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I. Mémoires du duc de Nevers, l. I. p

128 LES PROJETS DE MARIAGE d'ÉLISABETII

Jours vénitiens le traitent de coureur d'aventures : nous l'appellerons le Gaston d'Orléans de la branche des Valois. Tout enfant, il avait manifesté une telle aversion pour son aine, le duc d'Anjou, que Catherine fut contrainte de l'en séparer et de le faire élever seul l. Ambitieux avant d'être homme et d'une conscience accommodante, il attacha à sa personne tous ceux que le duc d'Anjou, devenu très dévot, écartait de la sienne, comme entachés des opinions nouvelles. Les quatre fils du connétable de Montmorency, les politiques d'abord, et les principaux protestants, comprirent bien vite qu'ils trouveraient plus tard en lui un chef, et s'associèrent à sa fortune.

Au moment où le duc d'Anjou se montrait si peu disposé à épouser Elisabeth, Catherine avait pensé à lui substituer son frère, ne s'en dissimulant pas toutefois les difficultés : « Il a seize ans passés, écrivait-elle à la Mothe-Fénclon, il est petit pour son âge; s'il étoit de grande venue comme ses frères, j'en espérerois quelque chose, car il a l'entendement et le visage aussi il" plus d'âge qu'il n'a 2. » — La

I . A.mbassadeursvénitiens, Relation de Giovanni Michieli, l. Il, \>. 230.

'-'. La Mothe-Fénelon , Correspondance diplomatique, I. Ml. p. 179.

LES PROJETS DE MARIAGE DÉL1SABETD 1 2\)

Mothe-Fénclon répondil que la reine aurail lieu de s'en offenser comme d'une moquerie;

mais, dans les premiers jours de janvier l">72, lorsque le projel de mariage d'Elisabeth avec le dur d'Anjou lui définitivemenl abandonné, Catherine, reverianl à sa première idée de proposer le t\i\r d'Alençon, invita la Mothe-Fénelon à profiter d'une prochain /Casion qui

s'offril bientôi d'elle-même. A la lin de janvier, La Mothe-Fénelon passa une gTande heure à converser avec Elisabeth, en compagnie de Ceci] ei de Leicester; au moment où Cecil se retira, il le suivit dans une salle voisine et, l'entretien reprenant, il l'amena, de propos en propos, sur le duc d'Alençon. — « Enavez-vous déjà parlé à la reine? » demanda Cecil. — « Pas encore. »— « Eh bien ! gardons-nous d'en donner connaissance à qui que ce soit, jusqu'à ce que nous nous soyons mis d'accord sur la manière de nous y prendre '. » Sur ces entrefaites, des lettres de Smith et de Walsingham, favorables àce projet, étanl arrivées de France, Cecilse hasarda d'en parler à Elisabeth 2. « La disproportion d'âge, lui dit-elle, est par trop inégale.

1. La Mothe-Fénelon, Correspondance diplomatique, l. IV, p. 35b.

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