‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 83 sur 92 · I. Froude, History of England, i. XI. p. 'è>l · texte numérisé non relu

I. Froude, History of England, i. XI. p. 'è>l

LES PROJETS DE MARIAGE lui IS IBETII

pensée. Oublianl sa parcimonie habituelle, elle alla au-devanl de la dépense, arma des vaisseaux, ordonna <l'vs levées d'hommes. Simier, devenu hostile à son ancien maître, avoua à Mendoza. l'ambassadeur d'Espagne, que c'était I»' seul moyen qu'avail la reine de se débarrasser de ce prétendant donl elle oe voulail plus ' . l'uni' hâter le dépari du duc, elle alla jusqu'à lui offrir un subside illimité, sauf à le réduire, lorsqu'il ne sérail plus là. En public elle affectait d'être désolée de son dépari : en secret elle se réjouissait de le voir partir. Elle l'accompagna pourtant jusqu'à Canterbury; en le quittant elle lui promit de l'épousera son retour dans un mois; elle \crsa quelques larmes de parade, elle prit même le deuil, mais pour le moment du moins elle se sentait, tout heureuse d'avoir repris sa chère liberté

I. Mss. Simancas, Mendoza al Rey; Froude, History f England, t. XI, p. \'-<\.

Le due d'Anjou dans les Flandres. — Elisabeth propose au duc de l'épouser s'il revient. — Henri III invite Saint- Gouard, son ambassadeur en Espagne, à faire une ouverture pour un mariage avec l'infante. — L'assassinat du prince d'Orange. — Nouvelle tentative d'assassinat par Salcède, contre le duc et le prince d'Orange. — La question donnée à Salcède. — Son supplice. — Désastre de la flotte envoyée aux Açores. — Le duc d'Albe reprend l'offensive. — La catastrophe d'Anvers. — Le duc se retire à Denremonde. — Son entrevue avec Catherine. — 11 part pour La Fère. — Catherine va l'y rejoindre. — Biron ramène l'armée. — Biron engage Catherine à revenir auprès de son fils. — Elle retourne à Château-Thierry. — Le duc revient à la cour. — Il retourne à Château-Thierry. — La fièvre l'y reprend. — Il a un retour de fortune. — Sa mort. — Son testament.

Le 10 février 1582, quinze grands vaisseaux jetèrent l'ancre devant Flessingue. Le ducd'Anjou fit son entrée dans la ville, ayant à sa droite le silencieux prince d'Orange, à sa gauche le beau Leicester. Derrière lui venaient lord lluusdon, Willougby, Norris, Schoffield.Sidney.

L'artillerie dos forts el de la citadelle. les cloches des églises saluèrent sa bienvenue. A Middelbourg, la foule l'acclama comme à Flessingue. Le 17 février, il s'embarqua pour Anvers. Cinquante - quatre vaisseaux, portanl à tous leurs mâts des drapeaux et des banderoles, le conduisirent triomphalement à Thiel. C'est do Là que les souverains du Brabant partaient pour faire leur entrée dans La grande cité industrielle. Le duc devait auparavant prêter serment de respecter les franchises el les privilèges des provinces. Un trône recouvert «le velours brodé d'or avait été dressé sur une immense estrade, il s'y assit. Vingt mille hommes de la milice bourgeoise revêtus de brillants uniformes se tenaient à l'entour. Le prince d'Orange aida le duc à revêtir le manteau bordé d'hermine et tout bas lui dit : « Je l'attache assez solidement. Monseigneur, pour que personne ne puisse jamais vous l'ôter. » Le serment prononcé, la monnaie d'argent à L'effigie du duc jetée au peuple, les trompettes sonnèrent et le nouveau souverain, monté sur un cheval arabe caparaçonné d'or, prit place dans le cortège, qui, après de Longues stations, s'arrêta enfin au palais Saint-Michel désigné pour sa demeure. Le duc put se croire un instant le vrai maître

du Brabant, mais il n'avait qu'un litre honorifique. Le pouvoir était resté tout entier aux mains des Etats, les déceptions étaient certaines et les revers prochains. A la fin de février, Leicester repartit pour l'Angleterre, suivi de la plupart des gentilshommes anglais. Peu soucieux des intérêts du duc, il n'avait cherché qu'à se créer un parti, son ambition le poussant à s'approprier les Pays-Bas. Prévenue de ses intrigues, Elisabeth le reçut très mal1. Inconséquente sans le savoir, elle s'en prit h Walsingham et à tous ceux qui avaient engagé le duc dans cette entreprise, dont il ne pouvait plus se retirer sans honte. Cecil était retenu chez lui par la goutte, elle alla lui chercher querelle : elle dit qu'elle donnerait un million pour retirer son pauvre prince grenouille de ces sales marais flamands2.

Marchaumonl étanl venu au nom du duc, son maître, se plaindre de l'ambassadeur d'Angleterre, Kobham, qui intriguait avecïassis, l'ambassadeur d'Espagne, ElisabeLh désavoua ces pratiques dont elle avait donné l'exemple en prêtanl une oreille trop complaisante à un rap-

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