I. La Mothe-Fénelon, Correspondance diplomat., t. Y, p
l.l'.s PROJETS DE MARIAGE D'ELISABETH 133
retrouvant nos ambassadeurs dans le jardin du palais: — 1« D'après vous, dit-elle à deFoix,le duc se contenterai! de ce que j'ai accordé à son frère, mais je oe me souviens pas d'avoir rien accordé : le désir d'assurer la sécurité de mes
Slljcls peut seul nie faire passer sur la disproportion d'à-''- " — De Foix répliqua qu'elle n'était pas si grande, le duc d'Alençon étant fort, vigoureux, capable de lui faire des enfants; elle était habituée a gouverner, à commander seule ; il valait doue mieux (pie sou mari lût plus jeune et plus docile. De lui-même, et à plusieurs reprises, le duc avait demandé qu'on le mit a la place de sou frère, se contentant de l'exercice privé de sa religion, sans bruit, sans scandale, tout disposé mémo à ce qu'on n'en parlât pas et consentant à assister aux cérémonies qui ne seraient pas trop contraires à sa religion. — « .Mais l'exercice même privé de sou culte pouvant amener des troubles, dit-elle, m unirait -il se passer de messe pendant quelque temps? » — De Foix répondit: t< Toul prince sage et piaulent cherche a éviter les causes de troubles et de divisions. » File le pria d'attendre jusqu'au lendemain sa réponse, qui fut évasive comme de COUtume. Fiant un peu pressée par de Foix, elle
promit de taire part elle-même à Catherine des
raisons qui retardaient sa décision. Le 2o mai, nus deux ambassadeurs, admis à la séance du conseil privé, insistèrent pour une prompte solution; malgré leur instance, elle fut renvoyée à nu mois. Le 29 mai, ils eurent leur audience de congé. Rendant compte de tout à Walsingham, Elisabeth lui écrivit que, « ayant craint qu'un refus trop soc ne fût pour nos ambassadeurs un déplaisir trop sensible, on lui avait conseillé de ne pas rejeter toul à fait leurs offres, et d'attendre le retour de l'amiral Lincoln1 ».
Lord Lincoln arriva à Paris le 9 juin 1572 ' : le 11, le secrétaire d'Etat Pinart. le maréchal de Cossé, et M. de laForest, notre ambassadeur en Angleterre, vinrent le visiter au Louvre -, et le prévinrent (pie, suivant le désir du roi, il séjournerait à Paris ce jour-là un mercredi, et le jeudi, niais que Le vendredi il serait conduit an château de Madrid avec les deux autres ambassadeurs Walsingham H Smith. Une indisposition de lareine mère était l'unique cause de <•(■ retard. Le vendredi matin des coches vinrent prendre les trois ambassadeurs. Le prince Dauphin et le duc de Montpensier montèrent
1. Voy. ses instructions dans les Lettres ri négociations de Walsingham, \>. 24 I .