dissimuler. Mais cette dernière était probablement plus que compensée par le montant des profits illégaux réalisés par les traûants.
é» H attapxeta jfàpaç. (Athènes 1917 •)
5. Il y a en Europe des pays encore plus mal partagés que la Grèce, soit la Turquie (94 ocques par habitant), TAutricbe (laS), la Grande-Bretagne (a7), la Suisse (37), la Hollande (73), le Danemark (106). Par contre, la plupart des autres pays ont une production plus forte, y compris Tltalie (i54), FAllemagne (178), la France (siS), et bien entendu les autres Etats balkaniques, pays producteurs de blé pw exeelience (Cf. Cltessiotis, 7-*8).
22 uss raoœte éaonoiiiQia» m ia ob^ob
Ne pouvant produire assez de blé, Tagriculture grecque a dû se tourner vers les produits dont Texportation lui donnerait les moyens d'importer du blé et au beaœii de «e constituer une balance agricole favorable. Elle y est arrivée.
En effet, d'après les calculs de M. Papaghoorghiou ([). ï5), les produits agricoles ne représentent que 3o p. loo des importations grecques, tandis — que nous l'avons déjà dit — ils forment 70 p. 100 de ses exportations.
Gomment a t on pu réaliser ce tour de force? D'abord en développant les GttUnres qui peuv^se développer ailleurs qu'en plaine : rsd-. sins, vignes, olives, certaines catégories d'arbres fruitiers. Ensuite en introduisant des plantes étrangères : tabac, coton, pommes de tarre, etc* Nous allons examiner ces produits par ordre d'importance. II faut œpradant relever, dès l'abord, combien cet effort a été méritoire. Transformer des régions rocheuses ou pierreuses en olivettes^ vignobles ou jardins, demande un travail qui aurait pu effrayer un peuple paresseux. Implanter de nouvelles cultures, dont aucune n'a réussi du premier coup, demandait une patience et une ténacité rares. Pourtant, si Ton ne peut refuser au Grec Tintelligence et l'esprit d'initiative, il s'est trouvé des gens pour lui contester Tamour àu travail et l'esinrit de suite. Il est vrai que leurs jugements étaient le plus souvent des impressions de voyageurs hâtifs ou malveillants, liais reprenons le ^fil de notre étude et examinons les principaux produits autres que les céréales.
Le raisin de Corinthe est un monopole naturel de la Grèce, sa culture est plus délicate que celle de la vigne ordinaire et son extension a frappé tous ceux qui se sont occupés de la Gtèce économique.
Voici quelques chiffres :
Etendue
Années. des -vignobles.
(Hectares).
1905. 664oo
Les ravages causés par le phylloxéra en France ont été pour beau-^ coup dans le fait que l'étendue des vignobles a plus que décuplé après 1878. La reconstitution des vignobles français a entraîné une crise de surproduction contre laquelle l'État grec a lutté par une série de diS'* positions législatives qui ont abouti à la fondation de la Société privilégiée des nisins secs (1900). Les mesures qu'À prises à son tour cette
LES PBOOBàs écONOMIQtnS ME LA OBIk» S3
Société ont mérité l'attention des économistes étrangers les pluséminentf ^De fait, si les prix ne sont pas remontés à leur niveau ancien, its restent satisfûsanto. M. Ghassiotis (p. 6) calcule que le Péloponèse tire de ses raisins secs 5o à 80 millions par an; s'il transforanait aes Ti^obles en céréales, la valeut. des produits ne dépasserait pas de
10 à i5 millions.
Ia culture du tabac a réalisé des progrès encore plus notiU>leB qoe celle du raisin sec. Car ce n'est pas seulement la quantité de tabac produit qui a augmenté, c'est la qualité qui s'est inûniment améliorée. On a importé des graines nouvelles, on a appris à cultiver el à préparer la plante.
Les cultures ont passé de 2 600 hectares (1860) à 4 2000 (1876) 6 400 (1889), i65oo (19 II). Tombaais, qui écrivait en 1S78 ne parle du tabac qu'en passant. Papagheorghiou évalue la production à iS mU« lions de kilos valant autant de millions.
Dans ces toutes dernières années, la production s'est tellement amé • liorée et accrue, les prix, par suite de la gnerrs, ont tellement augmenté, que M. Ghassiotis évalue la valeur du tabac produit en 1917 às 70^80 millions *. Les améliorations effectuées dans la culture du tabac permettent d'espérer que le revenu qu'on en r^re continuera à être très élevé; en effet, c'est parla qualité beaucoup plus que par la quantité que vaut le tabac. La Nouvelle Grèce, représentée en l'espèce par la Macédoine Orientale et ses tabacs de cboix, produisait, au moment de sa libération i5 millions de kilos, soit à peine un cinquième de plus que le vieux Royaume; elle en tirait presque cinq fois plus : 70 millions^.
De façon générale, on calcule qu'un stremme cultivée tabac, rap-
porte dix fois plas que s'il était cultivé en céréales *; tandis que cette Cttltiire, qui rédame d'ailleurs beaucoup de soins et des connaissances
1. M. Charles Gide, les a décrites en les caractérisant comme suit:
« Rien de plus instructif que de voir par quels procédés ingénieux — bien dignes de l'esprit grec, où on retrouve l'esprit subtil d'Ulysse — ce résultat a été obtenu u. (« L'émancipation», i5 juillet 1909, reproduit dans l'Eclair de Montpellier, n" du 19 juillet); M. Gide m'a fait l'honneur d'écrire cet article à l'occasion d'une étude que j'avais publiée dans la Revue ieO' nomique internationale, n° d'avril 1909.
2. Page 5. D'après une statistique officielle qui m'a été obligeamment communiquée par le minisire de l'Agriculture, la production du tabac dans l'ensemble du royaume a passé de i5o78.oig ocques en 1916 à a4737399 en 1917 ; dans ces cjiififres ne sont naturellement pas compris les départe» ments de la Grèce Nouvelle qui sont producteurs de tabac par excellenoe,
' ceux de Serrés et de Drama, occupés par les Bnlgam de 1916 à 1918.