‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 32 sur 92 · Ibi '., p · texte numérisé non relu

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Quelle taille peut avoir au juste le duc d'Alençon? » — (( La mienne, à peu près, » répondit Cecil. — « Vous voulez dire celle de votre petitiils ' ? » Il n'osa pas répliquer.

En faisant part à La Mothe-Fénelon de cet entretien, Cecil lui avoua néanmoins qu'il préférait de beaucoup le duc d'Alençon à son frère, comme plus éloigné d'un degré du trône, et parce qu'il s'accommoderait, lui avait-on dit, plus facilement de la religion anglicane. La Mothe-Fénelon en convint. La négociation étant ainsi engagée, Catherine voulut y mettre la main elle-même. A la fin de mars, se promenant dans le parc de Blois, elle s'y rencontra avec Smith et Walsingham et, comme entrée en matière, elle leur demanda si le duc de Norfolk avait été exécuté. Ils répondirent qu'ils n'en avaient reçu aucune nouvelle. — « Userait à désirer, leur dit-elle, que votre maîtresse pu! sortir de ces troubles. » Et, se tournant vers Smith : « Ne sauriez-vous trouver un moyen de lui faire agréer mon fils d'Alençon? Je ne vdis pas où elle pourrait avoir mieux. » — « S'il plaisait à Dieu, répondit Smith, qu'elle fut mariée et qu'elle eût un fils, toutes les conspirations se-

1. La Mothe-Fénelon, Correspondance diplomat . , i. IV, p. 370.

LES PROJETS DE MARIAGE D ELISABETH loi

raienl bien vite étouffées; si j'avais un pouvoir aussi étendu que pour le duc d'Anjou, l'affaire serait vite conclue. » — « Ne voudriez-vous pas, pour l'avoir, reprit-elle, repasser la mer? » — « De gTand cœur, s'écria-t-il, ou il faudrail que je fusse bien malade. » L'entretien en resta là. Quelques jours plus tard, étant avec Smith, Catherine pensait que la reine Elisabeth ne se trouverait jamais en sécurité tant qu'elle ne serait pas mariée. Smilh fut de cet avis : « Si la reine avait un enfant du duc, cela ferait disparaître (unie crainte ». — Catherine répondit : « Je ne doute point qu'elle ne puisse en avoir cinq ou six. » — Smith ayant <lil : « Vous croyez doue que le duc irait bien vile en besogne? » le propos la fit sourire : — « Je le désire infiniment, ojouta-l-elle, et, j'en suis sûre, de mon vivant j'en verrai au moins quatre. Puisqu'elle a agréé le duc d'Anjou, pourquoi celui-ci ne lui plairaitil pas? il est non moins vigoureux <•( gaillard, et peut-être plus. La barbe commence à lui pousser ; je lui ai dit dernièrement que j'en étais fâchée, de crainte qu'il ne lui plus petit que ses frères. » — « Les hommes, reprit Smith, croissent d'ordinaire à son âge, la barbe n'y fait rien. » — « Il n'est pas si petit, répliquat-elle, il est aussi haut que vous, ou peu s'en

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faut.» — Alors Smith : « A cela près, je voudrais qu'il pût plaire à ma souveraine, » et il cita l'exemple de Pépin le Bref, qui n'allait pas à la ceinture de la reine Berthe. — « Vous avez raison, lit-elle, c'est le cœur et le courage qu'il faut avant tout considérer dans un homme '.» Et elle lui donna congé.

La ligue entre la France et l'Angleterre ayant été conclue le i avril2, Catherine voulutl'anuoncer elle-même à la reine Elisabeth; elle lui lit également part du mariage du roi de Navarre avec sa fille Marguerite de Valois, dans lequel elle entrevoyait un gage de paix pour la France s.

Il avait été convenu que le maréchal François de Montmorency, accompagné de M. de Foix, irait en Angleterre, et que l'amiral Lincoln '' viendrait en France pour échanger les ratifications. Le maréchal devait en outre être officiellement «liai;:!'' de demander la main d'Elisaheth. Cavalcanti, envoyé en éclaireur, avait emporté un portrait très flatté du duc, que Leicester

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