AVERTISSEMENT V
la location de quelques milliers de chaises qui rapportèrent bientôt treize à quatorze mille livres par an. « Les bancs furent abandonnés, il parut même ignoble de s'en servir », dit une note contemporaine sur une épreuve de la jolie eau-forte de Gabriel de Saint-Aubin : Spectacle des Tuileries, appartenant au cabinet des Estanipes. «Le grand concours de monde occasionnant beaucoup de poussière, les loueurs de chaises firent faire un tonneau roulant assez ingénieux pour arroser la promenade », et cette innovation fournit le sujet d'une seconde planche au charmant petit maître. Malgré ces embellissements, les Tuileries avaient insensiblement perdu de leur vogue, aussi bien que le Cours-la-Keine et le bois de Boulogne. « Comme M. le prévôt des marchands a fait assez bien accommoder les boulevards, dit Barbier {juin 1 7 53 ), que les contre-cdlées sont sablées, avec des bancs de pierre, et que l'allée du niilieu est arrosée tous les jours pour préserver de la poussière les niaisons voisines, ces boulevards font, cet été, la promenade de Paris qui est à la mode. Il y a, principalement les fêtes et dinianchcs, un concours étonnant de carrosses qui font cours en plusieurs files depuis la porte Saint-Antoine [démolie en 1760] jusqu'à