‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 87 sur 92 · I. Lettres de Paul de Foix, Pari*, 1628, m i". p · texte numérisé non relu

I. Lettres de Paul de Foix, Pari*, 1628, m i". p

dans sa prison. Henri III, en apprenant les aveux de Salcède, de crainte qu'ils n'achevassent de le brouiller avec l'Espagne, envoya Bellièvre et Brulart à Anvers, avec ordre de l'interroger et de le lui ramener1. Salcède fut enfermé d'abord à Vincennes, puis à la Concier-

gerie.

On engagea Henri III à assister à la question qui lui fut donnée. Caché derrière une tapisserie, il entendit les cris du patient, les terribles révélations que la torture lui arrachait : il en lui si épouvanté, qu'il dit qu'on lui avait fait l'aire une chose qu'il ne ferait jamais plus, et que, pour une partie de son royaume, il ne voudrait pas avoir entendu ce qu'il avait entendu. Aussi ordonna-t-il qu'on brûlai ce dernier interrogatoire -. Salcède fut écartelé en place de Grève, comme l'avait été Poltrot. Placé derrière l'une des fenêtres de l'Hôtel de ville. Henri III assista à l'exécution el envoya la tête du supplicié à Anvers :.

Juste au moment où l'opinion était si vivemeni

impressionnée par les révélations de Salcède

el l'horreur de son supplice, arriva la nouvelle

I. Bibl. n .- 1 1 . . cinq cents Colbert, n° 368, p. .">16. •'. Cimber el Danjou, archives curieuses, t. X, p. las. :t. Bibl. nat.; cinq cents Colbert, n° 29; Ambassadeurs Miens, Kilza 1 2, p. :!'.i.'i.

i l - PROJETS DE M \l:i IGE D'ELISABETH ^liT

du désastre de la flotte envoyée aux Açores '. Philippe Strozzi, le jielit-lils de Clarice de Médicis, après de longues tortures morales, avail été lâchemenl empoisonné; des blessés avaient été laissés sans secours; «1rs soldats, des gentilshommes, gardés en chapelle cinq jours sans boire ni manger el assimilas à des voleurs, avaienl été suppliciés comme tels par l'ordre du vainqueur, le marquis de Sainte- Croix. Catherine pleura de rage en apprenanl ce désastre. « Dieu m'en fera raison devanl que finir mes jours, écrivait-elle n du Ferrier, ambassadeur à Venise, mon juste courroux ne me permet de vous eu dire davantage ~'. »

Il y cul alors en Europe un reviremenl en faveur de la France <•! une sorte de réprobation contre L'Espagne. .Mais ce n'était plus la Catherine des premières années du règne de Charles IX, entraînanl catholiques cl |in>h'>lanls bous le même drapeau, H reprenanl le Navre aux Anglais, au cri de « Vive la France ■> : brisée par l'âge »•! la longueur de la lutte, clic ne pouvait même plus arracher Benri lll à

i. Bibl. ii-ii - . cinq cents Golbert; /" reine </ <lu Ferrier, n° 368, p. 540.

2. Bibt. uni., cinq ronls Colherl, n° 368 : /" reine </ <lu Ferrier, p. 551 .

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l'influence néfaste de d'Epernon et de Joyeuse, qui. le poussant à tout prix à la paix, n'avaient pas besoin de trop d'insistance, car, nous dit l'ambassadeur vénitien : « Le roi craignait enc< >re plus son frire, une fois qu'il serait maître des Pays-Bas, qu'il ne craignait Philippe II '. » Au lieu d'une armée française entrant hardiment dans les Pays-Bas et demandant compte du sang versé à Terceire, Catherine, tout en voulant la guerre, n'obtint qu'à grand'pcine de Henri III qu'il envoyât Pinart en Angleterre, Pinart devait y reprendre la double négociation de la ligne et du mariage du duc d'Anjou. Pour y décider Elisabeth, il emportait cette décharge absolue des frais de la guerre des Pavslias qu'elle avait tant de fois réclamée, mais de crainte qu'elle ne devint une arme entre les mains de la reine et qu'elle ne la communiquât à l'ambassadeur d'Espagne, il avait ordre de se borner ù la lire et de ne la remettre qu'après le mariage accompli. Dans le cas où une copie lui en sérail demandée, Henri III lui avait recommandé de la faire écrire par une main étrangère et inconnue pour pouvoir au besoin la désavouer. Loin de se contenter de cette con-

i. I!il>l. liai.. Ambassadeurs vénitiens, Filza 12. p. 438.

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cession, Elisabeth exigea qu'Henri III ajoutât desa main, en marge de cette décharge, quelques lignes plus affirmatives. Il s'y refusa, et en ces termes : ■ Il a dépendu de la reine d'éviter cette guerre «1rs Pays-Bas; c'esl contre sa propre décision qu'elle me demande aujourd'hui une garantie '. »

Avec de telles défiances que de part et d'autres on ne dissimulait pas, toute entente deve nait impossible. Au mois de janvier, Catherine écrivait à Castelnaù : c« Puisque le mariage ue peut avoir lieu, ménagez au moins de bonnes relations d'amitié -, » Désespérant d'arracher Henri III à sa torpeur, elle renonça pour le moment du moins à une revanche contre l'Espagne et lit refuser par Mauvissière les vaisseaux qu'Elisabeth, sur sa demande, avait mis à sa disposition pour une nouvelle expédition des Açores.

L'Espagne, grâce à ce manque d'accord et aux hésitations d'Henri 111. restait maîtresse de la situation. Durant tout l'hiver, le duc de Parme, attendant des renforts, s'était tenu immobile: au printemps, ilreprit l'offensive et mit le siège devant Oudenarde. C'était menacer Gand,

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