SCENE X
kosaline, cazini, germencey.
C A Z I N I , du Jond .
Bon ! il est à ses genoux !
germencey, sans voir CazinL
Vous allez sans doute vous fâcher, lorsque vous apprendrez....
ROSALINE
Ah 1 de grâce, quittez cette posture
Bien, très-bien. ( A R osalzne.) Tu commences-, pourtant à croire que je pourrai réussir dans mes projets de mariage*
ROSALINE
Demandez à monsieur ce qu’iL en pense.
iB LES PROJETS DE MARIAGE ,
GERMENCE Y,
Mais je ne suis pas mécontent de mon sort»
Tant mieux.
Oh ! vous savez bien prendre la chose. ( Ironiquement. ) Et puisque vous êtes si facile à contenter, je vous promets d'avoir toujours pour vous les mêmes bontés.
Oh ! pour cette fois j'aurai raison , ou je serai bien trompé.
ROSALINE, CAZINI, PEDRO, GERMENCEY.
F É D R o , à Cazinu
Il y a un officier du même régiment que monsieur, qui demande à vous voir.
ROSALINE
Encore un prétendant ! £
cazïnx, à Germencey
Est-ce quelqu’un de vos amis que vous auriez prié ?
GERMENCEY.
Je ne prendrais pas cette liberté. C’est bien assez que j'aie osé venir.*,..
Cet Officier a-t-il dit son nom ?
Il dit s'appeler Belmont , sous-lieutenant de Cavalerie.
GERMENCEY, à part .
Je suis perdu.
CAZINI.
Quel folie !
ROSALINE
Seriez-vous deux officier du même nom ?..... Vous avez l’air embarrassé ?
GERMENCEY, à part.
Ofl le serait à moins. ( Haut, ) Cela me paraît si singulier..,.
COMÉDIE
Ç 4k < INI,
ïî ne faut pas qu’il entre avant que j'aie éclairci tout cecî.
PEDRO
Je vais lui dire..
Non , reste , j'ai besoin de toi. Holà quelqu'un ! ( Au domestique qui paraît.) Vous direz à ce militaire qui vient d arriver, que je ne puis encore le recevoir. Je ne conçois rieu a tout cela. Mais dites-moi , votre colonel aurait-il su nar nasard que vous veniez ici ? *
germencey.
C'est probable. Quelques camarades auraient pu lui dire..,.,
Il est jeune , entreprenant
germencey.
Capable de tout quand il s’agit de voir une jolie femme.
Et de tromper un oncle qui s’est amusé à ses dépens.
Tu m’as raconté de lui des traits
pedro, regardant méchamment le colonel.
Pendables.
ROSAI.INE.
Oh ! il serait plaisant que ce fût lui.
Alais je n y pense pas. Tu dois l’avoir reconnu , tu l’as servi.
P É D R O , Jeignant d’être embarrassé.
Moi, monsieur.... Oh ! il y a si lông-tems.... Je craindrais que ma mémoire.,.. Et puis d’ailleurs la probité
Tu es un maraut ! tu as reçu de l’argent pour te taire.
germencey, bas à Pédro.
Tâche de me tirer de là.
PÉDRO
Monsieur , je n'ai rien reçu ; ( Regardant le colonel.) mais on m’a promis.
Ah ! on t’a promis ! Dis la vérité , ou je te chasse à l’instant.
Eh bien J monsieur , je la dirai. D’abord , aussitôt que M. le colonel ast arrivé, je l’ai reconnu.,...
Bon î poursuis.
Il entre dans la cour , il descend de cheval, il dit au domestique d’annoncer ie sous- lieutenant Belmont.
Après?
p é d A O , regardant furtivement le colonel.
Il me reconnaît à son tour. Je vois son embarras . . . . ( Gerl menceyfait des signes à Pédro . ) Il me fait des signes , parce qu’il craint que je ne le découvre.
Ah ! il te fait des signes I
PÉDRO
Oui, mais je ne fais pas semblant de les entendre. ( Germenceyfait des signes d’impatience . ) Il s’impatiente.
ROSALINE
C’est qu’il y avait là sans doute quelques importuns ?j PÉDRO.
Vous l’avez dit, madame j il y avait deux personnes qui le gênaient beaucoup.
GERMENCEY, bas à Pédro .
Trente pistoles si mon stratagème réussit.
La fin de ton histoire.
PÉDRO
Il s’aproche tout doucement de moi, tout doucement.....
c A z I N I , d’un ton de confiance .
Je le vois d’ici.
PÉDRO
( Vivement. ) ( Du ton de sa narration. )
Non , vous ne voyez rien. — Il me dit tout bas à l’oreille , trente pistoles si mon stratagème réussit .
.Trente pistoles. î