Coifespondancc du prince d'Orange, I. I\. p. 2C
232 LES PROJETS DE MARIAGE d'ÉLISABETU
Henri III des lenteurs qu'elle avait opposées jusqu'ici à la conclusion de son mariage : « Je suis en ferme foi, écrivait-elle, que ma félicité sera trop bonne pour une vieille, à qui les pater noster suffiront au lieu de noces, nonobstant je serai toujours prête a recevoir les commissaires, quand il plaira à Votre Majesté de les envoyer ' ». Ces témoignages d'affection masquaient ses véritables intentions. La conquête récente du Portugal par le duc d'Albe l'inquiétait à juste titre : l'Espagne ainsi agrandie, il fallait avoir la France de son côté. Kobham eût donc ordre de sonder les intentions d'Henri III. S'appuyant habilement sur l'injure faite à la reine-mère dont les droits sur le Portugal avaient été méconnus, il représenta à l'indolent monarque que c'était à lui, le souverain d'un état bien supérieur à l'Angleterre, de se prononcer le premier et non à une femme, contre les empiétements de l'Espagne. Henri III, tenant trop à son repos, répliqua que c'était au contraire à Elisabeth à se prononcer la première ; sans s'arrêter davantage aux insinualions de Kobham, il s'empressa de désigner à Elisabeth les commissaires choisis par lui, et qui