IX
AVAST-PROPOS.
qui lui sont ncccssaircs pour accomplir efficacement sa tâche. Cela est indispensable dans V intérêt de la liberté individuelle aussi bien que dans celui de lorganisation générale. Trop souvent la démocratie américaine, ombrageuse comme toutes les démocraties, a été jalouse du pouvoir qu'elle déléguait et a essayé de reprendre d'une main ce quelle donnait de Vautre.
Dans l'ordre économique, il est besoin d'un changement plus profond. Les Fédéralistes avaient cherché à protéger les droits de propriété individuelle par les garanties constitutionnelles les plus absolues. La pratique américaine a dépassé encore sur ce point la constitution et alloué à V individu une plus large mesure de liberté économique qu^il n'était requis par celle-ci. On escomptait que cette liberté profiterait , non pas à l'individu comme tel, mais à la grande masse du peuple américain. Et ce fut d'abord ainsi, dans la période d'expansion illimitée et d'urgente exploitation. Mais ce moment est déjà passé, et les Américains commencent à comprendre que la grande liberté dont jouit la propriété individuelle en arrive à l'inévitable résultat de tout exercice illimité de la liberté., c'est-à-dire à la création d'une classe puissante et restreinte, dont l'objet principal est de garder et d'accroître le pouvoir qu'elle a gagné. Il faut donc appliquer au pouvoir économique la même règle qu'au pouvoir politique : laisser aux individus toute la liberté — sans plus, — toutes les chances et aussi toute la responsabilité nécessaires à l'accomplissement effectif de leur tâche. Mais ce n'e.st pas fout, et il se présente ici une considération nouvelle. Tandis que le pouvoir politique d'un Américain dure rarement asse^ longtemps pour survivre îi sa propre utilité et ne .'<anrait . en fout cas, durer plus que l'individu lui même, le pouvoir économique au contrait) peut, dans une (crfainr mesure, c'est-à-dire