Bibl. nat., cinq cents Golberl n" £9, p
2. Bibl. nat., Dépêchés des airibasst litiens, Filza i-J. p. ':i.
.!. Ibid.
armée en voie de formation à Gisors. Catherine accouru! toul aussitôt, el amena avec elle, fort malencontreusement, Le maréchal de Matignon; il B'en suivit une scène violent''. Le maréchal, prenanl trop h La lettre les ordres de Henri 111. avait fait arrêter quelques capitaines de l'armée des Flandres; Le duc l'apostropha : Sans la présence dejaaa mère, je vous ferais, Lui dit-il, bâ tonner et jeter parles fenêtres1. » Insulter ainsi ud maréchal de France était rhose grave. Matignon se contint et se relira. Ileslée sculi' avec son fils, Catherine obtinl de Lui une réparation pour une telle insulte^ mais le maréchal avait déjà quitté .Manies. A force de supplications, Catherine lit promettre au dur devenir voirie roi son frère à Saint-Germain; le jour étail pris, mais le duc ne parut pas. On ne savait pus d'abord ce qu'il étail devenu en quittant .Manies: on apprit bientôt qu'il était à Château-Thierry .
Elisabeth était uon moins préoccupée que Henri III de L'expédition du dm- dans les Pays- Bas. Someis. qu'elle avait envoyé pour sonder
le terrain, n'ayant pu obtenir de Henri III
I. r.ilil. it.ii.. Dépêches des ambassadeurs vénitiens, Filza 12, p. 74.
qu'une réponse évasive, elle fit partir pour la France le plus habile politique de son conseil, Walsingham.
A son arrivée à Boulogne, Walsingham trouva un message du duc daté de Château- Thierry, qui le priait de le rejoindre à La Fère où il devait coucher le soir même et où la reine sa mère s'était annoncée. La première parole du duc fut pour se plaindre de la cruelle résolution prise par Elisabeth de reculer encore la date de leur mariage et de la subordonner à la conclusion d'une ligue. « L'affection qu'il avait vouée à la Reine était trop sincère pour qu'il pût se résigner sans une grande douleur à la perdre. » — « Il est difficile, je le sais, répondit Walsingham, de commander à l'amour, mais je laisse à la prudence de Votre Altesse de prendre les mesures qu'elle jugera le plus à propos. » — « Il vous sera impossible, reprit le duc, d'amener le roi mon frère à consentir à la ligue, si le mariage ne la précède pas.» — Walsingham lui en demandant la raison. — « Le roi mon frère, lui dit-il, d'une nature obstinée craint que, la ligue une fois conclue, la reine votre maîtresse ne nous échappe et que l'Angle-
I, Walsingham, Lettres et négociations p. 412.
LES PROJETS DE tfARlAGl D'ÉLISABETB 245
terre et les provinces unies ne nous laissent seuls en face de l'Espagne. »
Le vicomte de Turenne voyanl Walsingham peu après lui attesta la même chose : « Le roi n'avait en pieu assiste sou frère, sa mère seule
lui élail yen n aide, mais Mans des limites si
restreintes que cela vraiment ue comptait pas. » Turenne profila de l'occasion pour prier Walsingham de solliciter de la reine, un secours indispensable de trois cent mille couronnes; ils avaienl des hommes à volonté, mais l'argenl manquait. Catherine, lorsqu'elle se retrouva avec Walsingham, dit qu'elle était venue à La Fère pour savoir du duc les véritables intentions delà reine a son égard, car le roi son lils allait être entraîné dans une guerre dont il aurait à supporter à lui seul toutes les charges. Se dérobant à une réponse trop directe, Walsingham posa à Catherine une question insidieuse: « Dans l'intérêt de la France et de l'Angleterre, était-il nécessaire de convenir d'une action commune pour résister a l'élévation menaçante de l'Kspagnc? » — « Oui, reprit elle, j'en conviens, mais qui nous dil quevotre reine, qui maintenant semble renoncer au mariage avec mon lils, de crainte de mécontenter ses sujets, ne
l'énoncera pas plus tard à la ligue pour le
même motif l ? » Sans vouloir s'engager plus avant dans la discussion, elle invita Walsingham à aller voir le roi, ce qu'il lit sans retard.
Des deux côtés, on rusait, on équivoquait pour se soustraire à la lourde charge de la -ucrre des Pays-Bas. Lorsque Cécil rendit compte à Elisabeth de l'entretien de Walsingham avec Catherine, elle parut regretter qu'il n'eût pas parlé de la ligue d'une manière incidente. Avant tout elle craignait que la ligue ou même, à son défaut, un traité secret ne lui coûtât encore plus cher que ces trois cent mille couronnes demandées par Turenne à Walsingham. Cécil ayant osé lui dire que les affaires ne se traitaient pas avec des paroles. — « Est-ce que mon mariage, répondit-elle durement, doit fournir à toutes les dépenses du duc? La reine mère n'a-t-elle pas dit dernièrement que, si le mariage n'avail pas Lieu, toute la charge de la guerre des Flandres retomberait sur moi? » Cécil se garda bien de répliquer; il se déliait d'ailleurs de Catherine et de son séjour à La Fere. Pourquoi y était-elle venue? N'était-il pas à craindre qu'elle ne cabalât avec le duc de Parmi', et que le duc d'Anjou, cédant à son