I. La Molhe-Fénelon, Corresp., diplom., i. VI, p
Lettre de Catherine désavouant formellement le récit calomnieux de lord North. La Mothe lil donc comprendre dans une dépêche que, pour le moment . il n'y avait pas à s'occuper du mariage '.
Le duc d'Alençon el le prince <l<' .Navarre allèrent jusqu'au ponl de Beauvoisin à la rencontre d'Henri [II, qui les reçut d'assez bonne grâce, les embrassa et leur dit qu'ils étaient libres. Dès les premiers jours de son règne, Henri [II va se montrer tel qu'il restera jusqu ;i la fin, insouciant du lendemain, nullement in— quiet de la guerre civile qui désolail encore les provinces, perdanl deux mois à Avignon après en avoir perdu un à Lyon, prodiguant ;i ses favoris l'or si péniblement arraché aux banquiers italiens, rabaissant son intelligence si douée à de puériles futilités, ne se résignant qu'à grandpeine ;i aller se taire sacrera Reims, et, le lendemain de son sacre, épousant cette douce el charmante Louise de Lorraine qu'il avait vue à Nancy en allant en Pologne et dont le cœur était engagé ailleurs.
Grandes dames masquées en quête d'aventures, embuscades, guets-apens, duels, fêtes de
l. La Molhe-Fénelon, Correspondance diplomatique, l. VI, |>. 380.
nuit et do jour, telle sera désormais la vie de la nouvelle cour. Deux camps sont en présence : dans celui du duc d'Alençon, Bussy d'Amboise1, la meilleure lame de France, ce « mignon de Vénus », comme on disait alors, l'heureux préféré de Marguerite de Valois, et qui payera de sa vie l'amour de madame de Montsoreau 2; Simier, courtisan raffiné ; La Châtre, gentilhomme accompli; des Pruneaux, habile diplomate ; Clausse de Marchaumont, financier renommé; Fervacques, un rusé Normand qui se donnera plus tard à Henri IV et deviendra maréchal de France. Dans le camp du roi, Duguast, insolent et railleur; Villequier, qui deviendra le premier gentilhomme de la chambre et poignardera sa femme en pleine cour11; Quélus, « cette fleur du printemps qui n'a pas vu son été », comme dira une complainte du temps; Saint-Maigrin, qui sera assassiné par les ordres du duc de Guise1; d'Arqués, enfin, dont le roi de France fera son beau-frère, en lui donnant le titre de duc de Joyeuse.