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108 LES PROJETS bE MARIAGE D ELISABETH
ter qu'il n'avait pas conspiré, qu'il n'avait voulu que favoriser l'évasion de son maître et rejetant tout sur Thoré qui avait prudemment pris la fuite l. Coconas fit de plus graves aveux. Mesurant à ses révélations l'étendue du danger, Catherine y fit face avec une virile activité; elle fit enfermer à la Bastille les deux maréchaux de Cossé et de Montmorency; trois armées marchèrent contre les révoltés du centre et du midi ; Matignon barra le chemin à Montgommery et l'enferma dans Saint-Lô.
Avertie tout aussitôt de l'arrestation de La Mule qui lui avait été si sympathique, Elisabeth fut prise d'un sentiment de pitié2; elle ordonna à son ambassadeur Yalentin Dale d'intercéder pour lui. La veille de l'exécution, étant donc venu trouver Catherine, il dit « que la reine sa maîtresse ne savait pas de quoi La Mole pouvait être chargé, mais que, s'il ne s'agissait pas de chose de grande offense, elle intercéderait volontiers pour lui ;! ».
Catherine répondit que son lils avait pardon-
1. Castelnau, Mémoires, édit. de Le Laboureur, t. II, p. 378 el 379.
2. La Mothe-Fénelon, Corresp. diplom., t. VI, p. 107. :t. Record office, Slate papers, France; Calendar <>f
Statepapers [1572-1574 . p. 1:92; La Mothe-Fénelon, Correspondance diplomatique, I. VII. p. 461.
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né à ses sujets, révoltés pour cause il"' la religion, mais que ce n'étail pas le cas de La .Môle Qourri à la cour de longue date-, ayant vécu de leur pain, cl traité par le fui qoe en sujet, mais comme un compagnon. Quandde semblables accidents étaienl survenus en Angleterre, la reine n'avait épargné ni Norfolk, ni ses propres parents, elle agirai! de même1. Le.'W avril, La Môle et Coconas étaient décapités. Le lendemain de l'exécution, Charles IX ayant mandé à Vincennes l'ambassadeur d'Angleterre, lui dit qu'en face de la mort La Mole et Coconas s'étaient reconnus coupables et justement condamnés -. Le matin il s'était fait tirer du sang-, et, se sentant mieux, il parla au docteur du mariage de son frère. Les troubles présents rendaient l'entrevue impossible, mais aussitôt qu'ils seraient apaisés, il se promettait d'aller en Picardie « pour la favoriser » 3. Catherine se faisait-elle illusion sur la santé de sou fils, ou voulait-elle, dans l'intérêt du roi de Pologne, en dissimuler les tristes réalités? Le I" mai,
I. Record office, State papers: France; Calendar of State papers 1572-1574), p. W2; La Itfothe-Fénelon, Corresp. diplom., t. \ I. p. l\ ; t. VII, p. 'e'-l.