‹ Les progrès économiques de la Grèce [microform]Chapitre 14 sur 28 · Cf. Papagheorghiou, p. 3i · texte numérisé non relu

Cf. Papagheorghiou, p. 3i

k. te raisin de Corinthe rapporte cinq foi* pins.

MB PBOGBès ÉCOWOMIQUES DE LA GBÈCE

•péciales, permet d'employer plus que totate autre des femmes et des enfants. C'est la culture familiale par excellence.

La culture de l'oUvier, l'arbre de Minerve, est en Grèce une culture ponr^amsi dire nationale. On compte dans le vieux royaume, plus de ao millions d'oliviers, concentrés principalement dans l'île de Gorfou, le sud du Péloponèse, en AtUque et dans le Pélion. Le rendement est assez^léatoire ; cependant on estime le revenu total des oliviers grecs à 66 millions de francs plus ii millions d'olives.

Les olives grecques sont exportées en quantités importantes aux Etats-Unis et dans d'autres pays où se trouvent des ouvriers grecs, lesquels n'arrivent pas à se passer d'un mets qui, lorsqu'ils vivaient en Grèce, jouait un rôle important dans leur alimentation.

Avant la guerre, on exportait aussi de l'huile pour une valeur de i4 millions, tant en Russie qu'en Italie et Amérique. Les huiles grecques servent en Russie pour les veilleuses brûlant devant les icônes ; en Italie et ailleurs, à des coupages ou à des besoins industriels . Depuis cependant que la préparation de l'huile a fait de grands progrès, principalement à Goriou, on exporte aussi de l'huile pour la. consommation directe.

L'oUvier est un arbre précieux, car il pousse même sur des terrains pierreux et très inclinés. En revanche, il ne donne des fruits qu'au bout de vingt ans. C'est pourquoi, dans l'anUquité et sous le régime véniUen eut-on, pour en propager la culture, recours au système des primes. Ce régime coûteux a été jugé inutile dans la Grèce moderne, où la plantation de nouveaux plants et le greffage d'oliviers sauvage» s'étendent lentement, mais constamment. Il faut même admirer la patience avec laquelle les paysans construisent des terrasses pour planter les nouveaux plants.

Des progrès non moins dignes d'éloges ont été réalisés dans la cnltnre des arbres et la cueillette des fruits.

L'État a encouragé l'oléiculture en faisant venir d'Italie des experts qui ont beaucoup appris aux paysans, ainsi qu'en prenant différentes mesures pour combattre des maladies de l'olivier. On a aussi abaissé le taux de l'impôt en faveur des huiles épurées. La Société d'Agriculture a enfin organisé des expositions d'huUe» et d'olive» salée»; certain» de» fruito exposés sont d'une grosseur inimaginable.

La vigne. Parlant des vins grecs, Gobineau disait : « Fort célèbres autrefois dans tout l'Occident, leur réputation est bien tombée, car leur fabrication est imparfaite... même les vin» de Santorin ne s'exr portent plus guère qu'en Russie. »

De gros progrts ont été réalisés depuis que ces ligne» furent écrites.

L'étendue de» vignoble», de a5oo hectares (i8ao), a passé à 36S94

LBS PAOOJaàs âC0I«0MlQUS8 OB lUk. GBÈG8 ,25

(i84â)» 69 000 (1875) et i35ooo (1904)^. La valeur des rins produits ae montait en 191 1 à 56 millions*.

La fabrication a été fort améliorée. Plusieurs crus :« Tour la Reine », « Décélie », « Achaïa a Attique », sont fort prisés des connaisseurs. Les demandes de l'étranger ayaient passé de aSaooo hectolitres (1896) à 457259 (1904). L 'augmentation si rapide des exportations n'alla même pas sans inconvénients, car la crise de surproduction qui, il y a dix ma» sévit avec tant d'acuité en France et ailleurs» eut son contrecoup en Grèce. L'État, pour venir au secours des viticulteurs, n'hésita pas à abolir en 1909 tous impôts sur le vin. Ce ne fut pas le seul sacrifice qu'il consentit. Il fît venir de France un spécialiste réputé, M. P. Viala, organisa tout un service de fonctionnaires chairs d'enseigner aux paysans comment mieux faire et conserver leurs vins; il créa enfin une section spéciale au ministère de l'Agriculture. Dans oe« dernières années la situation s'est tellement améliorée qu'au cours de Tété 19x8, la Chambre a voté presque sans opposition, le rétablissement d'un impôt sur le vin.

Arbres à fruits. Le sol et le climat de la Grèce se prêtent asses bien à la culture des arbres fruitiers, et plus particnlièfêmèÂt des hespéridés, des figues et des mûriers. Par co.ntre, les difficultés de transport et surtout les maladies répétées et la concurrence étrangère, ont fait du tort à cette branche de la production. Malgré tout, elles'est maintenue à un niveau salisfaisant. En 191 1, on comptait 7 millions environ d'arbres fruitiers ^ avec un rendement de plus de 10 millions*.

Depuis 191 1, les progrès réalisés ont été grands, d'une part à cause des pépinières établies par tout le pays, soit par l'État, soit par la Société royale d'agriculture, de l'autre à cause des mesures très efficace prises pour combattre les maladies^. La qualité aussi s'est améliorée, grâce aux spécialistes que l'État a fait venir de France et qui, parcourant le pays, ont donné l'enseignement le plus utile aux paysans.

Le coton et la pomme de terre. Tous les produits au moyen desquels on a suppléé à l'insuffisance des céréales ont le double inconvénient de dépendre des marchés étrangers et de ne pas être des produits de première nécessité dans le sens rigoureux du mot. C'est pourquoi 00 a lait dans ces dernières années de gfands efforts pour répandre la cul-

X . Cf. Tombazis, p. 37, pï Théry, p. z3o. a. Papagheorghiou, p. 4o.

3. Soit 10x5000 arbres à fruits ordinaires, 838ooo hespéridés, 1993000 figuiers, a 100000 mûriers, i845oo châtaigniers, loaooo caroubiers, etc.

4. Les figues donnent en moyenne 5 ôoo 000 drachmes, les cocons de soie

* 1 5ooooo, etc.

5. Ainsi, depuis igi^yle procédé américain de la fumigation a donné d'excellents résultats pour les maladies des hespéridés.

us FROGaàa égonomiqubs nm la c^tix»

tare de la pomme de terre et du coton. La chose n'allait pas sans difficultés; dans beaucoup de pays, la pomuie de terre peut être cultivée à sec, les hauts plateaux ou les vallées coiMerranl, Biiéœa pendant l'été, quelque humidité. En Grèce, elle ne saurait pousser qu'à proximité de cours d'eau ou de puits, et ni les uns ni les autres n'abondent dans le pays. Cependant, Tutilité du tubercule ^t telle que ces difficultés ont surmontées. La production, de loooo tonnes en 1902 S a passé 4 ai millions d'ocques en igi3, 23 en igi^» 36 1/2 en 1916; on calcule aujourd'hui qu'elle approche de ôo millions ^.

Ici encore il s'agit d'un progrès dàà la guerre, mais qui» sans doute» lui survivra.

L'essor qu'a pris la culture du coton est dû au premier en date des ministres de rÉconmnie nationale» M.Ëm* Benaki, qui»ayant dirigé pendant longtemps une des plus grandes maisons de commerce de coton du monde, a fait des efforts persévérants pour implanter le coton égyptien^

La Société d'agrieulkire» Tenant à la reseousse» achetait le npurean produit et le vendait sans bénéfice.

Depuis, cette intervention est devenue inutile, car le coton égyptien» qui a réussi surtout en Messénie, s'est fait sa place sur le marché.

Parallèlement, 6. Ghristaki^Zographos a, dans ses grandes propriétés de Thessalie, essayé avec le plus grand succès, le coton américain. Grâce à l'emploi simultané de l'espèce égyptienne et de l'espèce am^caine, la Grèce ert ea tmin de devenir un pays producteur de coton de quelque importance.

Canclusion. — Il résulte de tout ce qui précède que la Grèce peut être fîère de ses agriculteurs : étant donné les difficultés sans ncmibre qu'ils ont à surmonter, ils lui font peut-être plus d'honneur que ses commerçants*

Cependant, si l'homme peut vaincre la nature, il ne saurait la transformer. Quoi qu'on fasse, la Vieille Grèce restera un pays pauvre en céréales, La situation est moins mauvaise depuis la libération de la Thessalie ; elle s'améliorera le jour où la Macédoine, délivrée et tranquille, donnera tout ce qu'elle peut donner»; elle ne deviendra définitivement bonne que quand la Thrace et l'Asie Mineure orientale, ces deux provinces, essentiellement agricoles, seront réunies à la mère patrie.

Page 1