Ibid., V'ilrnthh D fh t« th Qiu i n, p. I
L'état du duc d'Alençon no lui permettant pas de longtemps de se rendre en Angleterre, Catherine et Charles IX jugèrent à propos d'y envoyer le comte de Retz. Ils comptaient sur son habileté pour dissiper les dernières défiances soulevées par la Saint-Barthélémy et pour démêler les véritables intentions d'Elisabeth l. A son départ, le duc d'Alençon lui remit une lettre pour la reine ; trop malade encore, il n'avait pu que la signer.
Elisabeth y répondit de sa main : « Pour avoir reçu une déclaration bien longue de vos éternelles pensées, j'y entends une affection bien grande et je me reconnais bien fort tenue à vous 2. »
En dépit de ces chaleureuses protestations, la fin de l'année 1573 s'approchait rapidement et l'interminable négociation du mariage, loin d'avancer, avait fait un pas en arrière. « On m'a écrit de France,» était venu dire Cecil à La Mothe-Fénelon, « que les marques de la petite vérole n'avaient pas entièrement disparu, qu'il restait de l'enflure au visage du duc. La reine Elisabeth allait faire partir pour la France Ran-
I. Record office, St ate papers : Franee;Le seizième siècle et les Valois, |». 372.
■:. Ibid.
<l<il|ih, le grand maître des postes d'Angleterre, (jiii emporterail un portrail du duc d'Alençon, afin d'en vérifier La ressemblance. » Voilà bien I»- Im i apparenl de cette étrange mission, niais avanl tout, Randolph devail rendre compte à Elisabeth de ce qui se passait en France. Des bruits inquiétants avaient couru suc la santé de Charles IX. » Son étal maladif, dit dans ses Mémoires Marguerite de Valois, avoit réveillé bien des espérances , fait mettre en avanl bien des projets '. » Le nouveau roi de Pologne, dans cette triste prévision, relardait de jour en jour son départ. Si enfinil s'y décida, ce ne fut que sous la pression des menaces de Charles IX. « Mon frère, si vous ne partez pas par amour, lui avait-il dit, je vous ferai partir de force. .. Laissant le jeune roià laFère, Catherine accompagna son fils bien-aimé jusqu'à la frontière de la Lorraine ; en lui faisant ses adieux à Blamont -, ses dernières paroles furent significatives : << Vous n'y demeurerez guère. »
Le duc d'Alençon el le roi de Navarre avaient suivi Catherine un peu malgré eux. Au retour de ce vovaee de Lorraine, leur évasion
l. Mémoires de Marguerite de Valois, édit. Charpentier, p. i'i.
•j. Blamont, ville de Lorraine,
avait semblé possible. Maisonileur, d'accord avec Elisabeth, y poussait vivement le duc. « Si vous ne vous hâtez pas de venir cette fois, lui écrivait-il, la reine aura lieu de croire que toutes les longueurs dont vous avez usé jusqu'à présent, tout le beau langage que vous lui avez tenu par vos lettres, n'ont été qu'autant de ruses pour la surprendre, et que tout s'est fait par le conseil de Madame la Serpente, afin de prolonger les choses et les tenir en haleine pour quelque sien dessein que personne n'entend. Que direzvous à nda, Lucidor? n'est-ce pas là ce que vous demandez? On vous appelle, on vous invite à voushâter, ô Lucidor, Le plus fortuné prince de la terre, s'il sait bien user de la fortune J ! »
(letle fois encore, le projet de fuite échoua quoique bienconcerté avec les chefs protestants dont une troupe devait venir enlever les deux princes. La veille du jour fixé pour l'entreprise, nu gentilhomme catholique, Miossans, en eut veut, et dit tout à Marguerite de Valois qui en ayertil sa mère2. Une fois prévenue, Catherine pril de telles précautions que toute évasion devint impossible. Charles IX avait