‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 38 sur 92 · I. La Mothe-Fénelon, Corresp. diplom., p. JH et suiv · texte numérisé non relu

I. La Mothe-Fénelon, Corresp. diplom., p. JH et suiv

i i S PROJETS DE MARIAGE D ÉLKABETE I \~

affaires sérieuses, elle leur déclara, en présence de ses conseillers que, décidée à se marier, elle désirail d'abord voir le duc Elle prononça ces mots d'une voix si douce, si sympathique, qu'on l'interpréta dans le sens le plus favorable. La Môle e1 La .Mollir en profitèrent pouf lui demander que la question de l'entrevue fui laissée à l'appréciation de Catherine, mais que préalablement les articles arrêtés pour le mariage du duc d'Anjou fussent maintenus. Le lendemain, Elisabeth leur remit une lettre en réponse à celle de Catherine, e1 adressa quelques mots très liai leurs à La Môle. De leur cote, séduites par les cajoleries de La Môle, les dames d'honneur lui répétaienl chaque jour: « Hue monseigneur le duc vienne ! >; Ceci! écrivait ;> YValsin-ham : « Sa Majesté me parait moins éloignée du mariage que je ne le pensais. »

Smith, dans une lettre adressée àWalsinghaanj élait plus pressanl encore: « L'amant fera bien peu s'il ne se donne pas la peine de voir une fois l'objet de ses amours: il y a vingt moyens pour passer de France ici. y être bien venu, et faire plus en une heure qu'on ne sauroil faire en deux ans. Capido ille '/ni vincit omnia in oculisinsidet. Les femmes veulent paraître être Eorcées même ;'i ce qu'elles désirent le plus. Si

nous sommes froids, c'est notre jeu. C'est le sexe qui le veut ainsi. N'est-ce pas à un jeune homme d'être hardi, courageux et entreprenant? tout ce qui peut lui arriver de pis est un honnête refus. Le pis qu'on puisse dire, c'est que c'est un phaéton \ »

Tout semblait marcher à un dénouement prochain, lorsque tout à coup, dans un ciel en apparence sans nuages, éclata de l'autre côté de la Manche ce terrible coup de tonnerre qui depuis trois cents ans retentit encore dans notre histoire, la Saint-Barthélémy. C'est un courrier venu de France et débarqué à la Rye, qui en apporta le premier la nouvelle. Des pécheurs prirent ses dépèches et les portèrent à la reine. Des protestants échappes de Dieppe vinrent confirmer la fatale nouvelle; comme une traînée de poudre, elle se répandit dans toute l'Angleterre et donna lieu aux plus sinistreinterprétations. La vie de Marie-Stuart fut un moment en danger ; l'évèque de Londres Edwin Sandys demanda sa tète \

La Mothe-Fénélon, par une première lettre

1. w ilsi .-h.'Lin. M - et lettres; Lettre de Smith à Walsingham, p. 2

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