AVANT-PROPOS
Il y a quarante ans, le comte de Gobineau, dans sa remarquable étode sur le Royaume des Hellènes» insistait, entre autres points, sur les très grands progrès économiques réalisés depuis i83o. On Toudrait dans les pages qui vont suivre montrer d'une façon un peu détaillée les progrès réalisés depuis 1878, et plus particulièrement dans ces
dmiières années.
Mais quand on veut ne pas se contenter d'un exposé tellement
général qu'il perde toute personnalité et tout intérêt de nouveauté, et
qu'on ne dispose d'autre part que d'un nombre limité de pages, un
pareil programme est plus facile à tracer qu'à réalisœ.
Si on prétend, en effet, embrasser toutes les branches de ractivité économique, on court le risque de se borner à des tableaux et des énumérations de faits, qui peuvent être à leur place dans un rapport officiel, mais non dans une étude s'adressant au grand public.
Il faut donc faire un choix entre les questions; mais que choisir et
que laisser de côté P
Nous avons estimé, que pour la Grèce, on pourrait se borner à la population, à l'agriculture et à 1 industrie. Les autres aspects de la Grèce économique, tels que le commerce, le change, les chemins de fer, la marine marchande, ont été suffisamment étudié» à l'étranger soit dans les ouvrages généraugi S soit dans des études spéciales
I. Voyez Edmond Théry, la Grèce actuelle au point de vue économique et financier (Paris, 1906); Percy Martin, Greece in the twentieth Century. Londres, ign; il existe de rouvrage une traduction française; Adolphe Struck, Zur Landeskunde von Grieehenland (Francfort, igis). Parmi les livres datant déjà de quelques années on peut citer : Sic. Ao^éplaç *0 EÔvtxbc nXouToç (Athènes, 1902), deux petits volumes dans la Bibliothèque pour la propagation des livres utiles et A. N. BepvapoàxTj, icepl TOu àv 'EXXàot 'EaTtoptou (Athènes, i885).
, a. Gomme, par exemple, l'étude toute récente de M. Yves-Guyot sur la J^orme marchande grecque dans les Annales franco-grecques (Paris), n** a;
LES I^EtOGBàs écONOMIQU^ DE LA GfiàCE
Un chapitre préliminaire donnera une idée des conditions écono* miques générales de la Grècoiet des difficultés énormes que le jeune royaume a trouvées sur sa route.
D'autre part, le mépris que les Turcs professent pour la statistique, rend difficile l'extension de cette étude à la Nouvelle Grèce, car on manquerait de points de comparaison. Cependant, pour prouver ce que la Grèce peut faire des provinces dernièrement réunies à la mère patrie, nous montrerons dans un dernier chapitre les progrès prodigieux réalisés par laTtiessaiie depuis sa libération.
£n lisant ces pages» on arrivera sans doute à la conclusion que si c'est en vertu du principe des nationalités que la Grèce demande Textension de ses frontières actuelles, elle peut en même temps se flatter qu'en l'espèGe Tapplication du dogme mancinien coïncide on ne peut mieux avec les intérêts supérieurs de la civilisation.
Sans doute, les nouvelles provinces sont-elles indispensables à l'essor économique de l'ancien royaume hellénique, dont» comme le disait La Fayette, on avait eu soin d'exclure la majeure partie ^ des terres grecques, mais elles aussi trouvent dans leur union avec la mère patrie les garanties le& plus sûres d'un immense progrès matériel.