‹ Les Prophètes d'Israel et les religions de l'OrientChapitre 116 sur 130 · HYMNE A ATEN · texte numérisé non relu

HYMNE A ATEN

lui donnes le souffle nécessaire pour animer tous ses actes. Il s’avance ainsi dans le sein jusqu’à ce que soit arrivé le jour de sa naissance, (Alors) tu ouvres sa bouche aux paroles, tu formes tout ce qui lui est nécessaire. Lorsque le poussin est dans l’œuf, objet de pierre, au sein de l’œuf, tu lui donnes le souffle pour l’animer. Tu l’as doté de tout ce qui lui est nécessaire pour qu’il se développe dans l’œuf. (Au moment indiqué ?) pour qu’il sorte de l’œuf, complet (dans tout son être), il marche sur ses deux pattes et il en sort.

Nombreuses sont les (merveilles ?) que tu crées. Les plantes mertu se tournent vers la face du dieu unique et tu reposes (tes rayons) sur leurs tiges.

Tu as formé la terre suivant ton cœur, car tu es le dieu unique qui régit les hommes, les animaux domestiques et les bêtes sauvages qui marchent sur la terre, les animaux ailés qui s’élèvent dans l'air, les contrées de la Syrie et de l'Ethiopie et de la terre d'Egypte. Tu as mis chacun à sa place, l’embellissant des choses dont a besoin chaque créature dans sa demeure ; tu mesures la longueur de leur vie, tu as délié leur langue pour la parole et revêtu leur corps de la peau qui l'entoure, marquant les différences entre les pays et les peuples.

Tu formes le Nil dans l’hémisphère inférieure et le diriges à ton gré pour donner la vie aux humains. Aussi, tous leurs actes relèventils de toi, leur maître à tous. Toi, le maître de la terre, tu les assoupis jusqu’à ce qu’Aten leur ramène le jour et réchauffe les contrées et les peuples. Tu poursuis ton chemin et ils vivent. Dans les cieux tu formes le Nil, qui descend vers eux, étendant ses eaux au-dessus des montagnes comme une mer ; il inonde les champs des hommes autour de leurs villages, et tes dGesseins sont ainsi accomplis, à maïitre de l’éternité, Nil céleste, Roi des pays, des peuples et des animaux. Chaque contrée imarche sur ses pieds, le Nil est venu de l'hémisphère inférieure vers l'Egypte.

Tes rayons sont les nourriciers des champs ; tu te lèves et ils vivent par toi. Tu formes les saisons pour faire subsister tout ce que tu as créé. Les grains sont arrosés, la chaleur les mürit. De ta parole tu as créé le ciel et tu l’as étendu pour t'y lever et voir tout ce que tu as créé, Tu es le dieu unique qui apparais résumant tes formes en celle du disque vivant. Soleil levant, soleil resplendissant, soleil qui va et vient ; (toutes ces) formes sont en toi, dieu unique des villes, des villages, des champs. des routes et des eaux ; les yeux regardent autour d’eux, car tu es le disque (qui répand) la lumière au-dessus de la terre. Tu marches vers les êtres que tu as créés ; tu as formé leurs faces de façon qu’ils ne te voient point. unique que tu as fait.

Tu es en mon cœur. Aucun autre ne te connaît que ton fils Rä nefer Khepru na n ra. Tu lui as donné le pouvoir d’inspirer comme toi la

terreur, tu lui as donné ta puissance, La terre est en ta main, car c’est toi qui l’as créée. Tu te lèves, et les créatures vivent, tu te couches, et elles meurent. Ta durée est en toi-même. Tous les yeux sont en fête jusqu’à ce que ton coucher fasse cesser tous les travaux. Tu te couches à (l’horizon) gauche (du ciel). Tu te lèves… roi. depuis que tu as créé la terre, tu les as élevés pour ton fils sorti de tes membres, ie roi du Midi et du Nord, seigneur de la double terre, vivant de justice, Rà nefer Khepru na n ra, fils du soleil, vivant de justice, seigneur des diadèmes, Khou n aten à ia longue durée, et la grande reine, qui l’aime, souveraine de la double terre, Nofré nopru aten Nofré eïti, qui subsiste et se renouvelle éternellement ! ».

L’intense poésie religieuse de cet hymne en a fait pour bien des égyptologues le grand document du monothéisme égyptien. Pourtant il ne paraît pas qu’Aten fût tellement différent d’Amon de Thèbes, ou de Toum, ou de Ptah. L’idée d’un dieu créateur n’était sans doute pas étrangère aux prêtres égyptiens avant Aménophis IV. Elle était déjà dans la doctrine d’Héliopolis*.

Est-ce uniquement poussé par un grand zèle religioux que Khounaten a persécuté le culte et les prêtres d’Amon. Le monarque réformateur voulait-il fonder le culte du disque solaire en excluant tous les autres cultes ou bien a-t-il respecté les dieux locaux et secondaires ? Cette dernière hypothèse est de beaucoup la plus probable. Ce n’est que le nom d’Amon qu’Aménophis IV faisait marteler dans les inscriptions, mais il paraît avoir respecté Râ, Horus, Harmakhis, Geb, Osi-

1 Bouriant, Deux jours de fouilles à Tell el Amnena dans Mémoires de la mission française. Fascicule I, Paris 1884. p. 2 à 7. Conf. les traductions de Maspéro dans Histoire ancienne II, p. 322, 323 et de Moret, Rois et dieux d'Egypte, p. 62 à 65 et les traductions allemandes de Erman, Die ægyptische Religion, p. 67 à 69 et de H. Ranke dans les Altorientalische Texte de Gressmann, p. 189-190.

2 Moret, op. cit, p. 66-67, signale un hymne manifestement antérieur à Khounaten où Osiris est adoré comme le dieu créateur de toutes choses.

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