‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 73 sur 92 · Froude, Eistory ofEngland, i. XI, p. fcO · texte numérisé non relu

Froude, Eistory ofEngland, i. XI, p. fcO

d'Anjou au sujet des commissaires qui viendraient régler les conditions de leur mariage, et qu'aussitôt sa réponse reçue, elle fixerait la date de leur départ. Sur ces entrefaites, l'arrivée du prince de Gondé à Londres permit à Elisabeth de donner une nouvelle preuve de ses bonnes dispositions. Elle ne voulut le recevoir qu'à la condition que Gastelnau assisterait à leur entretien. Sans tenir compte de la présence de notre ambassadeur, Condé exposa les doléances des églises protestantes, les griefs du roi de Navarre et les siens. Elisabeth, dont les vues pour le moment étaient tout autres, lui conseilla la conciliation et la paix '.

Rassuré par cette pacifique déclaration, Castelnau écrivait à des Pruneaux, l'agent du duc d'Anjou dans les Pays-Bas : « Il faut prendre les femmes au mot, ou bien quand elles consentent sans dire ce que leur modestie leur défend de dire. Si l'on en croit aux apparences, il n'y a jamais eu pour le mariage un meilleur espoir 2. »

Mais les rôles étaient changés, c'était le duc d'Anjou qui, faisant la sourde oreille aux sollicitations d'Elisabeth, ne se pressait nullement

I. Bibl. ii.it., fonds français, n° 3307. p. 18. ■I. Bibl. n;iL. fonds français, n° 3286.

LES PROJETS DE MARIAGE û' ELISABETH Ji!l

d'envoyer cette réponse qu'elle réclamait dans toutes ses Lettres el q ne Stafford fut contraint d'aller chercher à AJençon. S,e duc finit par céder, il consentil à l'envoi de la uouvelle ambassade, à la condition toutefois qu'elle n'aurait à traiter que de son mariage et non d'une ligue avec la France, ainsi que la reine le désirait. Simier vint en son nom l'annoncer à Henri III qui en prévinl Kobham el Stafford et qui fixa le départ de l'ambassade à la fin d'août ou aux premiers jouis di- septembre.

Si le duc avait résisté aux instances de Stafford, c'était dans l'intérêt do sa propre fortune, Ses négociations avec les Flandres catholiques n'ayant pas discontinué, le plus léger abandon de sa foi pouvait lui faire perdre de ses chances. Quoique favorisées ouvertement par Je prince d'Orange, ces négociations marchaient bien lentement. Enfin, dans une assemblée qui se tint à Anvers, aux derniers jours de juillet, et où La Noue s'était porté comme le gara ni el le champion du duc, il fut décidé qu'une députation qui aurait pour chef Marnixde Sainte-Aldegonde serait envoyée en France. Elle partit sans perdre une heure et une première convention fut signée le 12 août au château de Plessis-les- Tours.

.>.■{<) LES PROJETS DE MARIAGE DKLISAliliTll

Au moment même où le duc obtenait des Etats le semblant de souveraineté dont il voulait bien se contenter, une petite révolution de palais allait lui faire perdre son plus habile serviteur, son fidèle Simier. Balagny, le fils naturel de Monluc, évèque de Valence, s'étant depuis la mort de Bussy allié avec Fervaques pour supplanter Simier auprès du duc, lui avait cherché querelle et il semblait diflicilo à Catherine qu'elle pût finir autrement que par les armes \ Simier crut devoir laisser le champ libre à ses adversaires et se retira à Bourgueil, dont l'abbaye lui avait été récemment donnée, mais ne s'y attarda pas; à la réception d'une lettre du duc, il partit précipitamment suivi «l'un seul serviteur. Le bruit courut qu'il était passé en Angleterre avec un lord qui était venu le chercher secrètement. Henri III recommanda à Castelnau d'avoir l'œil sur lui.

La convention passée enlre Marnix de Sainte-Aldegonde et le duc restait forcément h l'état de lettre morte tanl que la paix ne sérail pas faite avec le roi de Navarre. La paix seule pouvait mettre à la disposition du duc l'armée royale, lorsqu'elle deviendrait inactive,

l • Bibl. nat., fonds français, n° W07.

Muni des pleins pouvoirs du roi sou frère, il parti! donc le 20 septembre pour aller à la rencontre du roi de Navarre, emmenant avec lui les députés des Etats généraux, fl se rendait bien compte de la situation ' : « Sans la paix, écrivait-i] à des Pruneaux, je ne pourrai rien tirer «lu roi, c'esl la perte de toul ce qui m'esl offert?2 » Le Béarnais étail trop rusé pour ne pas profiter de la nécessité où se trouvai! le duc d'en finir au plus tôt, il ne se fit

il • pas faute de promettre de prendre pari

lui aussi à cette guerre des Flandres, bien décidé d'avance de ne pas se compromettre dans cette aventure.

La paix fui signée le 20 novembre au château de Fleix en Périgord, dont elle prit el garda le nom.

Il ne restait plus qu'à rendre définitif le projet de traité arrêté au Plessis-Jes-Tours entre le duc et les députés des Kiats. 11 fut signé à Bordeaux le 2'-\ janvier. Elisabeth, acceptant de bonne grâce le fail accompli, offril à Castelnau d'aider le due dans son entreprise des Pays- Bas et s'excusa de sa propre main auprès de

Page 1