‹ Les propagations des cancers buccaux au maxillaire inférieurChapitre 19 sur 39 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Nous iaisserons de côté la grosse question de l’étiologie du cancer, sur laquelle de multiples hypothèses ont été avancées, d'innombrables travaux et recherches ont été effectués et malgré cela notre connaissance des causes et de la nature du cancer est très faible. Nous ne rechercherons pas pourquoi le néoplasme d’une région de la bouche se propage à une autre,mais nous nous efforcerons de voir par quelles voies il se propage.

Dans une grande partie des cas que nous avons relatés,la propagation s’est faite par extension aux tissus de voisinage ; la caractéristique d’un cancer est de s'étendre progressivement non seulement en refoulant les tissus voisins, mais en les infiltrant, en les détruisant etenles remplaçant par des tissus néoformés sans qu’il y ait de limites à ces actions. Ce mode d’extension peut très bien être invoqué pour les épithéliomas des gencives qui pénètrent dans les alvéoles dentaires et envahissent très précocement et très fréquemment le maxillaire inférieur ; il en est de même pour ceux du plancher de la bouche qui s'étendent rapidement en surface jusqu’au rebord alvéolaire et de là, atteignent l'os.

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Dans les cancers de la langue, il n’en est pas toujours ainsi et il faut faire intervenir un intermédiaire ; dans la plupart des cas de cancer des lèvres propagés au maxillaire que nous avons vus, il y a eu d’abord une atteinte de ganglions sousmaxillaires, ensuite une atteinte de l’os alors que les sillons gingivolabiaux et parfois même la lèvre étaient intacts.

D’autres auteurs (Moulonguet, Mallet, Raymond Bernard) rapportent des cas d’envahissement du maxillaire inférieur, par des, néoplasmes originaires des amygdales, des piliers antérieurs, du voile du palais etils ne parlent que de lésions très avancées qui se sont étendues à presque toute la muqueuse buccale et ont fini par atteindre l'os. Il est très probable qu’en plus de cetenvahissement de proche en proche, il doit y avoir une propagation plus précoce par une autre voie,comme cela se produit dans les métastases.

Envisageons l’anatomie de l’appareil circulatoire qui dessert la région buccale.

Le sang artériel arrive à la lèvre inférieure par les artères coronaires inférieures, branches de la faciale ; aux gencives inférieures par la sublinguale issue de la linguale, elle-même branche de la

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faciale ; à la région du plancher de la bouche par la même artère sublinguale ; à ia langue parles artères linguale, palatine inférieure et pharvngienne inférieure issues directement ou non de la carotide externe ; aux joues par la transversale de la face, l’alvéolaire et la buccale issues de l’artère maxillaire interne ; au voile du palais et aux piliers antérieurs par les artères palatine supérieure ou descendante issue de la maxillaire interne, palatine inférieure ou ascendante issue de la faciale, pharyngienne inférieure issue de la carotide externe ; aux amygdales par les artères tonsillaires issues de la palatine ascendante ; le maxillaire inférieur lui-même est irrigué par l’artèredentaire inférieure branche de la maxillaire interne.

En somme, toute la région est irriguée par des branches des deux artères carotides externes et plus particulièrement par les branches maxillaire interne, faciale et linguale , toutes ces artères sont largement anastomosées entre elles et cette région est une des plus richement irriguée de l’économie.

Le retour du sang veineux est assuré de la façon suivante : les veines de la lèvre inférieure se jettent dans la veine faciale ; celles desgencives inférieures dans les veines linguale et faciale ; celles du plancher de la bouche et celles de la langue.

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