Théry, p
3. La Bulgarie doit sa libération aux sacrifices énormes en hommes et en argent consentis par la Russie en 1877-1888 et à rintervention énergique de la Grande-Bretagne qui, en i885-i886, décida Abdul-Hamid à sanctionner le coup d'Etat de Philippopoli et l'union de la Roumélie-Oricntale à la Bulgarie. Depuis quatre ans, ces deux grandes puissances ont eu le temps de méditer sur l'ingratitude des humains.
^ LES PROÇtaàft icONOMIQU» ra Isk GBàCB
Si» comme on Ta dit sottveiit» l'augmentation de la population esl l'indice le plus palpable des progrès d'un pays, ce tableau rend, si l'on peut dire, superflu le reste de cette étude. 11 démontre en effet ; i** que la population ayant passé de 65z a33 à 2 63 1 gôa habitants, a p<as que quadruplé, et a*", que cette augmentation, si elle est due en partie à la réunion des îles Ioniennes (en i864, 228 63i habitants) et delà Thessalie (en 1881, 298 gg3 habitants), est attribuable avant tout à une réelle augmentation de la population, laquelle a plus que triplé par kilomètre carré (40,9 contre i3,2). .
La science démographique attache une importance particulière à la^ formation de grandes agglomérations urbaines. Gomme le dit dans son étude sur les Grandes Villes antiques et modernes, Jules Beloch, réminent professeur de TUniversilé de Rome :
« Les grandes villes sont le baromètre de la civilisation et du développement économique d'un pays. Plus le nombre des villes importantes est grand, plus l'état économique de ce pays est développé; la rapide augmentation des villes est un signe infaillible de ses progrès économiques. »
A ce point de vue l'étude des recensements grecs est on ne peut plus insti^ictive ; en i8ô3, le royaume de Grèce ne comptait que trois villes de plus de 9 000 habitants avec un total de 66000 âmes, en 1917 il en comptait 18 avec un total de ^78 887. Le tableau que voici donnera une idée plus concrète de la chose :
Moaoement 'de la population des villes du royaume de Grèce comptant plus de 9 000 haintants
1S53. 1907. Aneiiwntatiim.
Athènes 3o 690 167 479 ï36 889
Syra*. 19 981 18 i3a x 849
Kalamata 3 94a i5 939 1 1 997
Patras i5854 87 724 21 870
LePirée 5 434 78579 68 145
Pyrgos 3 5o2 , i3 690 10 188
Tripolis 6 600 10 789 4 189
Ghalcis. 5 3i7 10 968 5 64i
Lamia 3 001 4 9 685 6 684
Laurium^ >i 10 007 10007
94aai 367982 373761
I. Le Laurium, fondé après 1870 figure pour la première fois dans le recensement de 1879 avec 4706 âmes, r -
UB paoanàs Èomamomm» db la onèce 9 Iles Ioniennes
IVJO, 1907. Augmentation.
Gorfou i5 46a 18 987 3 535
Zanfe* 17616 i358o — 3 936
ArgostoH 8 106 9 3oi 1 196
41074 4i868 794 ThessaUe
1881. 1907, Augmentation.
Volo 4987 . a3 563 18676
I^arditsa 4 5o4 9 664 5 x6o
Larissa. i3 169 18 001 . 4833
Triccala 5 563 17 809 la a46"
a8aa3 69037 4o8i4
Quand on parle de population, une comparaison avec Tanti^ité simpose. D'après les travaux de Beloch, le spécialiste le plus autorisé en la matière, la population de la Grèce au début de la guerre du Pélo- . ponèse (43a av. J. C.) se divisait comme suit :
Population
Dont esclaves
Densité
Régions.
totale*
et oorfs.
km*.
35oooo
Grèce continentale et Eubée..
Grèce occidentale (Etoliet Acar*
la
Grèce du Nord (Thessalie, Epire
du Sud, Sporades du Nord). .
761 boo
aSoooo
iSoooo
* 5oooo
*4oooo
Le recensement de 1907 f (Mirait le tableau que voici :
Population.
Densité par kai^.
Grèce continentale et Eubée.
4aa 677
4oj9
I. La diminution de la population de Zante s'explique surtout par det tremblements de terre répétés, etsubsidiairementpar la crise duraiainMO.
De 1879 à 1889 on avait noté une augmentation de 894 âmes.
a. Sur ce total, la Grèce continentale occidentale comptait 188 697 habitants, ce qui revient à aapar kilomètre carré/contre la en 433 avant Jé«us-^ Christ.
iO
LB8 PBOGBÈS ÉCONOMIQUES J>£ LA GBÈCB
Si nous comparons les deux tableaux, nous trouvons une augmen» talion très sensible pour les îles Ioniennes, le population passant de -51 à loS habitants par kilomètre carré, ud6 augmentation appréciable pour la Grèce continentale, et une certaine augmentation pour le Péloponèse. En revanche, les Cyclades restent où eUes étaient, et la ^rèce du Nord présente un recul sensible. Ces différences s'éclairent si nous les étudions à la lumière de l'histoire moderne. On y trouve les conséquences encore très nettes de la domination turque et de la jfuerre de l'Indépendance.
Les fies Ioniennes qui n'ont pas connu la domination turque, ont une moyenne de population qui dépasse celle de beaucoup de pays les plus prospères de l'Europe, par exemple la Suisse (83 habitants par kilomètre carré).
Les Cyclades, qui sont la partie la plus aride et la plus pauvre de la Grèce, mais qui, protégées par la mer, n'ont pas souffert des révoluiions, ont une population proportionnellement supérieure è celle du Péloponèse, et, chose curieuse, exactement la même qu'au temps de Périclès.
La population du Péloponèse, lors du recensement opéré par la Miwion scientifique de laMorée \ s'élevait à 336 366 âmes ; elle a donc presque triplé en quatre-vingts ans ; si elle n'avait pas perdu près de loo ooo personnes durant la Bévoluiion grecque, elle comprendrait fnrès de x aooooo âmes au lieu de 987000.
Même observation pour la Grèce continentale. Celle-ci, non compris l'Ëuhée, comptait, en 1907, 668898 âmes : elle en comptait i84 3oo en 1838. Elle a donc plus que tripU*. Mais si au cours de la Bérolution elle n'avait pas souffert plus encore que le Péloponèse, si elle n'avait pas perdu 84 4i5 habitants sur un total de a68 716, qu'elle ^comptait en i8az, elle anrait aujourd'hui 800000 Ames au moins.
L'œuvre destructrice du Turc fut dans l'ancien royaume en partie composée par l'afflux des réfugiés des provinces irrédimées. Sans les dizaines de mille réfugiés de Crète, Macédoine, Ëpire, Thessalie, Iles", Asie Mineure, le Péloponèse et la Grèce continentale, au lieu de voir leur population réduite d'un quart ou d'un tiers l'auraient vue diminuer de près de moitié. Cependant il est à remaïqner que cette ' •compeasAtion elle-même avait lieu aux dépens de terres également helléniques, et qui, quand sonna l'heure de la délivrance, se trouvèjreut partiellement dépeuplées.
I. Voyez Expédition scientifique de la Morét (Paris, i834), P. 57-85 du 4- l", première partie.
a. ^ l'augmentation n'est pas due seutonent a la capitale et à sou port. 3. Chic, Psara, etc.
LBS FBOGBàs ÉCONOMIQUBS OB lA GBàCE 11
Le cas des provinces délivrées en 1881 (Thessalie et Axta) est caractéristique à cet égard. Ce mmX les im>Tiiices les plus riclies du Royaume; leur population a passé de 2g3 ggS âmes en 1881 à 4s2 577 en 1907 *; en d'autres termes, elle a augmenté en vingt-sept ans de plus de 3o p. 100; pourtant la population par kiloniètre carré reste inférieure à celle de la Grèce continentale, pays montagn^ix par excellence, et inférieure encore à ce qu'elle était dans Tantiquîté, alors qu'il y a — nous l'avons vu — augmientation dans tout le reste du pays.
< A côté des progrès de la population, le recensement de 1907 a permis de constater ceiuc de i'instructioB publique. Us apparaissent clairement dans le tableau suivant :
Proportion des personnes sachant lire et écrire par 100 habitants
1870 tffiT soit 28,34 des hommes et 6,3 des femmes
Les progrès auraient encore ici été plus sensibles sans Tiafluence de la domination turque, car les provinces qui comptent le plus
d'illettrés sont celles qui ont été délivrées en i88i. On compte aussi beaucoup d'illettrés dans les îles Ioniennes et particulièrement à Zante, car le protectorat britannique, qui faisait beaucoup pour l'enseignement supérieur (Corfou avait une Université fréquentée, il est vrai, par soixante-cinq étudiants seulement) ne faisait presque rien pour renseignement primaire.
La proportion de 33,73 p. 100 de personnes sachant lire et écrire, paraîtra faible à un lecteur français* Il faut, cependant considérer, comme le fait Struck. p. 79, qu'elle est de peu inférieure à celle de ritalie (43,99) ou de l'Espagne (36, 20) et sensiblement supérieure à celle de la Bulgarie (23,87 p. 100), de la Roumanie (17,40 p. 100) et
de la Setrbie (16,99 P* ^^)* Depuis 1907, l'instruction publique a fait des progrès considérables.
Il résulte des statistiques offlcielles que le nombre d'élèves inscrits aux écoles primaires a augmenté comme suit :
Garçons. Filles. Total.