L'APOCALYPSE D'ÉZÉCHIEL
Et toi, fils de l’homme, dis à la maison d'Israël : Vous dites : Nos transgressions et nos péchés sont sur nous, et c’est à cause d’eux que nous sommes frappés de langueur ; comment pourrions-nous vivre ? Dis-leur : Je suis vivant, dit le Seigneur Iahvé ; ce que je
désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il se convertisse et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël,
L’individualisme du prophète ne lui fait jamais perdre de vue la grande espérance messianique, le rétablissement d'Israël. Mais ici encore la pensée du voyant s’engage dans des voies nouvelles.
Avec Ezéchiel commence lapocalypse juive. Jusqu'à ce moment les prophètes s'étaient représenté l'avenir messianique non comme un rêve nébuleux et une chimère inaccessible, mais comme une crise très prochaine et très vraisemblable. Et ils préparaient de leurs efforts la venue de la société nouvelle. Les conditions ont changé. Après la destruction de la nationalité judaïte et sous la domination babylonienne, on ne peut plus attendre la restauration messianique que d’un miracle de Iahvé. Et le prophète, oubliant le présent triste et mesquin, décrit en traits enflammés son rêve utopique, le drame eschatologique du jour de Jahvé.
Car il faut que l’honneur de Iahvé soit satisfait. Le Dieu d'Israël va manifester cette puissance et cette gloire que la ruine de Jérusalem a pour un moment voilées aux yeux des nations. Les hommes ne croient qu'aux dieux vainqueurs. La défaite d’un peuple était aussi la défaite de son élohim ; et au jour du désastre
qu’il rétablira les restes de Juda. « Et vous saurez que je suis Jahvé quand j'agirai avec vous par égard pour mon nom et nullement d’après votre conduite mauvaise et vos actions corrompues, ô maison d'Israël, dit le Seigneur Iahvé ! » Ezéchiel XIX, 44.
1 Ezéchiel XXXIII, 10,