‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 52 sur 92 · Bibl. nat., Fonds français, n° 3194, p · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Fonds français, n° 3194, p

:t. Calendar of State paj^ers (1572-1574), Ncivs from, Paris, \i. il '2.

LES PROJETS DE MARIAGE d'ÉLTSABETD 1"<

Valentin Dale; après lui avoir présenté ses compliments de condoléance, il la pria « de ne pas laul abaisser le duc d'Alençon el le roi de Navarre ' ». Affectanl de ne voir dans cette intervention qu'une aouvelle marque d'amitié de la reine Elisabeth, Catherine affirma qu'elle n'avait qu'à se louer des deux princes el de leur obéissance ; des gens de petite qualité, s'efforçaient, il esl vrai, do les débaucher el olle en accusa quelques-uns des Anglais de la suite de Leigthon, l'envoyé extraordinaire de la reine Elisabeth2. Leighton vint la trouver et désavoua toutes ces intrigues; Catherine, en le regardant dans les yeux, so borna àrépondre qu'elle connaissait parfaitement ceux qui avaient mono toutes ces pratiques, et lui rappela qu'elle avait proposé à Elisabeth tous ses enfants, les uns après les autres. Le duc d'Alençon entra à ce moment: « En voici encore un, dit-elle, que je présentaisde bon cœuràvotre maîtresse.» Le due, donl la leçon étail faite, protesta de sa fidélité au roi son frère, donl rien ne le détournerait. Lorsqu'il se relirait, Leighton lui ayant dit quelques mois à l'oreille, Catherine intriguée

I. Calendar of State papers (1572-lo74 . p. .109. ■j. La Mothe-Fénelon , Corresp. diplom. , t. VI . d. 431,

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demanda à son fils ce que Leighton avait bien pu lui dire. « — Il m'a dit : « Que la reine Eli- » sabeth n'avait rien qui ne fût à son comman- ■> demeni '. »

C'est le 27 août seulement que Catherine prit la route de Lyon pour aller à la rencontre d'Henri III, parti le même jour de Turin. Elle n'avait plus à surveiller le duc d'Alençon el le prince de Navarre, les ayant mis tous deux sous la garde des beaux yeux de madame de Sauves, sa dame d'atours et la petite fille du surintendant des finances, Jacques de Scmblançay, pendu sous François Ier pour satisfaire la vengeance de Louise de Savoie. Un contemporain a dit de madame de Sauves: « Elle alloit coucher d'un parti à un autre, la plus accorte, la mieux parée et attifée, ayant presse aux plus grands ;i qui l'accosleroit de plus près.» — «Nos premières haines, dit un jour Henri IV à Sully en parlant du duc d'Alençon, viennent de cette Ici urne ; elle me témoignoit de la bonne volonté el If rabrouoit toujours devant moi, ce qui le faisoit enragei'2. » Henri IV avait L'étrange illusion dese croire seul dans 1rs lionnes grâces

t. British Muséum, Lettre de Catherine <) /.</ Mothe- Féneloh.

.'. \h m. de Sully, édit. de Michaud el Poujoulat, l. II.

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de la dame : le duc d'Alençon étail aussi au mieux avec elle, et si les deux beaux-frères, se jalousant, devinrentel restèrent ennemis, cette Circé, comme l'appelle Marguerite de Valois, étail en même temps recherchée par Duguast, Souvré e1 le duc de Guise, ions plus aimés d'elle que les deux princes rivaux '. C'est au duc de (luise qu'elle resta, je ne dis pas fidèle, mais du moins le pins longtemps attachée. A bien des années de distance, il sortait de ses bras, lorsqu'il alla tomber sous le poignard des sicaires de Henri III.

Lord North, envoyé par Elisabeth pour complimenter le nouveau roi, Henri III, rejoignil la cour à Lyon. Un grand bal y fui donné en son honneur. Assis à la droite de Catherine, il suivait des yeux Marguerite de Valois, qui « menoit un branle avec le duc d'Alençon » el ne tarissait pas d'éloges sur cette éblouissante beauté, alors dans tout son éclat. Tout en écoutant lord North, Catherine lui fil remarquer le due d'Alençon : « Ne trouvez-vous pas, lui dit-elle, qu'il n est poinl si laid, ni si difforme

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