LE MOINE UE 8AIKB
çoive, tout à coup, dans la Saire, un homme appelant au secours, le vieux muletier le retiendra au moment où il va s’élancer pour sauver le malheureux qui se noie; il le préviendra que c’est encore le moine maudit, et, pour preuve, il lui montrera le peu de profondeur de l’eau à l’endroit où cet homme feint de périr.
Même pour une action louable il faut consulter le bon sens.
Plus loin, tous deux trouveront un étranger, richement vêtu et bien monté, qui les engagera à ne point aller jusqu’au pont de Saire, et leur proposera de les conduire, avec leurs mules, par un gué connu de lui seul ; mais le vieux saunier fera le signe de la croix et le prétendu étranger s’évanouira en fumée.
line faut confier ni sa monture ni sa personne au premier venu.
Enfin, peut-être rencontreront-ils, aux dernières lueurs du jour et dans quelque passage solitaire, le
maudit de Tourlaville sous sa véritable forme.
Assis sur une pierre et un jeu de cartes près de lui, il les excitera à jouer; il leur proposera de risquer une pièce d’or contre une de leurs pièces de cuivre et il étalera sous leurs yeux ses richesses. Alors le jeune homme qui aura résisté à tout le reste, cédera à l’atlirement de l’or; il commencera avec le moine cette fatale partie, où, après avoir perdu sa bourse, c’est-à-dire le prix de son travail, il perdra sa mule et son fouet, c’est-à-dire le3 instruments de ce travail même, puis sa liberté, sa santé, son salut t
Quiconque joue, commence par perdre son argent et finit pâr perdre son âme.
On essaie depuis quelque temps à écrire des livres populaires ; on cherche des créations qui puissent présenter la morale sous une forme colorée, sensible, attrayante ; pourquoi chercher si loin ce que l'on a sous la main ? Lejivre que l’on demande est Composé; il suffit d’en publier une bonne édition. Faites un recueil des légendes et des contes du foyer; montrez au dehors les leçons qui restent cachées au dedans; ce sera assez. Le peuple a jus-