A VAST-PROPOS
d'une véritable éloquence : « Mes amis, je crois qu il nous faut bien comprendre ici que nous n avons pas seulem.ent en garde les espérances de nos enfants, mais aussi Vespérancc du monde, et honte à nous, triple honte, si nous mettons en lambeaux Vidéal du monde, en mettant en lambeaux la croyance du monde dans la possibilité d'un gouvernement populaire sur V échelle d'une grande puissance. » Et il supplie ses compatriotes de pratiquer les vertus privées et les vertus civiques : « Faisons-le, non seulement pour nous, non seulement pour nos enfants qui hériteront de cette terre après nous, mais pour les peuples de l'univers, qui, debout, attachent leurs regards sur cette grande expérience de la libre démocratie de l'Ouest, et dont il ne faut pas que l'expérience meure. »
Cette grande expérience d'une libre démocratie ne pouvait, en effet, se faire ailleurs sur une aussi vaste échelle. Là seulement, d'abord, la démocratie ne se heurte pas à la tradition nationale, comme dans les vieux pays d'Europe Le développement politique et économique de rAjigleterre, de la France, de l'Allemagne les place entre les exigences nouvelles, de plus en plus impérieuses, de la démocratie et celles d'une tradition et d'tnie organisation nationales, que menaccnl ou annf^ronuttent les progrès de la démocratie C'est ce qui fait, si l'on peut dire le tragique dr leur situation. Les Américains n'échappent pas entièrement à cette difficultr: mais, clic^ eux, l'obstacle de beaucoup le plus grand à ranié/io/titi(>n soi /air est constitué, selon la thèse de M. Ihrbert Croly, par uni- théorie et une tradition dénioi ratiques. qui entravetit le progrès du développement national. Les Américains se trouvent en présence de deux théories divergentes de la démocratie, il SuiViUil l'une dr ces théories, l'interrl dr Ui démocratie amérirainr nr peut être poursuivi que par iinr Utitionati-